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  • Fragonard, 100 ans de parfum: le regard d'Agnès Webster [3/4]

    18/07/2026
    100% Création poursuit sa série estivale avec la Maison Fragonard, qui fête son centenaire en 2026. Toujours familiale, la maison est aujourd'hui portée par la quatrième génération. Dans cet épisode, nous avons rendez-vous avec Agnès Webster, présidente de Fragonard. Elle fait dialoguer patrimoine et innovation et incarne une maison où modernité, passion et créativité se mêlent à chaque instant.
    Mon grand challenge est que cette marque ne ressemble à aucune autre. Faire de Fragonard une maison à part entière, habitée par une histoire familiale, portée par des équipes soudées, nourrie de collections culturelles et d'un féminisme assumé. Une maison de parfum qui devient art de vivre, création permanente et récit intime ouvert sur le monde. C'est mon moteur. 
    Présidente de la Maison Fragonard, Agnès Webster revendique une identité multiple, à la croisée de l'histoire familiale et de son rôle de dirigeante. Née à Cannes et bercée dès l'enfance par l'univers de Fragonard, elle ne se destinait pas à rejoindre l'entreprise familiale. Après des études de droit et de philosophie, elle débute sa carrière à Paris, dans une agence de publicité. C'est son père, troisième génération à la tête de la maison, qui vient la chercher : « Tu sais, tu travailles pour quelqu'un d'autre. Cette maison Fragonard, c'est quand même une affaire de famille. » Partie pour « un an à Grasse », elle y restera finalement... toute une vie professionnelle.
    De l'obligation familiale au moteur créatif d'une maison
    Longtemps, Agnès Webster se donne des « périodes de test » pour vérifier qu'elle est à sa place : « Je ne me sentais pas le courage d'abandonner une aussi belle entreprise alors qu'il y avait tellement de potentiel et de choses à faire. » Elle traverse des années d'apprentissage exigeantes dans un univers encore peu ouvert aux femmes. « C'était une époque où c'était moins facile pour une femme de faire sa place dans l'entreprise. Les hommes qui dirigeaient autour de mon père ne m'attendaient pas, voire n'avaient aucune envie de me voir arriver », confie-t-elle.
    Cette persévérance la conduit à construire, avec sa sœur Françoise, un modèle singulier. « Je me vis comme le chef d'orchestre », dit-elle. Son rôle : la création et la communication. « Fragonard est une marque que l'on a envie d'avoir chez nous, dans nos maisons, et qu'on l'ait dans toutes les pièces de la maison : dans la salle de bain avec la parfumerie, dans la cuisine avec les assiettes, dans le salon avec des coussins, sur le lit avec des oreillers, et ça a fini dans le placard avec des vêtements. Tout ça étant un style de vie, un art de vivre. »
    Création permanente et dialogue avec le patrimoine
    Chez Agnès Webster, la création est omniprésente : « Je dirais qu'elle est immense, parce que moi, je ne vis que pour cela. J'ai sans arrêt le cerveau qui réfléchit à ce dont j'ai envie de nouveau, de différent, de créatif. » Ses nuits écourtées deviennent un laboratoire d'idées : « La nuit, je pense beaucoup, je lis beaucoup, je scrolle... Je me raconte des histoires que j'écris de façon à revenir le lendemain matin sans les avoir oubliées. »
    Pour la parfumerie, tout commence par les mots : « Mes idées partent principalement des mots, donc des noms. C'est assez rarement une fragrance, c'est toujours une histoire. »
    La création chez Fragonard est indissociable du patrimoine : musées, collections de flacons, de tableaux, de costumes provençaux. « Cette création se nourrit des collections », résume-t-elle. Avec sa mère et ses sœurs, elle a bâti un ensemble culturel unique : « C'est cet équilibre entre collections que nous vendons et collections que nous montrons qui fait une vraie particularité de la maison Fragonard. »
    Une maison de parfum portée par les équipes
    Si Agnès Webster revendique une direction « au feeling », sans business plan, elle souligne que la force de Fragonard repose avant tout sur les personnes qui y travaillent : « Une entreprise familiale comme la nôtre se construit principalement sur des hommes et des femmes. Nous avons des équipes très soudées, très formidables et qui nous suivent, que ce soit dans les musées, dans les usines... Tous les gens qui travaillent chez Fragonard sont les maillons de cette histoire familiale. »
    Entre fidélité à la tradition, féminisme assumé, goût des voyages et passion pour la culture, Agnès Webster trace ainsi une ligne singulière, celle d'une maison de parfum qui est aussi une maison de création, profondément personnelle et résolument ouverte sur le monde.
