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  • Ana Silva, artiste angolaise, brode les fragilités du monde avec les rebuts

    08/08/2026
    Entre le Portugal et l’Angola, Ana Silva invente un langage où se croisent peinture, sculpture, installation et broderie. Nourrie par ses allers-retours entre l’Afrique et l’Europe, elle transforme textiles usagés et sacs plastiques en œuvres poétiques qui dénoncent la pollution textile et interrogent nos modes de vie. Elle place la broderie au cœur d’un récit puissant sur la mémoire, l’identité et la voix des femmes africaines, faisant de chaque pièce un geste d’engagement et d’espoir.
    Je ne me vois pas faire autre chose. C’est vraiment une passion. 
    Pour cette artiste angolaise, la création n’est ni un métier ni un choix rationnel, mais une nécessité vitale. Longtemps installée au Portugal, elle revient en Angola après une maternité « très, très compliquée » et une période de perte de repères : « Entre la naissance de ma fille et mon travail, j’étais complètement perdue. Je ne savais pas qui j’étais comme artiste. » 
    C’est en arpentant les marchés africains qu’elle retrouve son chemin. Les étals de fripes, les couleurs, mais aussi la violence sociale et écologique des vêtements usés envoyés par l’Occident deviennent le point de départ d’une œuvre engagée. « La majorité de ces habits qu’on vend en Afrique, c’est la poubelle », constate-t-elle, dénonçant une pollution textile qui touche « la mer, le sol », mais aussi l’économie locale, empêchée de développer sa propre industrie. 
    Transformer les déchets textiles en art
    Face à ces montagnes de tissus inutilisés, l’artiste décide de « récupérer des pièces pour créer des œuvres ». Nappes, petits objets de cuisine, tissus improbables : tout ce qui n’a plus de valeur marchande devient matière première artistique. Ses installations monumentales, conçues à partir de ces rebuts, renvoient en Europe une image forte des circuits de consommation et de leurs conséquences en Afrique. 
    Très tôt fascinée par le textile, elle commence à travailler des sacs plastiques tissés, colorés, omniprésents sur les marchés. La peinture n’adhérant pas sur cette matière, elle invente un langage textile : « J’ai décidé de broder, d’abord dessiner avec la machine et broder dessus. » Sa première pièce brodée date de 2021, réalisée à partir de ces sacs « en plastique tissé ». 
    La broderie, elle l’a d’abord apprise avec sa grand-mère, dans une tradition plutôt d’influence portugaise, faite de dentelle et de crochet. Mais son geste s’affirme surtout à la machine, une technique majoritairement masculine en Afrique : « Ce sont surtout les hommes qui travaillent avec la machine, ils font des boubous. Ce n’était pas normal pour eux que je travaille avec cette machine. » Aujourd’hui, elle collabore avec plusieurs brodeurs, venus « en majorité du Congo », qui lui ont « appris énormément ». 
    Une voix de femme africaine entre société et poésie 
    Si son travail part de l’intime, il est profondément social : « C’est ma vie, c’est moi et mes émotions que je passe à travers mon travail », dit-elle, tout en racontant « des situations qui sont choquantes » autour d’elle. Ses œuvres naissent de photos prises au téléphone dans les marchés, les rues, les scènes ordinaires : « Toutes mes œuvres, c’est des photos que je fais. (…) Après, je raconte une histoire. » Elle imprime, peint, coud, brode, et laisse volontairement du vide dans ses grands formats pour offrir « de la respiration » au regard.
    Son engagement est aussi féministe. Elle insiste sur la fragilité de la place des femmes en Angola : « La femme est mise dans une position qui n'est pas importante. (…) C’est un élément très fragile dans la société. » Pourtant, ce sont elles qui « tiennent la famille et les enfants ». En tant que femme africaine artiste, elle revendique une position de modèle : « C’est très important comme femme africaine d’être là où je suis maintenant, surtout dans une position où je peux montrer qu’on est capables de le faire. » 
    Reconnu d’abord à l’étranger, son travail commence seulement à être compris dans son propre pays : « En Angola, ils ne comprennent pas trop mon travail. Quand tu sors de la peinture classique, les gens ont du mal. » Entre Lisbonne et l’Angola, entre marchés populaires et galeries parisiennes ou brésiliennes, elle continue de vivre, selon ses mots, « dans une boule créative en permanence », créant « pour moi surtout », mais aussi « pour envoyer un message » : un message de beauté, de vigilance et de solidarité envers celles et ceux que la société ne voit pas.
