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    Cisjordanie occupée: le village de Qaryut endeuillé après des attaques de colons israéliens

    11/03/2026
    Le groupe israélien de défense des droits humains Yesh Din a signalé une hausse de la violence des colons, dans le contexte de la guerre en Iran qui a débuté le 28 février. Environ 50 incidents ont été enregistrés au cours des quatre premiers jours du conflit, et cinq Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée. Une violence en toute impunité. Reportage dans un village endeuillé entre Ramallah et Naplouse.
    De notre envoyée spéciale à Qaryut, village entre Ramallah et Naplouse
    « La trace de sang que vous voyez là par terre, c'est celle du sang de Muhammad. Il a été atteint par une balle en pleine tête. C'est la première victime », confie Bachar. La première victime d'une attaque meurtrière, le 3 mars, dans le village de Qaryut, en Cisjordanie occupée.
    Une scène de guerre avec 40 minutes de combats que décrit Bachar, secouriste. Les villageois palestiniens ont tenté de se défendre contre un groupe d'une bonne vingtaine de colons israéliens armés. Les deux frères, Mohamed et Fahim Mouammar, sont morts. Ils étaient âgés de 48 et 52 ans.
    « Les tireurs venaient de ce verger-là. L'un d'entre eux était un colon qui portait un uniforme militaire », nous indique Bachar. L'identité du tireur et les circonstances de l'incident font l'objet d'une « enquête », a déclaré l'armée israélienne, qui condamne sévèrement les faits.
    Bachar ramasse des cartouches au sol et nous explique : « Son arme, c'était un fusil d'assaut M16, et ça, la marque rouge sur la cartouche, c'est la marque des balles explosives. »
    Jamil, le frère des deux victimes, a été touché au pied par une de ces munitions. Il se rappelle de ce jour : « Fahim est mort dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital. La balle a touché l'artère, il s'est vidé de son sang. »  L'attaque a eu lieu en pleine journée, à midi. Pour Jamil, les assaillants étaient là pour tuer : « Ils devaient avoir l'intention de tuer puisqu'ils sont venus avec une arme et ils ont tiré directement sur nous. Ce n'était pas juste pour nous faire peur. »
    Bachar traverse le verger de la famille Mouamar et nous apprend que « cette zone est l'une des plus dangereuses de Qaryut. Toutes les maisons ici sont entourées de grillages pour se protéger, comme une prison. Ici, c'est la colonie de Shilo, et là, la colonie d'Eli ».
    Le secouriste raconte que, le matin de l'attaque, un des colons équipé d'un bulldozer a voulu tracer une piste pour relier ces colonies illégales au regard du droit international. Les villageois palestiniens sont intervenus pour le chasser. L'homme est revenu avec un groupe ultra-violent pour une opération punitive.
    Jamil a reconnu un des assaillants. La police et l'armée israéliennes sont arrivées presque une heure après la confrontation. « Le tireur est reconnaissable à 100%. L'armée est venue et a pris ses affaires et ses moutons. Le lendemain, il est revenu s'installer au même endroit », déplore Jamil. 
    L'Autorité palestinienne dénonce « l'escalade majeure du terrorisme des colons à la faveur de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran ».
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    Turquie: une sècheresse record à Ankara déclenche une polémique politique

    10/03/2026
    En Turquie, une sécheresse record a récemment privé la capitale, Ankara, d'une large partie de ses ressources en eau. Une pénurie qui s'est muée en polémique politique. Le gouvernement accuse la mairie, aux mains de l'opposition, d'être responsable de la situation et la taxe d'« incompétence ». Mais le maire d'Ankara, possible rival du président Erdogan à la prochaine présidentielle, renvoie la balle au gouvernement. Des rivalités politiques qui n'aident pas à résoudre la crise, alors que le changement climatique risque d'aggraver la situation. 
    Reportage de notre correspondante à Ankara. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe.
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    Élections législatives en Hongrie: Viktor Orban mène une campagne anti-Ukraine

    09/03/2026
    À la peine dans les sondages, Viktor Orban joue la carte anti-Ukraine. À moins de deux mois des élections législatives, prévues le 12 avril 2026, le Premier ministre hongrois intensifie sa campagne en prenant pour cible l'Ukraine alors que son parti, le Fidesz, est en difficulté. Le dirigeant accuse la Commission européenne de vouloir installer au pouvoir le parti d'opposition Tisza, mené par le conservateur Péter Magyar. Et selon Viktor Orban, Tisza serait un agent de Bruxelles et de l'Ukraine. Selon lui, cette coalition Bruxelles-Kiev voudrait augmenter les impôts afin de financer et d'armer Kiev et d'envoyer les Hongrois se battre aux côtés de l'Ukraine.
    Reportage de notre correspondante à Budapest. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe.
    À lire aussiHongrie: Viktor Orban promet de chasser du pays «tous les agents de Bruxelles» s'il est réélu
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    Dans le nord d'Israël, les habitants pris entre les feux iranien et libanais

