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    En Roumanie, le succès de la musique manele dérange

    21/07/2026
    En Roumanie, c'est la musique des mariages, des baptêmes et des fêtes populaires. Sur YouTube, les stars du manele, comme Costel Biju ou Babasha, cumulent plusieurs centaines de millions de vues. Pourtant, ce genre musical d'origine balkanique continue de susciter un profond rejet dans une partie de la société. 
    De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes
    Dans un studio de Bucarest, le chanteur Vlad Babasha attend avec impatience son concert au festival Galaxia. Il y a encore quelques années, voir un artiste de manele à l'affiche d'un grand festival aurait été impensable. « Dans les années 2000, c'était très difficile d'admettre qu'on écoutait du manele, parce que cette musique était chantée principalement par des Roms, explique le chanteur. Mais aujourd'hui, on en entend partout : dans les festivals, sur TikTok, sur Instagram... Il y a même des publicités avec du manele. C'est pour ça que les gens l’acceptent davantage. »
    Mariages, baptêmes, anniversaires… ce genre musical d'origine balkanique est omniprésent dans les fêtes roumaines. Pourtant, malgré son immense succès, le manele continue de diviser. En 2024, lorsque le groupe Coldplay invite Babasha sur scène à Bucarest, une partie du public le hue pendant sa prestation. « À mon avis, on ne peut pas détester le manele pour sa musique. Il y a forcément autre chose derrière », pointe Babasha.
    À écouter dans 8 milliards de voisinsReportage en Roumanie, le double visage de la sorcellerie
    Des avis partagés
    Dans un parc de Bucarest, les avis sont très partagés. Ionuț ne se reconnaît pas dans le manele. « Associer le manele à la musique roumaine, c'est un peu offensant. Cette musique a ses qualités, mais moi, ça ne me représente pas, affirme-t-il. Regardez aussi les paroles : je ne les trouve pas très profondes. Il y est question de diamants, de casinos par exemple… Je trouve ça superficiel. »
    Marina voit les choses tout autrement : la lycéenne n’imagine pas faire la fête sans manele. « Je pense que beaucoup de Roumains aiment le manele parce que c’est la musique idéale pour faire la fête, souligne-t-elle. L’énergie est bonne, on peut danser, chanter… Beaucoup de gens écoutent du manele pour ça. »
    Le manele domine les plateformes de streaming, mais reste largement absent des grandes radios commerciales. En cause, les nombreux stéréotypes dont la minorité rom reste victime en Roumanie. « Beaucoup de Roms chantent du manele. Mais de nombreux Roumains ne veulent pas être associés aux Roms, qui sont toujours perçus comme des mendiants, des voleurs, dénonce l'activiste Alex Stan. Nous avons encore honte du manele. Pourtant, les mêmes personnes qui rejettent cette musique en public l'écoutent lors de leurs soirées privées. »
    Signe que les lignes bougent, les artistes de manele sont désormais invités dans plusieurs grands festivals roumains.
    À lire aussiRoumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires
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    La Chine, nouvelle destination pour les patients étrangers en quête de soins

    20/07/2026
    De plus en plus d'étrangers choisissent de se faire soigner en Chine. Traitements innovants, médecine traditionnelle, coûts parfois bien inférieurs à ceux pratiqués dans leur pays d'origine : un marché encore modeste, mais que plusieurs grandes villes comme Pékin ou Shanghai cherchent déjà à développer activement.
    De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang,
    La Chine attire de plus en plus de patients étrangers aux profils variés, venus chercher des soins en cancérologie, cardiologie, des bilans de santé ou encore des traitements de médecine traditionnelle chinoise.
    Dans les cliniques internationales, les médecins, comme la docteur Jin Xiangxian, observent une hausse de cette clientèle venue spécialement pour recevoir des soins. « Aujourd'hui, beaucoup d'étrangers viennent spécialement pour bénéficier de soins pendant leur voyage touristique. Le nombre de patients étrangers a fortement augmenté ces dernières années », explique-t-elle. Certains recherchent des traitements lourds, d'autres viennent découvrir une médecine qu'ils connaissent surtout de réputation.
