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    Dans les îles Canaries, l'usine de dessalement la plus efficace au monde

    12/03/2026
    Ce dimanche 22 mars, l’ONU célèbre la Journée mondiale de l’eau alors que 1,8 milliard de personnes n’ont pas d’accès direct à l’eau potable dans le monde. En Europe, un territoire se démarque pour son savoir-faire en matière de désalinisation, l’archipel espagnol des îles Canaries. Dans cette région sèche et très prisée des touristes, les usines de dessalement sont légion. L’une d'elles, située sur l’île de Grande Canarie, a fait la Une de l’actualité en décrochant le record du monde de l’usine de dessalement la plus efficace énergétiquement. 
    De notre correspondant à Las Palmas, Nicolas Kirilowits
    En Espagne, aux îles Canaries, l’eau potable passe très souvent par l’étape « dessalement ». Une technologie exploitée depuis 60 ans et qui est devenue depuis quelques semaines un savoir-faire reconnu avec l’établissement d’un nouveau record du monde officiel : celui de l’usine de dessalement la moins énergivore.
    « Avant ce record, l’usine de dessalement la plus efficace au monde se trouvait en Arabie saoudite avec 2,21 kilowattheures par mètre cube d’eau. Cela signifie que pour chaque 1 000 litres d’eau dessalée, il faut injecter 2,21 kWh d’énergie dans le système », indique Baltasar Peñate Suarez, le responsable du département de l’eau à l’Institut technologique des Canaries.
    « De notre côté, nous avons commencé en 2021 avec nos premières conceptions et nous obtenions toujours une consommation d’énergie inférieure à 2 kWh. Avec ce concept, nous nous sommes dit : “Si nous pouvons descendre sous la barre de 2, nous avons peut-être une chance de battre le record”, se rappelle-t-il. Ensuite, nous avons construit l’usine expérimentale, nous avons commencé à obtenir des résultats et on a alors constaté que nous étions non seulement en dessous de 2, mais même en dessous de 1,9. La plus faible consommation d’énergie que nous avons obtenue — et que nous avons enregistrée comme record — est de 1,794 kWh. »
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    Des solutions d'appui en cas de crise
    Une performance unique rendue possible en grande partie grâce à une parfaite optimisation de l’espace. Petite, l’usine est installée à l’intérieur de quatre conteneurs transportables. « De ce côté-ci, ce qu’on voit, c’est la filtration de l’eau de mer, parce qu’il peut y avoir du sable ou de la terre qui entrent avec l’eau, détaille Baltasar Peñate Suarez. Au fond, on a le système de pompage à haute pression, qui est l’élément clé : c’est là qu’une partie de l’eau de mer qu’on capte entre dans le système. Et ici, à gauche, on a la partie de récupération d’énergie. »
    Pensée pour réduire au maximum la consommation énergétique, sa production se limite à 2 500 mètres cubes d’eau par jour, soit la consommation moyenne de 15 000 personnes. Trop peu pour des zones densément peuplées, mais une solution d’appui en cas de crises sur des territoires secs et isolés comme celui des Canaries.
    « Il y a des îles comme Lanzarote ou Fuerteventura où 90 % de l’eau potable, voire plus, vient du dessalement, explique Juan Antonio de la Fuente, chef de projet spécialisé dans la désalinisation. Et récemment, il y a quelques années, il y a eu une éruption volcanique sur l’île de La Palma. On a donc déplacé des usines de ce type, avec cette technologie, pour les installer là-bas afin de dessaler de l’eau pour l’irrigation des plantations de bananes. »
    Avec l’obtention de ce record mondial, les îles Canaries se placent comme un territoire avant-gardiste du dessalement de l’eau de mer. Depuis l’officialisation de son record, l’Institut technologique des Canaries assure recevoir des appels du monde entier.
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    Cisjordanie occupée: le village de Qaryut endeuillé après des attaques de colons israéliens

