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Législatives anticipées en Serbie: les étudiants redoutent la fraude électorale et se préparent aux contrôles
24/10/2026Les Serbes sont appelés aux urnes dimanche 25 octobre pour des législatives anticipées. Le régime du président Aleksandar Vucic, en place depuis 14 ans et réputé pour sa corruption et ses penchants autoritaires, fait face à une large contestation populaire menée depuis deux ans par les étudiants, qui présentent leur liste de candidats : 250 inconnus du grand public, novices en politique, pour la plupart professeurs d'université ou fonctionnaires, dont le point commun est la lutte contre la corruption et la restauration de l'état de droit. Par-dessus tout, les étudiants et la population craignent la fraude électorale, systématique en Serbie. Parmi l'arsenal de moyens pour tenter de l'éviter, les étudiants ont, comme la loi électorale les y autorise, désigné des contrôleurs électoraux, qu'ils ont formés.
De notre correspondant à Belgrade,
Devant Nebojsa, activiste des droits civiques, et Luka, un étudiant, sont assis une trentaine de futurs contrôleurs électoraux. Ils participent à un cours un peu particulier. Le but : décortiquer les techniques de fraude électorale.
« L'utilisation du téléphone portable est IN-TER-DITE. Vous en voyez un, vous faites aussitôt pression sur les assesseurs, sur le président du bureau de vote. Il tient un procès-verbal et il a pour instruction de le rendre vierge. Vous exigez l'inscription, vous l'écrivez, et à chaque incident vous ajoutez une nouvelle inscription. Vous lui dites : "À chaque incident je vais faire un problème, et c'est toi qui devras gérer ça avec la commission électorale." »
« Vous ne laissez rien passer. Vous vous défendez bec et ongles. Pour tout. C'est maintenant ou jamais », dit également son acolyte.
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En Serbie, le bulletin de vote prend la forme d'un formulaire qu'il faut cocher. Une photo du bulletin en faveur du régime peut rapporter 50 euros. Un vote pour l'opposition peut coûter un licenciement à certains employés du service public. Interdire le téléphone portable, c'est rendre sa liberté à l'électeur. Mais les contrôleurs ne peuvent pas tout :
« Il y a onze façons de tricher aux élections le jour du vote. Et aussi des techniques de fraude avant le jour du scrutin, comme les fausses cartes d'identité, la double inscription aux listes électorales. Mais ça, ce sont des techniques sur lesquelles nous ne pouvons pas agir en tant que contrôleur ».
On présente aux candidats l'inventaire des fraudes connues : bourrage d'urnes, doubles bulletins, triche au dépouillement tandis qu'un laxatif dans le café peut éloigner les contrôleurs trop pointilleux du bureau de vote. Rien de tout cela n'étonne plus Olja, une étudiante de 24 ans, qui n'en est pas à sa première activité : « J'ai participé à l'action « un étudiant dans chaque village », J'ai fait du porte-à-porte pour la liste étudiante, j'ai tenu des stands de campagne. D'une certaine façon, devenir contrôleuse était la suite logique. »
Danijel, ingénieur informatique de 36 ans, n'a pas le profil classique de l'activiste. Il participe avec des amis : « Je souhaite apporter ma pierre à l'édifice pour qu'on puisse vivre dans un état de droit, pour que la loi soit respectée. Aux dernières élections, j'avais appris trop tard qu'on pouvait devenir contrôleur électoral. Je veux me rattraper cette fois-ci. »
Toutes les élections organisées depuis l'accession de Vucic au pouvoir ont été marquées par la fraude. Lors du dernier scrutin, seuls 30 % des bureaux de vote avaient leurs contrôleurs. Cette fois, les étudiants ont formé 20 000 contrôleurs électoraux pour 8 000 bureaux de vote, soit 2 à 3 contrôleurs par bureau. C'est l'un de leurs outils pour tenter de limiter la fraude.