    « Un tiers, voire 1/5e de ce qu'ils paieraient chez eux »
    « Beaucoup viennent pour des traitements chirurgicaux contre le cancer et les soins postopératoires. La médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un atout unique. Certains souhaitent essayer l'acupuncture, le massage, la pharmacopée chinoise ou les ventouses », précise la docteur Jin. À Shanghai, un nouveau secteur est même en train d'émerger : celui de l'accompagnement médical pour les étrangers.
    Yang Xuanzhao a créé avec sa femme une entreprise spécialisée dans ce domaine. Selon lui, les tarifs pratiqués en Chine constituent souvent un premier facteur d'attractivité. « En Chine, les dépenses médicales représentent environ un tiers, voire 1/5e de ce qu'ils paieraient chez eux », souligne-t-il. Mais les patients ne traversent généralement pas la planète pour des raisons financières uniquement.
    Rapidité et efficacité 
    « En Europe ou aux États-Unis, l'attente peut durer six mois, voire un an. Ici, certains patients peuvent être opérés dans les 72 heures après leur arrivée. La politique d'exemption de visa unilatérale facilite leur venue », ajoute Yang Xuanzhao. Encore faut-il réussir à s'orienter dans le système de santé chinois. Entre la barrière de la langue et les démarches souvent numérisées, de nombreux étrangers préfèrent se faire accompagner.
    Pour Alex, un Français qui a bénéficié de soins en Chine, c'est justement l'efficacité du système qui l'a marqué. « ​​​​​​​Tout, que ça soit une radio de la tête, du pied, une radio du foie, une analyse sanguine, une analyse d'urine, tout arrive sur votre téléphone sous format PDF. Vous voyez la facilité. C'est-à-dire que tout va très vite et c'est très pratique. On n'a pas besoin d'attendre trois mois pour avoir des résultats, on connait la situation parfois en trois heures. L'avantage de la Chine, c'est la technologie qu'ils appliquent pour que justement tout aille plus vite », témoigne-t-il.
    Face à l'augmentation du nombre de patients internationaux, certains professionnels du secteur plaident désormais pour la création d'un visa médical spécifique, qui permettrait aux patients de rester plusieurs mois en Chine pour suivre leur traitement.
    À lire aussiEn Chine, un tourisme médical encore marginal mais en forte croissance
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    En Palestine, un quotidien entre checkpoints, attaques de colons et incursions de l'armée israélienne

    19/07/2026
    Conduire une voiture relève de la banalité de nombreux pays. C'est loin d’être le cas en Cisjordanie occupée. Ce territoire palestinien est désormais émaillé de 925 checkpoints israéliens, selon les derniers chiffres de l'ONU. Checkpoints qui peuvent ouvrir ou fermer à tout moment, incursions de l'armée, attaques de colons, tours de contrôle, routes pour les Palestiniens et d'autres pour les Israéliens... La conduite nécessite une attention de tous les instants.
    De notre correspondante à Ramallah,
    C'est un classique des matinées en Palestine. Dès l'aube, la situation aux checkpoints israéliens et l'état du trafic routier occupent une grande partie des programmes radio. Pour s'informer, Hamza, 24 ans, garde aussi un œil sur Facebook : « Toutes les dix minutes à peu près, il y a un nouveau post. Tel checkpoint est ouvert. Tel checkpoint est fermé. À n'importe quel moment, l'armée peut fermer les routes. À n'importe quel moment, les colons peuvent débarquer et vandaliser les voitures. Ils peuvent tirer à tout moment, ça ne les gêne pas. Et c'est arrivé à beaucoup de personnes de recevoir une balle alors qu'elles étaient dans leur voiture... »
    Hamza est un jeune diplômé d'une école de commerce. Face au manque d'opportunités professionnelles, il a choisi de devenir chauffeur de taxi. Entre deux courses, il retrouve son père, lui aussi chauffeur de taxi. Assis à son bureau dans son local du centre-ville de Ramallah, le vieil homme – 40 années de métier au compteur – confie son intranquillité grandissante :