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  • Fragonard, de la matière première au parfum avec Céline Principiano [2/4]

    11/07/2026
    Notre série estivale consacrée à la maison Fragonard se poursuit avec Céline Principiano. Dans cet épisode, elle nous ouvre les portes de l’usine de Grasse, où elle pilote un service clé, de l’achat des matières premières à la livraison en boutique. Son rôle, à la fois stratégique et opérationnel, repose sur l’écoute et l’accompagnement de ses équipes. Attachée aux valeurs familiales, elle fait vivre un héritage où se mêlent créativité et innovation.
    Céline Principiano est une enfant de la région. « Je suis née à Cannes, j’ai grandi à Cannes, j’ai étudié à Cannes et mes études supérieures ont été faites à Nice », explique-t-elle. Scientifique de formation, elle suit une classe préparatoire vétérinaire, puis se spécialise en pharmacologie et biochimie. « Je m’orientais vers les affaires réglementaires dans le domaine des médicaments », notamment sur les autorisations de mise sur le marché.
    Son arrivée chez Fragonard, en 2006, relève du hasard. Elle y rejoint d’abord le pôle réglementaire. Vingt ans plus tard, cette « belle maison » est devenue son terrain de jeu professionnel. Depuis huit ans, elle dirige un service clé, les achats, la production, la logistique et la qualité réglementaire.
    « Je gère l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de l’achat des matières premières aux articles de conditionnement… Et une fois qu’on a produit, on met dans le service logistique qui va envoyer à tous nos points de vente les articles que nous aurions produits dans nos unités. »
    Grasse, de la plante à l’émotion
    Attachée à son territoire, Céline Principiano voit dans Grasse un atout unique : « Nous avons à la fois des matières premières puisqu’il y a des cultures de plantes à parfum pour faire des huiles essentielles, des absolus, toutes ces matières premières merveilleuses. » Le rôle de Fragonard est alors d’assembler : « Nous, on est juste le chef d’orchestre… Notre travail, c’est de faire en sorte qu’on va transformer une matière en une émotion. »
    Pour le centenaire de la maison, ce lien entre terroir et création s’incarne dans le parfum L’Air de Grasse, bouquet de fleurs emblématiques, créé pour les 100 ans de Fragonard avec la rose centifolia des jardins de la maison : « Ça a été vraiment de la plante au parfum et on a trouvé ça exceptionnel de pouvoir le faire. On a tenu à utiliser la rose de mai, la rose centifolia, la rose qui pousse à Grasse. » Elle raconte une expérience marquante : « Une partie des salariés est allée cueillir la rose, puis on l’a amenée chez le transformateur et on a vu cette matière se transformer pour revenir en quelques gouttes… un petit flacon d’absolu, avec cet élixir merveilleux. C’est juste incroyable que ces quelques gouttes apportent un tel parfum. »
    Valeurs familiales, écoresponsabilité et transmission
    Céline Principiano revendique son attachement à Fragonard : « C’est une très belle maison, une maison très traditionnelle, très familiale, qui est pleine de valeurs. » Elle souligne la dynamique quotidienne : « Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas, on a toujours des challenges, de très jolis projets, des créations qui sont tellement belles qu’on a envie de les accompagner. » Son parcours illustre la promotion interne chère à la maison : « En grandissant avec la maison, j’ai pu apprendre aux côtés et grandir en même temps que la maison. » Chez Fragonard, beaucoup de salariés ont « 20 ans, 30 ans, 40 ans de boîte, signe d’une maison sereine ».