    11/03/2026
    Le groupe israélien de défense des droits humains Yesh Din a signalé une hausse de la violence des colons, dans le contexte de la guerre en Iran qui a débuté le 28 février. Environ 50 incidents ont été enregistrés au cours des quatre premiers jours du conflit, et cinq Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée. Une violence en toute impunité. Reportage dans un village endeuillé entre Ramallah et Naplouse.
    De notre envoyée spéciale à Qaryut, village entre Ramallah et Naplouse
    « La trace de sang que vous voyez là par terre, c'est celle du sang de Muhammad. Il a été atteint par une balle en pleine tête. C'est la première victime », confie Bachar. La première victime d'une attaque meurtrière, le 3 mars, dans le village de Qaryut, en Cisjordanie occupée.
    Une scène de guerre avec 40 minutes de combats que décrit Bachar, secouriste. Les villageois palestiniens ont tenté de se défendre contre un groupe d'une bonne vingtaine de colons israéliens armés. Les deux frères, Mohamed et Fahim Mouammar, sont morts. Ils étaient âgés de 48 et 52 ans.
    « Les tireurs venaient de ce verger-là. L'un d'entre eux était un colon qui portait un uniforme militaire », nous indique Bachar. L'identité du tireur et les circonstances de l'incident font l'objet d'une « enquête », a déclaré l'armée israélienne, qui condamne sévèrement les faits.
    Bachar ramasse des cartouches au sol et nous explique : « Son arme, c'était un fusil d'assaut M16, et ça, la marque rouge sur la cartouche, c'est la marque des balles explosives. »
    Jamil, le frère des deux victimes, a été touché au pied par une de ces munitions. Il se rappelle de ce jour : « Fahim est mort dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital. La balle a touché l'artère, il s'est vidé de son sang. »  L'attaque a eu lieu en pleine journée, à midi. Pour Jamil, les assaillants étaient là pour tuer : « Ils devaient avoir l'intention de tuer puisqu'ils sont venus avec une arme et ils ont tiré directement sur nous. Ce n'était pas juste pour nous faire peur. »
    Bachar traverse le verger de la famille Mouamar et nous apprend que « cette zone est l'une des plus dangereuses de Qaryut. Toutes les maisons ici sont entourées de grillages pour se protéger, comme une prison. Ici, c'est la colonie de Shilo, et là, la colonie d'Eli ».
    Le secouriste raconte que, le matin de l'attaque, un des colons équipé d'un bulldozer a voulu tracer une piste pour relier ces colonies illégales au regard du droit international. Les villageois palestiniens sont intervenus pour le chasser. L'homme est revenu avec un groupe ultra-violent pour une opération punitive.
    Jamil a reconnu un des assaillants. La police et l'armée israéliennes sont arrivées presque une heure après la confrontation. « Le tireur est reconnaissable à 100%. L'armée est venue et a pris ses affaires et ses moutons. Le lendemain, il est revenu s'installer au même endroit », déplore Jamil. 
    L'Autorité palestinienne dénonce « l'escalade majeure du terrorisme des colons à la faveur de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran ».
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    Turquie: une sècheresse record à Ankara déclenche une polémique politique

    10/03/2026
    En Turquie, une sécheresse record a récemment privé la capitale, Ankara, d'une large partie de ses ressources en eau. Une pénurie qui s'est muée en polémique politique. Le gouvernement accuse la mairie, aux mains de l'opposition, d'être responsable de la situation et la taxe d'« incompétence ». Mais le maire d'Ankara, possible rival du président Erdogan à la prochaine présidentielle, renvoie la balle au gouvernement. Des rivalités politiques qui n'aident pas à résoudre la crise, alors que le changement climatique risque d'aggraver la situation. 
    Reportage de notre correspondante à Ankara. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe.
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    Élections législatives en Hongrie: Viktor Orban mène une campagne anti-Ukraine