    « Il y a quatre ou cinq jours, j'ai vu une vidéo sur Facebook sur laquelle on voyait une ambulance qui allait de Naplouse à Ramallah et qui ne pouvait pas circuler parce qu'un colon lui barrait la route avec sa voiture. Il y a beaucoup de femmes qui ont accouché dans les voitures ou aux checkpoints. »
    « Ici, on dit toujours que la vie doit continuer »
    Hamza interrompt son père et sort son téléphone. Il veut montrer une vidéo : « Regarde, c'est une mariée. Comme le checkpoint est fermé, elle part retrouver son mari à pied. Le marié l'a fait monter dans sa voiture qui attend de l'autre côté de la barrière. C'est le romantisme... à la palestinienne ! »
    « Ils peuvent mettre des checkpoints même dans Ramallah s'ils veulent, on continuera à se marier, à faire la fête et à chanter, ajoute le père. Ici, on dit toujours que la vie doit continuer. »
    Cet étranglement du territoire par la route, une photographe palestinienne a voulu le documenter. Elle s'appelle Rehab Nazzal. Elle vit à Bethléem, à une trentaine de kilomètres de Ramallah. Il faut parfois jusqu'à trois heures pour relier les deux villes :
    « Pour le livre Conduire en Palestine, j'ai pris des dizaines de milliers de photos. Je veux que ces clichés puissent être archivés. C'est aussi un acte de défiance. Quand je pointe mon appareil en direction d'un mirador et que des soldats me regardent avec leurs jumelles, quand je prends une photo d'eux, je les défie. Pas un jour ne passe sans qu'on suffoque. »
    Comme souvent en Palestine, la réalité de l'occupation fait irruption. En pleine interview, Rehab Nazzal reçoit un coup de fil. Le mari de sa sœur est mort. Celle-ci est à l'étranger. Une seule question désormais : les checkpoints lui permettront-ils d'arriver à temps aux funérailles de son propre époux ?
    À lire aussiCisjordanie: le football palestinien, échappatoire d'un quotidien sous occupation, en suspens
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    Aux États-Unis, le «soccer» a pris de l'ampleur grâce à la Coupe du monde 2026

    18/07/2026
    L'Espagne affronte l'Argentine ce dimanche 19 juillet dans le New Jersey, à côté de New York. La finale marque la fin de cette Coupe du monde XXL avec 104 matchs au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Les États-Unis où le foot, ou « soccer » comme ils disent, n'est pourtant pas le sport le plus populaire et doit rivaliser avec le football américain, le baseball ou le basket. Mais à Atlanta, qui a accueilli une partie de la compétition, la Coupe du monde a su conquérir le cœur de certains. 
    De notre envoyé spécial à Atlanta,
    À Atlanta, l'engouement pour le football atteint des sommets inédits. Pied droit, pied gauche... Sidney s'entraîne à jongler sur un terrain de foot dans un parc. L'adolescent joue au football depuis longtemps ici, mais n'a jamais vu autant d'engouement pour son sport. « À chaque fois que je vais sur un terrain de foot, j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de monde. On dirait que tout le monde se met au foot. Le sport a pris une ampleur incroyable. Franchement, ici à Atlanta, on n'entend parler que de ça : le foot par-ci, le foot par-là. C'est sans doute le phénomène numéro un du moment ici à Atlanta », confie-t-il.
    Sidney est venu avec un ami pour lui montrer comment manier le ballon. Hariz avait un peu joué plus jeune, mais s'y est vraiment mis après être allé voir un match de la Coupe du monde à Atlanta. « Je me suis dit que ce serait sympa d'essayer, alors je suis venu au parc et je me suis mis à jouer. C'est vraiment amusant. C'est clairement plus difficile que ça en a l'air, mais on prend vite goût au jeu », explique-t-il.
    Sidney a du mal à réaliser à quel point son entourage s'est mis à suivre la compétition. « Rien qu'hier, ma mère a passé près de deux heures à essayer de me convaincre que l'Argentine était la meilleure équipe qu'elle ait jamais vue jouer. Alors qu'avant ça, elle n'avait jamais vu un match de foot à part peut-être mes matchs. C'est juste magnifique de voir cela, tous ces nouveaux fans qui s'intéressent vraiment à ce sport », raconte-t-il.