    Sur le plan écoresponsable, elle rappelle que les bidons recharge existent « depuis pratiquement le début de la maison Fragonard », bien avant que la pratique ne devienne tendance : « Ça a un avantage écologique et économique. » Elle mentionne aussi les panneaux solaires – « la moitié de notre électricité est produite via les panneaux solaires » –, le verre avec une partie de matière recyclée, les étuis en papier FSC, et surtout la production à flux tendu.  « On ne commande pas pour commander, on commande parce qu’on en a le besoin… on ne produit que notre besoin. »
    Céline Principiano reconnaît que travailler dans un univers qui crée lui est devenu indispensable : « J’aime que ça bouge. Ce serait difficile pour moi de ne pas travailler dans un univers qui crée. »
    À lire aussiFragonard: une maison familiale et un siècle de parfums à Grasse [1/4]
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  • Fragonard: une maison familiale et un siècle de parfums à Grasse [1/4]

    04/07/2026
    En 2026, la maison Fragonard célèbre son centenaire. Elle est aujourd’hui dirigée par la quatrième génération, Anne, Agnès et Françoise Costa. Fidèles à l’esprit de ses fondateurs, elles innovent pour préserver leur patrimoine. Accompagnées d’Éric Fabre, responsable du développement et de la culture des plantes à parfum, nous vous invitons à un voyage olfactif et patrimonial au cœur de cette entreprise emblématique de Grasse, capitale mondiale du parfum.
     
    « On est évidemment très fier d'être une entreprise familiale appartenant à la même famille à 100 % »
    souligne Éric Fabre, responsable du développement et de la culture des plantes à parfum.
    Sous l’impulsion de ses dirigeantes, Fragonard a changé de dimension. « La grande chance de ces 20 dernières années, c'est que Fragonard a été dirigé par des femmes (…) qui nous ont fait passer de la fabrique de parfums à une marque de parfum, et on ne peut que les féliciter », poursuit‑il. La cinquième génération, qui se prépare à prendre le relais, aura à cœur de continuer cette métamorphose tout en préservant l’âme familiale de la maison.
    Éric Fabre, du rêve d’agriculture au parfum
    Né à Marseille, Éric Fabre suit des études en sciences économiques à Aix‑en‑Provence. Il se voit alors agriculteur ou diplomate, mais trouve finalement sa voie chez Fragonard, où il s’investit dans le développement de l’entreprise. Il épouse Françoise Costa, l’une des trois héritières de la maison, et conjugue compétences en sciences économiques avec « passion pour la nature et le savoir‑faire artisanal ».
    Loin de se définir comme un créatif, il affirme pourtant : « Je n'ai pas le sens de la création artistique. En revanche, j'adore faire des choses nouvelles. Et vraiment, l'agriculture et les choses de la terre me plaisent énormément parce que c'est l'essence même de la vie. » Pour lui, partager ces habitudes et savoir‑faire avec le plus grand nombre est « une manière de faire découvrir le parfum dans sa totalité ».