    À lire aussiComment le soulier devient un bijou de résilience par Abdel Louaguef d'Adiviar
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  • Comment Alexandre Helwani recrée les odeurs du passé par 100% Création-le Mag

    02/08/2026
    Un voyage au cœur de la mémoire olfactive, c’est ce que nous propose Alexandre Helwani, un spécialiste de l’histoire du parfum qui ressuscite les odeurs du passé et les réinvente.
    Né à Orléans, le Franco-Syrien Alexandre Helwani a grandi entre la France et Dubaï. Après des études de théâtre, un passage à La Sorbonne et un apprentissage auprès de parfumeurs orientaux, il approfondit son intérêt pour les fragrances lors de nombreux voyages à l’étranger, ainsi qu’à travers ses rencontres avec des artisans.
    Mieux qu’une image ou un son, l’odeur peut nous donner accès au passé. Il se met, alors, au défi de retrouver des recettes anciennes, souvent oubliées ou méconnues, ayant traversé les siècles.
    Sur les traces d’Ulysse
    Avec patience et rigueur, Alexandre Helwani va explorer traités, livres anciens, manuscrits et archives pour identifier à quoi ressemblaient les odeurs de nos ancêtres. Il est aujourd’hui en mesure de ressusciter des odeurs historiques comme le parfum de l’Odyssée ou celui du Cantique des Cantiques.
    «Un groupe d’artistes a refait le voyage d'Ulysse, le héros de l'Odyssée d'Homère. Sur chaque lieu, ils ont récolté les graines des plantes qui sont mentionnées dans l'Odyssée », explique Alexandre Helwani. « Ils sont venus me voir et m’ont demandé de faire un bouquet de senteurs avec les 44 plantes de l'Odyssée. »
    Un lien entre passé et présent
    Il a, ensuite, élaboré un nouveau parfum à partir des 22 plantes du jardin des Cantiques des Cantiques. Ce poème nuptial de la Bible datant de 3 000 ans, et attribué au roi Salomon qui fait dialoguer deux fiancés, dans un jardin de fleurs et de fruits.
    Pour Alexandre Helwani, reconstituer ces odeurs du passé s’inscrit dans une démarche artistique et spirituelle : Et d’expliquer : « Le parfum est une porte vers l’invisible, un langage symbolique capable de transmettre des émotions, voire une expérience sensorielle reliant passé et présent ».
  • Comment le soulier devient un bijou de résilience par Abdel Louaguef d'Adiviar

    01/08/2026
    Aujourd’hui, résilience, passion et créativité avec Abdel Louaguef, fondateur de la maison Adiviar, une marque de souliers ornés d'or pur 24 carats, fabriqués artisanalement en Italie et inspirés par l'élégance française. Abdel Louaguef est un créateur de souliers qui rend hommage à la force de sa mère face à la maladie et à toutes les femmes qui ont traversé les mêmes épreuves de vie. Il sait transformer les blessures en souliers bijoux disponibles exclusivement à Paris.
     
    Vous savez, quand on aime quelque chose, on l’aime toute sa vie. Une passion, on ne peut pas la choisir. 
    Pour Abdel Louaguef, créateur de la maison Adiviar, cette passion est née loin des écoles de mode et au cœur des grands magasins parisiens. Sans moyens pour intégrer une grande école, il se forme sur le terrain : hôtellerie, restauration, puis conseil de vente. À 21 ans, il entre comme intérimaire aux Galeries Lafayette Haussmann et découvre l’univers du luxe.