    09/03/2026
    À la peine dans les sondages, Viktor Orban joue la carte anti-Ukraine. À moins de deux mois des élections législatives, prévues le 12 avril 2026, le Premier ministre hongrois intensifie sa campagne en prenant pour cible l'Ukraine alors que son parti, le Fidesz, est en difficulté. Le dirigeant accuse la Commission européenne de vouloir installer au pouvoir le parti d'opposition Tisza, mené par le conservateur Péter Magyar. Et selon Viktor Orban, Tisza serait un agent de Bruxelles et de l'Ukraine. Selon lui, cette coalition Bruxelles-Kiev voudrait augmenter les impôts afin de financer et d'armer Kiev et d'envoyer les Hongrois se battre aux côtés de l'Ukraine.
    Reportage de notre correspondante à Budapest. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe.
    À lire aussiHongrie: Viktor Orban promet de chasser du pays «tous les agents de Bruxelles» s'il est réélu
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    Dans le nord d'Israël, les habitants pris entre les feux iranien et libanais

    08/03/2026
    Israël et les États-Unis poursuivent leur guerre contre l'Iran. L'armée israélienne mène aussi une offensive dans le sud-Liban, contre le Hezbollah, allié du régime de Téhéran. Des dizaines de milliers de Libanais ont dû fuir les combats. De l'autre côté de la frontière, les Israéliens se retrouvent eux aussi, encore une fois, en première ligne, deux ans après la dernière guerre avec le Liban. Notre envoyé spécial en Israël est allé à leur rencontre, à quelques kilomètres du front.
    De notre envoyé spécial en Israël,
    Johanna nous emmène dans son sous-sol. Un abri y a été aménagé. Son mamad – nom donné à ce genre d'abri – est devenu l'une des pièces principales de la maison. « Ici, dorment mon mari et mon fils », montre Johanna.
    Nous sommes à Ma'alot, une petite ville à seulement sept kilomètres de la frontière. La menace est très proche. Les alertes aériennes sonnent plusieurs fois par jour.
    « On a celle des tirs qui viennent du Liban et là, on a une alerte directement et il faut tout de suite se mettre à l'abri. Le délai, c'est zéro seconde. Et on a les alertes des tirs qui viennent d'Iran. Et là, on a un avertissement. »
    Une guerre pour « finir le travail »
    Prise entre deux feux, cette professeure d'hébreu, mère de quatre enfants, en a vu d'autres : « Il y a une espèce de sensation "encore une fois", et en même temps, on est peut-être plus à même de réagir correctement. On est moins dans la panique, on fait tout de suite ce qu'il faut. Les enfants, ils le prennent, ils le gèrent mieux. »
    Mieux préparée mais aussi plus inquiète pour l'avenir, Johanna soutient quand même la guerre pour « finir le travail ». « Je ne crois pas qu'il n'y ait aucune intervention extérieure qui ait jamais été faite que par des motivations très altruistes, etc. Mais on ne peut pas nier quand même que ça soit nécessaire de le faire. Et là tout de suite, je soutiens entièrement ce qui est en train d'être fait », appuie-t-elle.
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    À quelques collines de la frontière, le danger est omniprésent
    À 20 minutes de route, la journée est encore calme au kibboutz de Sasa, 250 habitants. Le front n'est plus qu'à trois kilomètres. On y retrouve Yaëlle dans la grande salle commune, totalement vide. « La salle à manger joue un très grand rôle dans notre vie sociale. On y rencontre des gens », explique-t-elle.
    Yaëlle a quitté la France pour s'installer ici, il y a 50 ans. Déplacée pendant la dernière guerre, elle ne repartira plus. Elle ne se fait plus d'illusions : 
    « On a pensé ça après chaque opération, après chaque guerre qu'il y a eu. Et malheureusement, ça ne se passe pas vraiment comme on espérait. Je ne suis pas très optimiste. C'est notre vie, je pense : angoissante et qui ne nous rend pas très optimistes. »
    Quelques collines nous séparent désormais de la frontière. Dans les hauteurs de Kyriat Shmona, le danger est omniprésent. La guerre pourrait durer encore plusieurs semaines, prévient le gouvernement israélien. Les habitants du nord d'Israël sont prêts à tenir encore, angoissés mais résignés, sans savoir quand ils pourront retrouver une vie normale.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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