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23/10/2026Élections législatives anticipées ce week-end en Serbie. Le régime du président Aleksandar Vucic, en place depuis 14 ans et réputé pour sa corruption et ses penchants autoritaires, fait face à une large contestation populaire. Menée depuis deux ans par les étudiants, ils présentent leur liste de 250 candidats inconnus du grand public, novices en politique, pour la plupart professeurs d'université ou fonctionnaires. Leur point commun étant la lutte contre la corruption et la restauration de l'état de droit. Cette liste étudiante bénéficie d'une campagne low cost mais très populaire et efficace, basée sur des tribunes dans toutes les communes, des plus grandes aux plus petites, de marches étudiantes à travers le pays, et d'un porte-à-porte dans tout le pays.
De notre correspondant à Belgrade,Brésil: dans le Minas Gerais, les bolsonaristes entre rejet du PT et défense des valeurs traditionnelles
23/10/2026Ce dimanche 25 octobre, les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle. Le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, affronte le président sortant Lula, qui brigue un quatrième mandat non consécutif. Après être arrivé en tête dans l’État clé du Minas Gerais au premier tour, Flavio Bolsonaro espère y confirmer son avance. En 2022, son père y avait pourtant été battu par Lula.
De notre envoyé spécial à Itabirito,
Ils sont venus en voiture, en camion, en pick-up et même à cheval. Cette semaine, les partisans de Flavio Bolsonaro se sont donné rendez-vous à Itabirito, une petite ville de tradition minière, à une heure de route de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais. Le rassemblement est organisé par le député local, le pasteur Anderson.
« La criminalité ici, dans le Minas Gerais, a augmenté. On a appris aujourd’hui que le chômage avait également augmenté, clame-t-il. Dans cette région, on vit de l’exploitation minière, mais même les compagnies minières commencent à montrer des signes de faiblesse. Alors, nous sommes là, démocratiquement, pour envoyer un message. Nous croyons en un pays qui va se relever. »
Un pays qui, selon les bolsonaristes, a été détruit par des années de gouvernements corrompus du Parti des travailleurs, le PT. C’est l’un des principaux arguments de campagne de Flavio Bolsonaro, repris par ses sympathisants. Comme Walter, un entrepreneur local qui redoute une dérive socialiste de son pays. « Si on continue comme ça, on sera bientôt au niveau du Venezuela », alerte-t-il.
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« Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche »
En plus du rejet de Lula et du PT, c'est aussi la défense des valeurs traditionnelles qui mobilise les militants. Pour Giovani, c’est même la principale raison de voter Flavio Bolsonaro. « Depuis tout petit, notre mère nous a appris à aimer notre patrie, notre famille et les nôtres. Nous avons grandi avec ces valeurs, explique-t-il. Alors, nous devons voter pour un candidat qui se rapproche le plus de l’éducation que nous avons reçue. Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche. Ma mère est aujourd’hui au ciel, mais je suis sûr qu’elle est fière de moi. Parce que mes valeurs, elles ne sont pas négociables. »
Dans le centre-ville de Belo Horizonte, Luciana distribue des tracts pour Flavio Bolsonaro. Pour elle aussi cette élection est avant tout une question de valeurs. Elle est notamment opposée à la légalisation de l’avortement. « Moi, je pense que si une personne avorte clandestinement ou prend des médicaments pour avorter, c’est son problème, opine-t-elle. Mais le gouvernement n’a rien à faire là-dedans. Ce n’est pas un père ! »
À quelques mètres seulement du stand de Luciana, des militants de Lula font campagne pour le président sortant. Eux aussi dénoncent leur adversaire. Deux camps qui se font face, dans un pays profondément polarisé, où le dialogue semble devenu impossible.
