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    «Nous payons un lourd tribut»: au Liban, hôpitaux et secouristes sont aussi dans le viseur d'Israël

    23/04/2026
    À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban devenue ville fantôme, les services de secours ont été durement frappés par les bombardements israéliens. Au total, au Liban, plus de 100 secouristes ont perdu la vie depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026. Les hôpitaux sont aussi menacés et des centres de santé ont été détruits ou ont dû fermer, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais dénonce des attaques répétées contre le secteur de la santé.
    De notre correspondante de retour de Nabatiyeh,
    À Nabatiyeh, au Liban, les secouristes sont considérés comme des héros. Uniforme bleu et rouge, gilet pare-balles, Mohamad Khayyat ne profite pas vraiment de cette trêve de papier. « Il y a une trêve, mais même les drones sont toujours là : hier, il y avait beaucoup d'avions de guerre dans le ciel, et la veille aussi. C'est clair qu'ils violent déjà la trêve. Nous, en tant qu'équipe de secours, nous restons présents et prêts à servir les gens en cas d'incident », confie-t-il.
    Responsable des opérations des ambulanciers de Nabatiyeh, Mohamed a perdu plusieurs collègues. « Malheureusement, nous avons payé un lourd tribut – un tribut qui ne peut pas être compensé : la perte de nos jeunes, de nos vies. »
    Il dénonce le ciblage à répétition des secouristes par Israël. « La première fois, deux jeunes, Joud et Ali, étaient sur une moto quand ils ont été ciblés. Puis, deux jours avant la trêve, notre martyr Mahdi a été directement ciblé alors qu'il était dans une ambulance, en train d'accomplir son devoir pour aider nos collègues des autres associations de secours, qui avaient déjà été frappés par une première et une deuxième frappe. Nous sommes allés leur porter secours et soutien pour évacuer les blessés. Notre ambulance a elle aussi été ciblée par une troisième frappe. »
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    « C'est comme s'ils nous poussaient à partir »
    Ces trois frappes successives ont fait quatre morts qui viennent s'ajouter aux plus de 100 secouristes tués par Israël depuis le début de la guerre. À l'hôpital du Secours populaire de Nabatiyeh, les chambres des patients hébergent désormais les soignants et les pompiers. « ​​​​​​​On héberge les gens des organisations qui aident comme la nôtre. Sinon, on ne pourrait pas travailler, explique Mona Abou Zeid, qui dirige l'hôpital. Regardez, vous voyez cet immeuble ? Maintenant, il est complètement à terre. Il était à 200 mètres, mais le souffle était très fort, c'était un grand immeuble. La fumée est arrivée jusqu'ici, le verre était cassé partout. Des gens dormaient ici. »
    Au moins 59 centres de soins et six hôpitaux ont été détruits ou ont dû fermer. « ​​​​​​​On ne se sent pas très en sécurité. Il n'y a aucun respect du droit international, qui protège les secouristes, les hôpitaux. À la fin, si personne ne nous protège, aucune loi, qui va protéger la population ? Le jour où ils vont bombarder l'hôpital, qui va rester ​​​​​​​? C'est comme s'ils nous poussaient à partir. »
    Viser intentionnellement des secouristes ou des hôpitaux est un crime de guerre.
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    40 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les habitants se souviennent

    22/04/2026
    Ce dimanche 26 avril, l'Ukraine commémorera les 40 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Une catastrophe environnementale et humaine qui a entraîné l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de la région dans les jours qui ont suivi l'explosion du réacteur numéro 4. Parmi elles, des travailleurs de la centrale qui ont vu leur vie basculer ce 26 avril 1986. Ils partagent leurs souvenirs et racontent les conséquences de la catastrophe nucléaire pour eux et pour leurs familles.
    De notre correspondante à Kiev, 
    À Troieshchyna, un quartier résidentiel du nord-est de Kiev, des cerisiers en fleurs et des barres d'immeubles identiques d'une vingtaine d'étages se dressent. C'est dans ces bâtiments qu'après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, des liquidateurs et leurs familles ont été évacués. Volodymyr Vassilievitch faisait partie de la police routière qui évacuait des civils à l'époque. Il nous raconte les premiers jours après la catastrophe. « Nous avons embarqué dans un véhicule blindé, se rappelle-t-il. La cabine était recouverte de plomb pour bloquer les rayons radioactifs et nous sommes partis à l'hôpital. »
    Entre avril 1986 et 1988, Volodymyr a participé à des dizaines d'évacuations. Aujourd'hui, on estime qu'environ 300 000 personnes ont été déplacées de la zone. À l'époque, l'ampleur du désastre et de ses conséquences humaines et environnementales n'était pas encore connue, aussi bien pour les évacués que pour les fonctionnaires en charge des opérations.
    Volodymyr, lui, a été irradié pendant ses nombreuses missions et diagnostiqué à l'automne 1986. Après un premier séjour à l'hôpital, il a repris les évacuations puis a fait un accident cardiovasculaire. « En 1987, un AVC m'a paralysé tout le côté gauche. Je ne pouvais plus parler, explique-t-il. Mon visage et ma langue étaient déformés comme ceux d'un cadavre. J'avais alors 46 ans et j'en ai maintenant 86. »
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    Des alentours interdits au public
    En bas de son immeuble, Lioubov, 55 ans, discute avec ses voisines. Dans son enfance, elle a passé ses vacances dans ce qui est devenu la zone d'exclusion. « Mon oncle était liquidateur, il travaillait à la centrale. Avant cela, ça ressemblait à un conte de fées. Vous savez, il y a une rivière là-bas, si belle, et une forêt, des lacs, décrit-elle. Et quand nous sommes revenus au fil des années, tout était encore là, intact, comme si c'était hier. »
    Elle a aussi essayé de voir le nouveau sarcophage qui protège le monde des émanations radioactives du réacteur quatre, mais les alentours de la centrale sont inaccessibles au public. « Peut-être qu'il faut une autorisation spéciale. Il paraît que cette année, personne n'est autorisé à entrer dans la zone », relate-t-elle.
    Et pour cause, la zone d'exclusion est également devenue un théâtre de guerre. En février et mars 2022, elle a été occupée par les troupes russes. Pourtant, la mémoire de la catastrophe de Tchernobyl devrait servir de mise en garde pour prévenir tout nouvel incident nucléaire majeur, dont les conséquences pourraient s'étendre bien au-delà des frontières de l'Ukraine.
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    Turquie: quatre ans après l'adoption de «loi sur la désinformation», la presse muselée par le pouvoir