    Faire renaître les plantes à parfum à Grasse
    Pendant le Covid, poussé par le temps libre et par l’inscription des savoir‑faire liés au parfum au patrimoine immatériel de l’Unesco, Éric Fabre relance un vieux projet : cultiver des plantes à parfum sur une propriété familiale. « Pendant le Covid, comme je m'ennuyais un peu, j'ai décidé de me lancer dans la production de plantes à parfum, qui est un métier qui se perd parce que l'agriculture, c'est un métier compliqué. »
    Accompagné d’un agriculteur de Montauroux, issu d’une lignée de planteurs, il plante sur un hectare les trois fleurs emblématiques de Grasse : la rose centifolia, le jasmin grandiflorum et la tubéreuse. « On a planté ici un petit hectare de plantes à parfum, c'est magnifique. » Au‑delà des fleurs, il veut recréer des gestes ancestraux comme la greffe : « Ce sont des choses pas très compliquées, mais des gestes qui se transmettent par l'artisanat, ça ne s'apprend pas à l'école, ça s'apprend sur le terrain. »
    Ce travail demande du temps et de la patience : « Dans l'agriculture, il faut savoir attendre. Tu ne peux pas aller plus vite que la nature. Tu attends un an, tu attends deux ans, tu attends trois ans. » Après plusieurs récoltes modestes, les roses sont traitées chez Robertet et Fragonard récupère un absolu désormais présent dans certaines compositions maison. Son ambition : « Tout refaire sur place à Grasse, comme ça pouvait l'être au XIXᵉ siècle. »
    L’émotion du parfum et un territoire uni
    Pour Éric Fabre, l’essence du parfum reste profondément humaine. « Le monde du parfum, c'est un monde merveilleux qui fait rêver le monde entier. Pourquoi ? Parce que c'est l'émotion. On transmet une émotion incroyable qui ne peut pas passer par internet, qui force le contact humain et qui permet de renforcer les liens. » Dans un marché devenu grand public, il insiste sur « la qualité et l'authenticité du produit » et sur « l'histoire qu'on raconte autour du produit », au cœur de la démarche de Fragonard.
    Son engagement dépasse l’entreprise. Membre actif du Club des entrepreneurs de Grasse, il participe à la création de la marque collective Grasse Expertise pour faire connaître à l’étranger la richesse du territoire et soutenir les petites structures. « On a un métier, un terroir et des collaborateurs qui adorent ce métier-là. Quand on est unis, on est plus forts. »
    Ainsi, entre champs de roses, ateliers de parfums et initiatives collectives, Éric Fabre contribue à faire de Fragonard bien plus qu’une marque : un écosystème vivant, où se mêlent transmission, terroir et émotion.
    À lire aussiGrasse, capitale du parfum: au cœur de la rose centifolia avec Pierre Chiarla
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  • La joaillerie spirituelle de Surya Mathew, héritier des maîtres indiens

    27/06/2026
    Entre Paris et le sud de l'Inde, Surya Matthew, maître joaillier et lauréat des Talents du luxe et de la création 2026, transforme l’or et les pierres rares en talismans contemporains. Héritier de techniques ancestrales et habité par une vision profondément spirituelle du bijou, le jeune de 26 ans défend un art sacré, entièrement façonné à la main. 
    « On apprend constamment et on redécouvre chaque jour ce qu’est notre métier », confie Surya Mathew. Un enseignement transmis par son maître en Inde : « À partir du premier jour où tu vas commencer dans ce métier, tu apprendras jusqu’à ta mort. Et une vie ne suffit pas pour apprendre ce qu’on fait ». Pour lui, la joaillerie est avant tout un métier d’émotions, de transmission et de respect du savoir-faire ancestral.
    Né à Bordeaux, ayant grandi entre la France et le sud de l'Inde, il porte en lui cette double culture qui imprègne sa création. Dans l’atelier de sa mère, dédié au textile et à l’entraide des femmes en difficulté, il découvre très tôt la couture, le dessin, la couleur. Il parle avec gratitude de cette enfance créative : « J’adorais composer, créer avec la couleur et les textures ».
    Une initiation sacrée, de l’enfance à la lignée
    À 9 ans, Surya se passionne déjà pour le métal et les pierres. À dix ans, il rencontre son premier maître, Nadesan, qui lui ouvre les portes d’un univers sacré. « La joaillerie est un métier sacré en Inde, ce n’est pas seulement un métier matériel », explique-t-il. L’apprentissage y commence très tôt : « Il faut faire travailler nos mains le plus tôt possible ».
