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Thaïlande: les Lahu, une communauté vulnérable au trafic de drogue frontalier avec la Birmanie
02/09/2026Direction la Thaïlande, tout au nord du pays, à la rencontre d'un groupe ethnique qui vit dans les montagnes : les Lahu. Victime de plusieurs années de négligence de la part de l'État thaïlandais, c'est une communauté autochtone très pauvre et vulnérable, notamment face au trafic de drogue frontalier, devenu conséquent depuis le coup d'État de 2021 en Birmanie. Les premières victimes sont les jeunes de la communauté lahu. Beaucoup d'entre eux sont analphabètes et ne vont pas à l’école. Sans perspectives d'avenir, ils consomment et vendent de plus en plus de substances. Face à ce fléau, peu de choses sont mises en place par le gouvernement, mais une famille de la communauté a décidé de ne pas les laisser tomber et d'essayer de les faire sortir de cet engrenage.
De notre correspondante en Thaïlande,
À quelques mètres de la maison de Yupin, se dessine entre les arbres la chaîne de montagnes du Daen Lao, qui sépare la Thaïlande de la Birmanie. « En traversant les montagnes que vous voyez ici, de l'autre côté, c'est la Birmanie. Avant, les Lahu pouvaient faire des allers-retours entre les deux côtés », raconte Yupin.
Cette dernière fait partie de la communauté lahu. Elle habite avec son mari et ses deux enfants dans un petit village très pauvre, au nord du pays. Depuis près de 20 ans, elle se bat pour prendre soin des enfants et des adolescents de sa communauté. « Ici, les enfants lahu font face à beaucoup de problèmes, tous imbriqués les uns dans les autres », précise-t-elle.
En Thaïlande, de nombreux Lahu n'ont même pas la nationalité thaïlandaise. Dans les villages, les possibilités d'emploi sont rares et l'économie locale, l'agriculture, ne suffit pas à faire vivre les familles. « Cette pauvreté favorise le décrochage scolaire et les problèmes liés à la consommation de drogues, chez les jeunes comme chez les adultes », explique Yupin.
Le village de Yupin se trouve dans la célèbre région du « Triangle d'or », un lieu qui a été au cœur de la production mondiale d'opium dans les années 1960 et 1970. Après des années de campagnes anti-drogue en Thaïlande, la production et le trafic avaient ralenti. Mais le coup d'État militaire de 2021 en Birmanie leur a donné un nouvel élan.
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« Chaque année, la consommation de drogue chez les jeunes augmente un peu plus », déplore Yupin. Pour y faire face, elle et son mari leur offrent un refuge : chez eux. Un endroit où se réunir, où manger, où dormir, et surtout, où apprendre. « Les enfants voulaient avoir une salle de classe. Alors, ils se sont regroupés, sont allés chercher du bois dans la forêt, puis ils l'ont rapporté pour la construire eux-mêmes », ajoute-t-elle.
Cette salle de classe, c'est un préau en bambou. En dessous, il y a une petite bibliothèque remplie de livres et une grande table. Aujourd'hui, certains enfants du village sont venus manger. « Au menu : soupe Tom Yum », annonce Yupin. Parmi eux, il y a Siithikon, 19 ans. Il a commencé très tôt à « faire la mule », à transporter des comprimés d'amphétamine pour sa mère, puis à consommer lui-même de la drogue. « Quand j'en prenais, je ne pensais qu'à ça, à être ivre et défoncé », se souvient-il. Et puis, il y a aussi David, 17 ans. Lui a commencé par le cannabis, puis le kratom et la méthamphétamine. « Acheter de la drogue ici, c'est aussi simple qu'acheter des œufs dans une épicerie », lâche-t-il.