    « Allez, on se rassemble, en cercle ! Aujourd'hui, on va travailler plus particulièrement sur les corners et les coups francs », lance Kush Mansingh, l'entraîneur de ce groupe de niveau débutant proposé par l'association « Sons of Pitches ». « Il y a toujours eu beaucoup d'intérêt, mais cet été, on voit davantage de gens s'inscrire et se mettre à jouer. Beaucoup cherchent à mieux comprendre comment fonctionne ce sport. Et puis, se rassembler, regarder les matchs ensemble et aller jouer avant ou après un match de la Coupe du monde », observe-t-il.
    Un sport qui n'est pas toujours très accessible, regrette Gabrielle Green, l'une des joueuses, qui a démarré le football en mars. « Je pense que le foot est sans doute l'un des sports les plus difficiles d'accès. Aux États-Unis, en tout cas, c'est un sport qui coûte cher, beaucoup plus cher que dans d'autres pays. Et puis, en termes de popularité, le football américain et le basket passent clairement avant. Du coup, c'est forcément plus compliqué de s'y mettre », souligne-t-elle. Certains Américains se demandent même quoi faire pour s'occuper une fois la Coupe du monde terminée.
    À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026
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    La Grèce présente un plan pour adapter la protection du patrimoine au changement climatique

    17/07/2026
    Le ministère grec de la Culture a présenté un plan d'adaptation au changement climatique pour protéger le patrimoine culturel. Sécheresse, incendies, inondations : certains sites archéologiques sont déjà directement concernés par des phénomènes climatiques extrêmes. Reportage sur le site de Brauron, l'ancien sanctuaire de la déesse Artémis.
    De notre correspondante à Athènes,
    À Brauron, à 30 kilomètres à l'est d'Athènes, l'archéologue Maria Cristina Katsavou montre le niveau atteint par les inondations l'hiver dernier : l'eau s'élevait jusqu'à la moitié de la colonne, à 1,5m du sol. Douze colonnes doriques accueillent les visiteurs : c'est la stoa, un portique en forme de lettre Pi, le bâtiment le mieux préservé du site. Selon la mythologie, c'est ici qu'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, roi de Mycènes, a installé, sur un terrain marécageux, un sanctuaire dédié à Artémis, la déesse de la nature.
    « C'est l'un des sanctuaires les plus importants de la Grèce antique. Nous avons constaté que chaque année, les inondations sont de plus en plus graves », explique Maria Cristina Katsavou.
    Des mares d'eau stagnante brillent encore au soleil, alors que la sécheresse frappe déjà une grande partie de la Grèce. Le sanctuaire d'Artémis a été édifié au cœur d'une zone humide couverte de joncs, entre la mer et la rivière Erasinos. Le paysage lui-même est un sanctuaire naturel, peuplé d'oiseaux.
    En contrebas du temple, dont il ne reste que les fondations, une passerelle métallique permet aux visiteurs de garder les pieds au sec. Puis celle-ci disparaît, engloutie par les crues de la rivière. La pompe de drainage est devenue un élément indispensable du site.
    « Toute cette eau provoque l'érosion des matériaux. Ce n'est pas seulement lié au climat mais aussi à l'emplacement du sanctuaire. Mais à cause du changement climatique, les nappes phréatiques saturent », souligne l'archéologue. Elle attend beaucoup du plan conçu par le ministère de la Culture pour améliorer le système de drainage.
    Si Brauron est menacé par les inondations, ailleurs, ce sont les incendies de forêt qui assiègent régulièrement, durant l'été, plusieurs sites historiques de premier plan, comme Olympie, Épidaure et Mycènes. À Delphes, l'érosion et les glissements de terrain provoquent des chutes de pierres autour du temple d'Apollon.
    Constantinos Cartalis, physicien climatologue de l'université d'Athènes, est chargé par le ministère de la Culture d'évaluer la menace et de recommander les mesures d'adaptation. « Le ministère de la Culture a lancé un plan de prévention pour faire face aux risques à mesure que ceux-ci évoluent. Il s'agit de préparer les sites archéologiques, en particulier l'environnement autour des sites, afin qu'ils soient mieux protégés contre les phénomènes climatiques , indique-t-il.
    Sécheresse, chaleur extrême, élévation du niveau de la mer : toutes les situations sont passées au crible. Un plan d'adaptation est conçu spécifiquement pour chaque site, alors que la Grèce se prépare à une nouvelle saison d'incendies.
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