    21/04/2026
    En 2022, le gouvernement turc faisait adopter une loi punissant de prison tous ceux condamnés pour « propagation d’informations contraires à la vérité ». À l’époque, les ONG de défense de la liberté de la presse dénonçaient un nouvel instrument pour museler la presse indépendante, ce que démentait le pouvoir. Quatre ans plus tard, le constat est sans appel, les journalistes sont les premières victimes de cette loi « sur la désinformation ». 
    Retrouvez l'intégralité de ce reportage dans l'émission Accents d'Europe.
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    Au Mexique, les centres de données des Gafam épuisent les ressources hydriques de la population

    20/04/2026
    La région de Querétaro, à trois heures de la capitale, se présente désormais comme un hub des technologies digitales et de l’innovation. Les géants de l’Internet s’y installent pour construire des centres de données. Une bonne nouvelle pour l’économie de la région. Mais se convertir en arrière-boutique de l’intelligence artificielle (IA) a un prix. Derrière les discours et les promesses de croissance, se trouve la réalité des habitants qui ne profitent pas des retombées. Des centres qui consomment énergie et eau en grande quantité dans une région semi-aride.
    De notre envoyée spéciale à Querétaro,
    À la périphérie de la ville de Querétaro, dans la localité de La Esperanza, Monserrat Sanchez tient dans sa maison un petit restaurant où elle vend des tacos. Comme de nombreux habitants ici, la jeune femme ne reçoit l’eau courante que deux ou trois jours par semaine. « Regardez, le robinet est ici. Non, il n’y a rien », montre-t-elle. Ce dernier mois, elle est restée trois semaines sans eau. « Je crois que c’est à cause de tous ceux qui viennent ici, les entreprises et les usines qui sont là », ajoute-t-elle.
    Interrogée sur l’évolution de la situation, elle répond : « On n’a jamais eu autant de problèmes, je crois que cette année c’est la pire. On s’y habitue. De toute façon, on ne s’intéresse pas à nous, que peut-on faire ? »
    Pendant que la population lutte au quotidien pour accéder à l’eau, l’industrie de Querétaro se développe à grande vitesse, en particulier le secteur du cloud et du stockage en ligne. Dans d’immenses hangars ultra-sécurisés, les géants du web hébergent leurs centres de données. D’autres sont attendus dans les prochaines années, fruit d’un investissement de 12 milliards de dollars. Une aubaine pour le gouvernement local, malgré la réputation de ces infrastructures d’être très gourmandes en énergie et en eau, notamment pour leurs systèmes de refroidissement.
    Marco Antonio Del Prete, secrétaire local du développement durable, affirme cependant que les centres de données installés à Querétaro utilisent beaucoup moins d’eau. « Ils utilisent un circuit d’eau fermé qui remplit un réservoir. N’est alors remplacée que l’eau perdue par condensation ou évaporation. Ils ne consomment pas d’eau en continu. Selon les rapports que nous avons, leur utilisation est beaucoup moins intensive… au moins ici, au Querétaro », précise-t-il. Interrogé sur des chiffres précis, il répond : « Non, parce que ce n’est pas une obligation de le demander. »
    Faute de transparence et de contrôle, la consommation réelle de ces centres de données à Querétaro reste floue. Les estimations varient selon les acteurs et les technologies employées. Néanmoins, les autorisations délivrées par la Commission nationale de l’eau (Conagua) concernent plusieurs millions de litres par an. « Le centre de données d’Amazon consomme la même quantité d’eau que deux villages », souligne Erick Silva, député local d’opposition.
    Ce dernier porte un projet de loi visant à donner la priorité à la population en matière d’accès à l’eau. Il dénonce l’encouragement à installer de nouvelles entreprises dans cette région semi-aride. « Puisque la Conagua nous a classés comme une zone à haut risque en ce qui concerne la période d’étiage, sur quelles bases peut-on proposer à ce type d’entreprises de venir installer des centres de données ici, à Querétaro ? » s’interroge-t-il.
    Au Mexique, l’État de Querétaro se positionne ainsi au cœur d’un secteur promis à contribuer à plus de 5 % du PIB national d’ici 2029. Mais dans un contexte où les ressources hydriques sont déjà surexploitées, la question de la répartition de l’eau entre la population et l’industrie devient de plus en plus pressante.
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    Au Royaume-Uni, le fish and chips voit ses prix s'envoler face à la flambée des prix du pétrole

    19/04/2026
    C'est un impact insolite de la guerre en Iran : au Royaume-Uni, l'emblématique fish and chips voit son prix s'envoler. Si de nombreux secteurs économiques sont affectés par la hausse du carburant à travers l'Europe, les pêcheurs sont particulièrement vulnérables et certains hésitent parfois désormais à sortir.
    Un reportage dans la petite ville portuaire de Newhaven, sur la côte sud de l'Angleterre, à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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