Depuis qu'ils sont pris en charge par Yupin et son mari, les deux garçons ont tout arrêté et sont en formation pour apprendre un métier. Mais il y a encore des dizaines d'autres enfants et de familles dans leur situation. Aujourd'hui, le couple dénonce un abandon de leur communauté par les pouvoirs publics : « Est-ce que le gouvernement, les agences publiques, les organisations viennent vraiment aider ces enfants ? La réponse est : non. La plupart du temps, ils viennent, ils parlent, ils demandent des informations, ils trouvent des excuses, puis ils disparaissent. »
Il y a un an, après des dizaines d'années de lutte, une loi historique pour la protection des communautés ethniques de Thaïlande a été adoptée dans le pays. Yupin et sa famille, eux, depuis leur village, n'en avaient même pas entendu parler.
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01/09/2026En Ukraine, le manque de main-d'œuvre pèse lourd sur l'économie. Avec l'émigration massive, la loi martiale et la mobilisation des hommes, plusieurs secteurs essentiels manquent de bras : les transports, la logistique, les mines ou encore le bâtiment, alors que se profile la reconstruction du pays après la guerre. Pour combler ces pénuries, ces secteurs s'organisent pour recruter de nouveaux profils : des femmes, mais aussi des vétérans. À Kiev, Lucas Lazo nous emmène à un stage de formation au permis poids lourd un peu particulier.
Le reportage de notre correspondant en Ukraine, Lucas Lazo est à retrouver dans son intégralité dans l'émission Accents d'Europe.
Pour aller plus loin :
L'association How she drives soutient les femmes conductrices de poids lourdsAllemagne: les milieux d'affaires et le parti d'extrême droite AfD en Saxe-Anhalt, entre soutien et hostilité
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De notre correspondant à Berlin,
« Je n’ai pas peur de l’AfD. On nous parle beaucoup d’un cordon sanitaire contre le parti. Ça ne sert à rien. Dans une démocratie, il faut accepter que la majorité de la population soutienne un parti », explique Mike Gärtner, PDG d’une petite entreprise métallurgique à Halle, en Saxe-Anhalt. Comme beaucoup, il ne fait pas dans l’alarmisme. Une discussion organisée par la chambre de commerce et d’industrie avec les têtes de liste des différents partis vient de s’achever. Les milieux d’affaires présents restent devant un micro, souvent prudents, et cherchent leurs mots. Contrairement à d’autres régions, peu de fédérations industrielles ont pris position contre l’AfD. La défiance à l’égard des responsables politiques est particulièrement importante parmi les PME et chez les artisans. L’AfD touche une corde sensible en dénonçant la bureaucratie et en prônant plus de liberté. Cet entrepreneur est séduit par l’AfD, synonyme pour lui d’un vent d’optimisme : « Il règne un optimisme, un espoir. Les gens veulent être écoutés, avoir le sentiment qu’ils jouent un rôle actif. »
D’autres entrepreneurs sont résolument hostiles à l’AfD. Stephan Korneck, dont la société travaille dans les énergies renouvelables, critique les conséquences de la politique anti-immigration de l’AfD alors que des secteurs comme la santé et d’autres déjà ne peuvent plus se passer de migrants dans une région qui a perdu un tiers de sa population depuis la réunification : « Nous avons besoin de ces talents, peu importe d’où ils viennent. Réduire l’immigration de la main-d'œuvre qualifiée sera très négatif pour la région. Se sentir bienvenu, c’est essentiel pour attirer ces personnes. »
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Le chancelier Friedrich Merz a également dénoncé dimanche soir à la télévision les conséquences négatives pour l’économie d’un succès de l’AfD : « Si l’AfD arrive au pouvoir en Saxe-Anhalt, cette région aura de graves problèmes. Je ne crois pas que des investisseurs internationaux débarquent pour poser la première pierre d’une usine et investir avec un président de région AfD ».
Hormis sa politique migratoire restrictive, le parti d’extrême droite plaide dans son programme en faveur de mesures pour les familles et la natalité. Les PME et les artisans sont favorisés, les multinationales rejetées. L’institut Leibniz pour la recherche économique de Halle a passé le programme au crible et table prudemment sur des dépenses supplémentaires de deux milliards d’euros pour un budget de 15 milliards. Le directeur de l’institut Reint Gropp précise : « L’AfD a elle-même reconnu que ses objectifs ne sont pas réalistes et nous explique qu’il s’agit d’un objectif à long terme. Ce programme est purement électoraliste pour satisfaire une clientèle qui rêve d’un nouveau monde. Et comme ces mesures ne sont pas réalistes, elles ne sont pas très dangereuses. »
Dans son programme pour les 100 premiers jours, l’AfD a mis de l’eau dans sa bière. Le parti ne prévoit en cas de victoire que des mesures symboliques peu coûteuses.