    « Quand on rentre dans un grand magasin, on est submergé par l’histoire du monument, par les clients internationaux, par les maisons de haute couture. »
    Chez Versace Couture, puis Dolce & Gabbana, il apprend les codes de la mode et affine son regard. Huit années chez Christian Dior, comme ambassadeur du soulier, forgent définitivement son goût du détail et du service sur mesure : « Le soulier, c’est un bijou. C’est un accessoire qui accompagne la femme. »
    Une marque née d’un combat : rendre hommage à sa mère
    Derrière Adiviar, il y a une histoire profondément intime. Abdel Louaguef crée sa maison pour honorer sa mère, qui a traversé l’abandon, le divorce, la maladie et un cancer du sein particulièrement violent.
    « C’est là que je me suis rendu compte, beaucoup plus rapidement que prévu, que rien n’est acquis dans la vie. »
    Il vit les allers-retours à l’hôpital Tenon, arrête de travailler, puis se reconstruit après son décès. Les mots de sa mère deviennent son moteur : « Tu vas continuer, tu vas te battre. Ce n’est que le début. »
    Adiviar porte ce combat : « La création d’Adiviar, c’est vraiment pour toutes ces femmes qui ont la même histoire, qui traversent la même histoire, qui ont une histoire personnelle aussi. » Ses souliers‑bijoux sont pensés pour la résilience des femmes : « Je fais des souliers pour que les femmes se réapproprient leur histoire et soient fières de leur combat. »
    De l’or des monuments parisiens aux pieds des femmes
    Chaque modèle puise dans l’imaginaire parisien. L’or des monuments, Opéra, pont Alexandre III, Bastille, devient une matière à porter.
    « Je me suis dit : tu as toujours eu un rêve de faire porter de l’or aux pieds de ta maman pour tout ce qu’elle a subi. L’or, c’est un héritage qui se transmet. »
    Abdel Louaguef élève le soulier au rang de joaillerie grâce à un travail artisanal : feuilles d’or 24 carats posées à la main, comme sur les monuments, pour laisser apparaître les imperfections de la matière. Il associe cuir de veau grainé, dentelle de Calais, « une seconde peau, de la sensualité », et des symboles forts comme la fleur de lys ou la pièce de Napoléon.
    Les couleurs portent, elles aussi, un sens : « Le noir avec la dentelle pour faire ressortir la peau de la femme, la sensualité, l’élégance ; le doré, le champagne pour la douceur ; le vert, la couleur de la renaissance. »
    Une exclusivité responsable
    La production se fait en Italie, « berceau du soulier », dans une manufacture familiale, en petites séries et sur mesure du 35 au 42, pour toucher le plus de femmes possible tout en préservant l’exclusivité.
    « Ce que je voulais, c’est créer de l’intemporalité, des pièces que l’on peut garder, préserver et porter à nouveau. »
    L’engagement est aussi écologique : packaging italien 100 % écologique, process contrôlés dans l’Union européenne et une attention portée aux matières nobles.
     
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  • La mode et les voyages inspirés de Léna Torino chez Fragonard [4/4]

    25/07/2026
    Notre série estivale consacrée à la maison Fragonard, qui fête ses 100 ans, prend fin avec Léna Torino, responsable du pôle mode. Si la maison est célèbre pour ses parfums, elle rayonne aussi dans la mode et la décoration intérieure. Créative et engagée, Léna Torino raconte sa vision du prêt-à-porter et ses voyages à la recherche d'artisans, de motifs et d'inspirations. 
    Née à Grasse et élevée à Vence, dans le sud de la France, Léna Torino grandit dans l'ombre parfumée de Fragonard. Grâce à Hélène Costa, tante de son père, elle découvre très tôt l'artisanat de la maison : « Fragonard, je l'ai découvert à travers ses yeux. » Entre savons, bijoux et sa première blouse indienne en broderie chicane, l'univers de la marque s'installe durablement dans son imaginaire d'enfant.