    08/03/2026
    Israël et les États-Unis poursuivent leur guerre contre l'Iran. L'armée israélienne mène aussi une offensive dans le sud-Liban, contre le Hezbollah, allié du régime de Téhéran. Des dizaines de milliers de Libanais ont dû fuir les combats. De l'autre côté de la frontière, les Israéliens se retrouvent eux aussi, encore une fois, en première ligne, deux ans après la dernière guerre avec le Liban. Notre envoyé spécial en Israël est allé à leur rencontre, à quelques kilomètres du front.
    De notre envoyé spécial en Israël,
    Johanna nous emmène dans son sous-sol. Un abri y a été aménagé. Son mamad – nom donné à ce genre d'abri – est devenu l'une des pièces principales de la maison. « Ici, dorment mon mari et mon fils », montre Johanna.
    Nous sommes à Ma'alot, une petite ville à seulement sept kilomètres de la frontière. La menace est très proche. Les alertes aériennes sonnent plusieurs fois par jour.
    « On a celle des tirs qui viennent du Liban et là, on a une alerte directement et il faut tout de suite se mettre à l'abri. Le délai, c'est zéro seconde. Et on a les alertes des tirs qui viennent d'Iran. Et là, on a un avertissement. »
    Une guerre pour « finir le travail »
    Prise entre deux feux, cette professeure d'hébreu, mère de quatre enfants, en a vu d'autres : « Il y a une espèce de sensation "encore une fois", et en même temps, on est peut-être plus à même de réagir correctement. On est moins dans la panique, on fait tout de suite ce qu'il faut. Les enfants, ils le prennent, ils le gèrent mieux. »
    Mieux préparée mais aussi plus inquiète pour l'avenir, Johanna soutient quand même la guerre pour « finir le travail ». « Je ne crois pas qu'il n'y ait aucune intervention extérieure qui ait jamais été faite que par des motivations très altruistes, etc. Mais on ne peut pas nier quand même que ça soit nécessaire de le faire. Et là tout de suite, je soutiens entièrement ce qui est en train d'être fait », appuie-t-elle.
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    À quelques collines de la frontière, le danger est omniprésent
    À 20 minutes de route, la journée est encore calme au kibboutz de Sasa, 250 habitants. Le front n'est plus qu'à trois kilomètres. On y retrouve Yaëlle dans la grande salle commune, totalement vide. « La salle à manger joue un très grand rôle dans notre vie sociale. On y rencontre des gens », explique-t-elle.
    Yaëlle a quitté la France pour s'installer ici, il y a 50 ans. Déplacée pendant la dernière guerre, elle ne repartira plus. Elle ne se fait plus d'illusions : 
    « On a pensé ça après chaque opération, après chaque guerre qu'il y a eu. Et malheureusement, ça ne se passe pas vraiment comme on espérait. Je ne suis pas très optimiste. C'est notre vie, je pense : angoissante et qui ne nous rend pas très optimistes. »
    Quelques collines nous séparent désormais de la frontière. Dans les hauteurs de Kyriat Shmona, le danger est omniprésent. La guerre pourrait durer encore plusieurs semaines, prévient le gouvernement israélien. Les habitants du nord d'Israël sont prêts à tenir encore, angoissés mais résignés, sans savoir quand ils pourront retrouver une vie normale.
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    À Séoul, les victimes de l'incendie du bidonville de Guryong sans solution de relogement

    07/03/2026
    En Corée du Sud, le 16 janvier 2026, un gigantesque incendie ravageait la majeure partie du dernier bidonville de Séoul. En contraste avec l'image moderne de la capitale coréenne et ses luxueux immeubles du quartier de Gangnam, les maisons de tôle du village de Guryong abritent encore entre 1 500 et 2 000 personnes vivant dans la misère. Des Sud-Coréens oubliés du gouvernement qui attendent depuis plus de trois décennies d’être relogés.
    De notre correspondant à Séoul, 
    Il ne reste que des cendres des 160 foyers détruits par le plus grand incendie de ces 40 dernières années à Guryong. Il n'a fait aucune victime, mais près de 200 habitants ont été déplacés après le sinistre. « Cela faisait plus de 30 ans que je vivais là », témoigne l'une d'entre elles, Park Chansoo, 76 ans. Elle prend le thé dans un abri de fortune, installé à l'entrée du village : « Je ne vis pas sur les aides, je travaille tous les jours à frotter les gens dans les bains publics. C'est toute ma vie qui vient de brûler, les photos de ma fille quand elle a eu son diplôme. Il ne reste plus rien », déplore-t-elle. 
    Comme la plupart des habitants de Guryong, à mesure que la ville de Séoul se développait à la fin des années 1980, les plus précaires, ne pouvant s'offrir un logement, furent repoussés à la marge jusqu'à construire ce bidonville adossé à la colline. Pour la première fois depuis l'incendie, Park Chansoo visite ce qui était autrefois sa maison et son quartier, et peine à contenir son émotion. « Là, il y avait l’épicerie, se souvient-elle. Ici, c’était le salon de coiffure. Ça, c'était ma vaisselle la plus précieuse, je ne voulais m'en servir que le jour où j'aurais enfin un appartement, mais il n'en reste que des morceaux. » 
    « On nous demande de quitter notre maison sans rien nous donner en retour »
    Depuis plus de dix ans, la mairie de Séoul annonce des plans pour détruire le bidonville. Pourtant, aucun n'a réellement porté ses fruits, notamment à cause de disputes entre les habitants et la mairie. « Nous voulons que nos habitations soient reconnues comme des logements, certes illégaux, et nous partirons, explique Park Chansoo. Mais la ville considère notre village comme un terrain d'élevage d'animaux, ce qui nous empêche de vendre le terrain ou d'avoir droit à une compensation ou un logement social si l'on part d'ici. C'est absurde, on nous demande de quitter notre maison sans rien nous donner en retour. »
    En trente ans, trente incendies ont été recensés à Guryong. L'insalubrité des logements, le réseau électrique improvisé ou les poêles à charbon sont souvent à l'origine de ces drames. Si Park Chansoo et ses voisins ont perdu leur maison, ils souhaitent garder leur dignité et enfin obtenir de la mairie de Séoul la reconnaissance de leur situation et une compensation pour vivre en sécurité.
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