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Un reportage de notre envoyée spéciale à Sodertalje à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
À écouter aussi dans Accents d'EuropeEn Suède, des bunkers pour se protéger en cas de guerre - À Bangkok, les autorités souhaitent mieux encadrer les vendeurs de rue. Depuis 2022, leur nombre aurait chuté de plus de 60 % dans la capitale thaïlandaise. L’administration métropolitaine met en avant l’ordre et l’hygiène. Mais pour de nombreux vendeurs, cette réorganisation, disent-ils, risque de les couper de leurs clients, et parfois de leur seul moyen de subsistance.
De notre correspondant à Bangkok,
Mangue, fruit du dragon, goyave et noix de coco : derrière son petit chariot, Samrong, 61 ans, vend des fruits coupés dans une ruelle de Silom, un quartier animé de Bangkok. Quand elle est arrivée, le bâtiment derrière elle n’existait pas encore. « Ça fait plus de 30 ans que je suis installée ici, depuis que ce centre commercial a commencé à être construit », explique-t-elle. Les vendeurs de rue sont de plus en plus poussés vers la sortie. Depuis 2022, leur nombre aurait chuté de plus de 60 %, soit environ 10 000 en moins, selon l’administration métropolitaine. La mairie dit vouloir rendre les trottoirs aux piétons et améliorer l’hygiène. « À l’avenir, il n’y aura sans doute presque plus de vendeurs sur les trottoirs », déplore Samrong.
Dans les zones non autorisées, l’amende peut monter jusqu’à 2 000 bahts, un peu plus de 50 euros. Non loin d’ici, un vendeur réputé de saucisses frites d’Isan, le Nord-Est thaïlandais, a fini par accepter de quitter le trottoir après plusieurs verbalisations. Samrong, elle, se demande quand son tour viendra : « Oui, je suis inquiète. Ça fait longtemps que je vends ici. Mais si ce jour arrive vraiment, il faudra bien rendre l’espace. » Si elle doit partir, elle rentrera dans sa province natale, à Buriram.
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Bangkok teste un nouveau modèle
Ce que Samrong redoute est déjà arrivé à d’autres. Dans le même quartier, Yui et Ning, une mère et sa fille, ont vu de nombreux stands voisins disparaître. « Avant, il y avait bien plus de vendeurs. Beaucoup sont rentrés en province », regrette Yui. Leur stand familial vend des plats simples : riz, omelettes, boulettes de viande… de quoi nourrir les employés du quartier. Mais elles aussi craignent de devoir partir. « Si on doit aller dans un espace organisé par la mairie, il faudra louer un emplacement. Donc on devra payer plus, alors qu’en ce moment, l’économie est mauvaise », poursuit Yui. Leur crainte : perdre leur coin de trottoir dans cette zone de bureaux, et, avec lui, leurs habitués. « Si on doit partir ailleurs, on ne sait pas si on pourra vendre autant qu’avant », s'inquiète Ning.
Près du parc Lumphini, à quelques centaines de mètres, Bangkok teste son nouveau modèle : un centre couvert, avec stands alignés, zones de lavage et horaires encadrés. Ae fait griller des brochettes de porc. Elle, de son côté, y voit une amélioration. « Avant, sur les trottoirs, ce n’était pas très organisé. Cela pouvait donner l’impression d’être un peu sale. Maintenant, c’est plus joli, ça donne envie de venir goûter », juge-t-elle.
Sous le toit du centre, les allées sont dégagées. Bangkok veut mettre sa street-food au propre. Mais pour certains vendeurs, ce désordre faisait aussi son charme : une cuisine populaire, abordable, et indissociable de la culture du royaume.
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