À lire aussiPrésidentielle au Brésil: une campagne d'entre-deux-tours aux allures de guerre sur les réseaux sociaux- Les Américains voteront le 3 novembre pour les élections de mi-mandat, les « midterms ». Les démocrates espèrent obtenir le contrôle du Congrès pour contrer les politiques de Donald Trump. Mais l'un des enjeux pour ces élections est la mobilisation des jeunes électeurs. Le président états-unien avait cherché à gagner des voix dans cet électorat pour gagner la présidentielle, il y a deux ans. Les démocrates cherchent donc à galvaniser les jeunes.
De notre correspondant aux États-Unis,
Quand on prononce le mot « midterms » sur le campus de l'université de Géorgie à Athens, les étudiants pensent plutôt à leurs examens de midterm – les examens de mi-semestre – qu'aux élections de mi-mandat aux États-Unis. Pour remédier à ce manque d'intérêt, Jean Spence tient un stand pour inciter les jeunes à aller voter. La septuagénaire fait partie de l'organisation progressiste Indivisible. « Nous croyons que les étudiants pourraient faire la différence. Ils ont tendance à être plutôt progressistes, et je suis progressiste », explique-t-elle.
Les étudiants se promènent entre les bâtiments. Un peu plus loin, se trouve le stand du parti démocrate du campus. « Pour le dire simplement : quand les jeunes votent, les démocrates gagnent, affirme Martin Ames, un de ces jeunes militants démocrates. Les jeunes soutiennent très largement le programme des démocrates. Ils estiment que l'accès à l'assurance santé et au logement devrait être plus simple, que le salaire minimum devrait être augmenté et que nous ne devrions pas nous engager dans une guerre sans objectifs clairement définis. »
L'une des difficultés, explique Martin : faire comprendre à ses camarades l'importance de ces élections, lui qui veut limiter les politiques de Donald Trump. « Il est difficile de leur faire comprendre que ce qui se passe actuellement est sans précédent, parce qu'ils ont grandi avec Donald Trump. Alors, leur faire saisir le contexte historique et l'importance de ce qui se passe aujourd'hui demande beaucoup d'efforts », regrette-t-il.
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Il y a deux ans, Donald Trump a obtenu la majorité des voix des jeunes hommes. Un succès notamment grâce au poids des influenceurs de droite et d'extrême droite, qui vantent souvent un modèle social conservateur ou patriarcal. Mais les démocrates sont aussi sur les réseaux sociaux, explique Lydia O'Neil, responsable de la communication du parti sur le campus :
« Je pense que l'un des meilleurs moyens de contrer cette influence massive de la droite, qui est assez effrayante, notamment sur les réseaux sociaux, c'est que beaucoup de jeunes, et particulièrement de jeunes femmes, réalisent de plus en plus à quel point c'est effrayant, analyse-t-elle. C'est vraiment décourageant de voir des personnes de notre génération, notamment des jeunes hommes, tomber dans ce piège de la droite. »
Mais pour la présidente de la branche locale de l'association conservatrice Les jeunes Américains pour la liberté, si les jeunes sont de plus en plus conservateurs, c'est qu'ils font preuve de « bon sens » : « Ils estiment que nous n'avons pas besoin d'un État tentaculaire. Nous voulons des dépenses publiques raisonnables, une gestion responsable des finances publiques et un État dont le rôle est limité. Nous sommes aussi attachés aux valeurs familiales traditionnelles et à la foi. »
Pour les démocrates, comme les républicains, l'enjeu est surtout d'augmenter la participation des jeunes, dont le taux est plus faible que celui de leurs aînés.
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20/10/2026Après la victoire de l'extrême droite en Saxe-Anhalt aux élections régionales, la petite communauté juive de cette région de l'est de l'Allemagne navigue entre inquiétude et attentisme. Elle ne sait pas encore ce que le futur probable président de la région fera en matière de lutte contre l'antisémitisme et de travail de mémoire. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) a promis de réduire la place de la Seconde Guerre mondiale dans les cours d'histoire, et juge ce passé trop encombrant. Reportage à la synagogue de Magdebourg.
Un reportage à retrouver dans son intégralité dans Accents d'Europe.
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