    À 13 ans, une nouvelle rencontre change sa vie : un second maître, Dhanapalan, dont le nom signifie « gardien du trésor », sans successeur. Contre les usages, ce dernier accepte de le faire entrer dans sa lignée, normalement réservée au même sang et à la caste des brahmanes (regroupant, selon la tradition hindoue, les prêtres, les sacrificateurs, les professeurs, les intellectuels et les législateurs - NDLR). Après consultation du calendrier astrologique, il le choisit comme héritier de ces techniques anciennes. Surya Mathew mesure l’enjeu : faire perdurer ces savoirs menacés de disparition.
    À 17 ans, il quitte l’Inde pour Paris. Il se forme à la Haute École de Joaillerie, puis au sein des maisons prestigieuses de la place Vendôme. Il veut : « créer un pont entre l’Inde et la France », remettre au travail des joailliers indiens fragilisés par l’industrialisation et redonner envie aux jeunes générations de s’orienter vers les métiers d’art.
    Des talismans de lumière, façonnés sur mesure
    Dans son atelier parisien, Surya Mathew travaille tous types de métaux, mais l’or jaune s’impose comme sa signature. « On utilise beaucoup d'or jaune parce que ça symbolise la lumière et que c’est un métal très réconfortant pour les personnes qui portent des talismans ou des choses très importantes », dit-il. Cet or « éclaire, illumine », et apporte « cette chaleur dans quelque chose de précieux ».
    Les pierres, soigneusement choisies, viennent du monde entier : tourmalines, saphirs, diamants de couleur. Leur rareté et leurs dégradés permettent de créer des pièces uniques, reflets de la personne qui les portera. Car tout commence par une rencontre : « Je fonctionne beaucoup par vision. C’est quand je vois la personne que je vais ressentir ce qu’elle va devoir porter ». En écoutant son histoire, le dessin se compose mentalement, avant de se poser sur le papier.
    Pour Surya Mathew, un bijou est bien plus qu’un bel objet : « C’est un bijou qui doit permettre d’être une boussole. C’est un bijou qui doit aussi protéger la personne qui le porte ». Lors de successions familiales, il aime « garder une étincelle de vie de cette personne dans un bijou ». Rien que cela, dit-il, « c’est déjà un talisman ».
    Sauvegarder les gestes anciens, inventer des parures d’avenir
    À seulement 26 ans, Surya Mathew transmet déjà à son tour. Il enseigne à la Haute École de Joaillerie à Paris et forme de jeunes artisans d’art. En Inde, il mène des projets pour sauvegarder des techniques ancestrales menacées par les machines et le manque de commandes. Il récupère d’anciens moules gravés en négatif, autrefois utilisés pour les parures de Maharajahs, les restaure et les réutilise.
    Ces moules, en alliage d’or, d’argent et de cuivre, permettent d’obtenir une ciselure d’une extrême finesse. En les combinant à des approches européennes contemporaines, Surya Mathew imagine de nouvelles parures : « On reprend vraiment des symboles, des motifs très anciens, mais une fois composés dans un ensemble beaucoup plus moderne, ça apporte quelque chose de nouveau et d’assez original ».
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  • Sylvette Lepers ou l'audace qui fait dialoguer mode et création à La Redoute

    20/06/2026
    Sylvette Lepers, responsable partenariats créateurs et image à La Redoute, a un métier hors du commun, dans la mode : elle valorise la jeune création et accompagne de nombreux créateurs, qu'ils soient débutants ou établis. Co-commissaire de l'exposition La Redoute, un temps d'avance – Mode, Design, publicité au musée La Piscine à Roubaix, Sylvette Lepers nous raconte la success story de la Redoute et son aventure créative avec des collaborations au croisement de la mode et du design. 