    Un séjour à Paris chez Agnès Webster, à 14 ans, marque un tournant. La capitale est « une vraie révélation, un vrai coup de cœur » et la complicité avec Agnès est immédiate : « Déjà, à ce moment-là, toutes les deux, on a compris qu'on s'entendait bien. »
    Le véritable basculement vers Fragonard survient lors de son année de césure, dans les bureaux de création à Paris, aux côtés d'Agnès et du directeur artistique Jean Huègues, à la tête de la création de Fragonard. C'est à ce moment-là qu'elle réalise « qu'on avait une alchimie incroyable tous les trois », raconte-t-elle.
    Le trio fonctionne immédiatement : « Mon œil se portait sur les mêmes choses, je prenais énormément de plaisir à graviter autour des deux et à les voir escalader tous les deux avec une idée qui naissait et une espèce d'effet ping-pong. »
    Malgré sa jeunesse, elle trouve naturellement sa place dans ces échanges créatifs : « Je n'avais aucun mal à prendre part à la conversation du haut de mes 20 ans... Je me sentais très à l'aise. » Elle parle d'une « évidence, un coup de cœur professionnel, c'est-à-dire du travail et des personnes ».
    Voyager, collecter, créer : un studio nourri par le monde 
    Aujourd'hui, Léna Torino pilote la création maison et prêt-à-porter autour de thèmes annuels, souvent inspirés d'un voyage : « En général, on se fixe des thèmes par an, un thème d'inspiration qui, en général, naît d'un voyage. » De ces périples naissent tableaux d'inspiration, collections et histoires visuelles.  
    Souvent, l'idée de départ vient d'Agnès : « Elle a un flair incroyable. Elle va nous parler de voyages qui, avant, n'intéressaient personne, de pays, de cultures diverses, et la plupart du temps, on est complètement conquis par son idée. » Une équipe de cinq graphistes-illustratrices travaille alors à partir de planches d'inspiration, dans une première phase de carte blanche : « Cela va être de la création pure, principalement à la main, des idées lancées sur le papier. »  
    L'Inde tient une place particulière : « On voyage en Inde deux fois par an, avec Agnès, à la recherche de nouvelles matières, de nouvelles techniques, de nouveaux terrains de jeu. » Elle y admire notamment « une technique indienne incroyable, on sait qu'il y a une patte particulière », et les sérigraphies à la main, où « une couleur va un petit peu déborder sur une autre ».  
    Tradition, fantaisie et transmission 
    Pour Léna Torino, la création est devenue centrale dans sa vie : « Maintenant, ça représente mon travail. J'ai l'impression de passer toutes mes journées à créer. » Hypersensible, très visuelle, tactile, elle dit que sa sensibilité « passe dans la création, les objets, les belles choses, les textures, les matières ».  
    Son travail s'inscrit dans une histoire forte : « La famille est inscrite dans l'ADN de l'entreprise. On est tous très émotifs comme on peut l'être dans une famille. » Elle veut contribuer à faire connaître Fragonard « sans la dénaturer, sans l'abîmer », persuadée que les valeurs patrimoniales, familiales et ancrées dans le sud de la France ont aujourd'hui « une carte à jouer ». « On est très libre dans notre création et à la sortie, ça se ressent », insiste-t-elle. Ce sont des produits quasiment uniques, avec du savoir-faire. Pour elle, Fragonard, c'est avant tout « de la fantaisie et du bonheur, une marque qui transmet des bonnes ondes ».  
    Entre voyages, artisanat, engagements caritatifs en Inde et attachement aux racines familiales, Léna Torino incarne ainsi une nouvelle génération Fragonard : libre, sensible, et résolument tournée vers une création toujours en mouvement.
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  • Fragonard, 100 ans de parfum: le regard d'Agnès Webster [3/4]

    18/07/2026
    100% Création poursuit sa série estivale avec la Maison Fragonard, qui fête son centenaire en 2026. Toujours familiale, la maison est aujourd'hui portée par la quatrième génération. Dans cet épisode, nous avons rendez-vous avec Agnès Webster, présidente de Fragonard. Elle fait dialoguer patrimoine et innovation et incarne une maison où modernité, passion et créativité se mêlent à chaque instant.