    Responsable partenariats créateurs et image à La Redoute, Sylvette Lepers occupe un poste singulier dans l'univers de la mode. Entre détection de talents, collaborations avec des créateurs de renom et transmission auprès du grand public, elle incarne une vision exigeante et profondément humaine de la création. « On ne quitte jamais la création, ici ou ailleurs… La création est inscrite en moi », confie-t-elle.
    Née à Roubaix, Sylvette Lepers grandit dans un environnement où l'artisanat est omniprésent. Très tôt, sa mère lui transmet l'amour du travail manuel et du vêtement bien fait. Plus que la mode ou les tendances, c'est la qualité qui la marque : « Ce qui m'est resté, c'est la beauté d'un vêtement, plus que la mode ou les tendances. »
    Adolescente, elle accompagne sa mère dans les boutiques : celle-ci observe, s'inspire, puis crée ses propres pièces. Ce rapport au vêtement, comme objet de beauté et de savoir-faire, ne la quittera plus. « Cet amour de la création m'a été transmis par ma mère », raconte-t-elle.
    Curiosité insatiable et rencontres décisives
    Au cœur de son métier, une qualité s'impose : la curiosité. « J'aime être étonnée, affirme-t-elle. Quand je vois des jeunes qui viennent d'univers différents, qui abordent les choses différemment, je suis toujours étonnée. Je pense que quand on n'est plus étonné, c'est une forme d'être blasé. Et ça, il faut bien s'en garder. »
    Pour nourrir cette curiosité, elle lit, visite des expositions, assiste à des défilés, siège dans des jurys d'écoles de mode, fréquente les fédérations de la haute couture et du prêt-à-porter. De ces rencontres naissent des collaborations avec des créateurs débutants ou confirmés, dans un esprit de sincérité partagée. « Les choses qui sont faites avec sincérité de part et d'autre, ce sont les choses les plus réussies », insiste-t-elle.
    Des collaborations « à six mains » au service d'un style accessible
    Depuis 1969, La Redoute soutient la jeune création en invitant des créateurs à exprimer leur univers. Sylvette Lepers veille à leur offrir une vraie liberté artistique : « Si j'ai envie de donner de la visibilité à un créateur, je souhaite le laisser libre. Je dis ce que nous ne pourrons pas faire. À La Redoute, on ne fera pas de fourrure. » Pour le reste, pas de cahier des charges figé : l'univers du créateur prime.
    Les collections se construisent « à six mains » : le créateur, la modéliste et elle. « Nous avons encore ce savoir-faire de modéliste à La Redoute. On lui présente les matières, les tissus, les moindres détails : c'est lui qui choisit. » Prototype, toiles, essayages, choix du photographe et du casting : pendant cinq à six mois, la collaboration se tisse dans la durée, avec une grande attention au deadstock et à la qualité. « L'exigence est le maître mot », résume-t-elle.
    Un temps d'avance et une vision engagée de la mode
    Co-commissaire de l'exposition La Redoute, un temps d'avance – Mode, Design, publicité , au musée La Piscine de Roubaix, Sylvette Lepers plonge dans 189 ans d'archives pour montrer une marque audacieuse et précurseur. « On ne parcourt pas 189 ans d'existence sans avoir toujours fait preuve d'audace », souligne-t-elle. Démocratiser le style, rendre les pièces de créateurs accessibles, innover dans la relation au public : La Redoute entretient un lien particulier avec ses clients et ses collaborateurs.
    Attachée à une approche fondée sur la confiance et la transparence, elle se voit comme un relais entre la marque et les créateurs émergents, qui viennent désormais souvent à elle. Aux jeunes talents, elle distille un conseil simple et puissant : « De l'audace. Écoutez les conseils, mais soyez le seul à prendre la décision. Si vous réussissez, vous serez extrêmement fier. Si vous tombez, vous vous relèverez, vous n'en serez que plus fiers. Et surtout, vous pouvez dire oui, mais il faut savoir dire non. Ne dites pas oui à tout. »
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Sobre 100 % création
Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles. 
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