    Mon grand challenge est que cette marque ne ressemble à aucune autre. Faire de Fragonard une maison à part entière, habitée par une histoire familiale, portée par des équipes soudées, nourrie de collections culturelles et d'un féminisme assumé. Une maison de parfum qui devient art de vivre, création permanente et récit intime ouvert sur le monde. C'est mon moteur. 
    Présidente de la Maison Fragonard, Agnès Webster revendique une identité multiple, à la croisée de l'histoire familiale et de son rôle de dirigeante. Née à Cannes et bercée dès l'enfance par l'univers de Fragonard, elle ne se destinait pas à rejoindre l'entreprise familiale. Après des études de droit et de philosophie, elle débute sa carrière à Paris, dans une agence de publicité. C'est son père, troisième génération à la tête de la maison, qui vient la chercher : « Tu sais, tu travailles pour quelqu'un d'autre. Cette maison Fragonard, c'est quand même une affaire de famille. » Partie pour « un an à Grasse », elle y restera finalement... toute une vie professionnelle.
    De l'obligation familiale au moteur créatif d'une maison
    Longtemps, Agnès Webster se donne des « périodes de test » pour vérifier qu'elle est à sa place : « Je ne me sentais pas le courage d'abandonner une aussi belle entreprise alors qu'il y avait tellement de potentiel et de choses à faire. » Elle traverse des années d'apprentissage exigeantes dans un univers encore peu ouvert aux femmes. « C'était une époque où c'était moins facile pour une femme de faire sa place dans l'entreprise. Les hommes qui dirigeaient autour de mon père ne m'attendaient pas, voire n'avaient aucune envie de me voir arriver », confie-t-elle.
    Cette persévérance la conduit à construire, avec sa sœur Françoise, un modèle singulier. « Je me vis comme le chef d'orchestre », dit-elle. Son rôle : la création et la communication. « Fragonard est une marque que l'on a envie d'avoir chez nous, dans nos maisons, et qu'on l'ait dans toutes les pièces de la maison : dans la salle de bain avec la parfumerie, dans la cuisine avec les assiettes, dans le salon avec des coussins, sur le lit avec des oreillers, et ça a fini dans le placard avec des vêtements. Tout ça étant un style de vie, un art de vivre. »
    Création permanente et dialogue avec le patrimoine
    Chez Agnès Webster, la création est omniprésente : « Je dirais qu'elle est immense, parce que moi, je ne vis que pour cela. J'ai sans arrêt le cerveau qui réfléchit à ce dont j'ai envie de nouveau, de différent, de créatif. » Ses nuits écourtées deviennent un laboratoire d'idées : « La nuit, je pense beaucoup, je lis beaucoup, je scrolle... Je me raconte des histoires que j'écris de façon à revenir le lendemain matin sans les avoir oubliées. »
    Pour la parfumerie, tout commence par les mots : « Mes idées partent principalement des mots, donc des noms. C'est assez rarement une fragrance, c'est toujours une histoire. »
    La création chez Fragonard est indissociable du patrimoine : musées, collections de flacons, de tableaux, de costumes provençaux. « Cette création se nourrit des collections », résume-t-elle. Avec sa mère et ses sœurs, elle a bâti un ensemble culturel unique : « C'est cet équilibre entre collections que nous vendons et collections que nous montrons qui fait une vraie particularité de la maison Fragonard. »
    Une maison de parfum portée par les équipes
    Si Agnès Webster revendique une direction « au feeling », sans business plan, elle souligne que la force de Fragonard repose avant tout sur les personnes qui y travaillent : « Une entreprise familiale comme la nôtre se construit principalement sur des hommes et des femmes. Nous avons des équipes très soudées, très formidables et qui nous suivent, que ce soit dans les musées, dans les usines... Tous les gens qui travaillent chez Fragonard sont les maillons de cette histoire familiale. »
    Entre fidélité à la tradition, féminisme assumé, goût des voyages et passion pour la culture, Agnès Webster trace ainsi une ligne singulière, celle d'une maison de parfum qui est aussi une maison de création, profondément personnelle et résolument ouverte sur le monde.
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Sobre 100 % création
Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles. 
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Generated: 8/9/2026 - 1:32:38 AM