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- À Tonnerre, en Bourgogne, le maître artisan d’art David Rosenblum perpétue un métier rare : la gainerie, l’art d’envelopper meubles, coffrets et objets de cuir. Entre créations sur mesure, restauration et transmission d’un savoir-faire pluriséculaire, il fait vivre la mémoire des gestes et révèle l’âme de chaque pièce, célébrant ainsi la richesse du patrimoine français, en ce week-end des Journées européennes du patrimoine.
Dans le tumulte discret de son atelier de Tonnerre, David Rosenblum pratique un métier que l’on confond souvent avec la maroquinerie : la gainerie. « À la base, on dit gainer parce que cela vient de la gaine d’épée, et c’est l’un des métiers qui s’inscrit encore dans les jurandes (ou corporations) il y a plus de 700 ans », rappelle-t-il. Cette spécialité française s’est ensuite diffusée dans toute l’Europe, portée notamment par le cuir de Cordoue, riche en couleurs et en motifs.
La différence avec la maroquinerie est fondamentale : ici, les finitions ne se font pas par couture, mais par refente et parage, jusqu’à rendre les raccords de cuir parfaitement invisibles. « Tout le savoir-faire repose là-dedans : rendre ce côté complètement imperceptible qui donne l’illusion que l’objet est né dans la peau. Le bon gainier doit rendre, dans leur raccord, les deux peaux invisibles », affirme-t-il.
Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain
Né à Paris, faubourg Saint-Antoine, dans une lignée d’artisans, David Rosenblum ne peut pourtant pas reprendre l’atelier familial faute de moyens. Après 12 ans dans la police nationale, il revient à la gainerie en 2010. « Comme disait mon père, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas », confie-t-il. Il se remet à l’établi, dans un atelier qui cumule désormais quatre générations et 130 ans d’histoire.
Sa philosophie tient en une phrase : « Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain. » Si les principes de colle ne se réinventent pas, l’atelier intègre les commandes numériques, la gravure et la découpe laser. « Ce ne sont pas des outils qui trahissent la tradition. Si vous les utilisez avec noblesse pour obtenir une qualité d’objet et pas dans une volonté de production, vous restez dans la tradition des artisans d’art : évoluer, s’adapter et créer. »
Le cuir, matière vivante et palette infinie
La gainerie exige une connaissance intime des supports : bois, carton, métal, ainsi que des cuirs, classiques ou exotiques. « On pourrait même gainer une fourchette ou gainer un mur. Tout est possible, mais à chaque fois c’est une approche technique », explique David Rosenblum. Le cuir lui-même impose ses contraintes : « Contrairement à ce que les gens pensent, ce n’est pas un matériau mort. Un cuir reste vivant, il va agir à toutes les conditions d’humidité, de chaleur. La peau va continuer de vivre. »
Bovins, caprins, alligator, galuchat, parchemin… chaque matière demande une technique spécifique. Le gainier doit composer. « Chaque peau a ses particularités dans son travail. Même avec 20 peaux du même type, du même tannage, chacune reste unique », note l’artisan. De la conception à la coupe, de la refente au parage au scalpel, puis à l’encollage et aux patines, chaque étape vise la perfection du geste.
Transmission, reconnaissance et avenir des métiers d’art
Dans cet atelier reconnu EPV, Entreprise du patrimoine vivant, et titulaire du titre de maître artisan d’art, la question de la transmission est centrale. « Si vous ne formez pas, vous tuez le métier, c’est fini », explique-t-il. Stagiaires, apprentis, profils en reconversion… La formation est continue, avec une exigence claire : « On essaie de trouver une compétence de la main. La compétence de la main fonctionne avec le cerveau. Si la personne est curieuse, la main doit suivre. »
Les titres et labels ne sont pas qu’une récompense personnelle : « C’est la reconnaissance de mon atelier, de l’équipe derrière. Ça fait plaisir, et je pense que ça peut rassurer le client. » À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans les ateliers, David Rosenblum reste prudent : « Pour l’instant, l’IA n’est pas encore en état de créer. Elle est en état de copier, de modifier. » L’avenir des métiers d’art repose donc toujours sur la main, le regard et le temps long : « Il faut au minimum cinq ans pour commencer à maîtriser, et facilement dix ans pour être solide dans son travail. »
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, la gainerie de David Rosenblum rappelle que le patrimoine vivant se joue autant dans les musées que dans ces ateliers où chaque geste, chaque peau, chaque objet raconte une histoire.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI - Pendant la Paris Design Week, Oh my laine met en lumière les arts textiles français. L’artiste-designer toulousain Maxime Castagnac y présente son atelier Casta et ses œuvres en laine sculptée par tufting, une technique où des fils sont insérés dans une toile à l’aide d’un pistolet. Il crée tapis et tableaux graphiques : des peintures de matière et de couleur, au relief textile marqué, qui s’intègrent dans les espaces de vie.
Maxime Castagnac, né à Pau, a grandi à Toulouse. Après des études en design graphique à l’ESAD de Reims puis aux Beaux-Arts de Lyon, il démarre une carrière de graphiste indépendant, porté par « une notion d’illustration, de recherche à travers le caractère typographique et le dessin de la lettre ».
Mais tout bascule lorsqu’il découvre le tufting : « Il y a quelque chose qui s’est passé comme une sorte de révélation avec la matière, le fait de pouvoir jouer avec la matière et de pouvoir laisser les formes évoluer. » Le travail manuel revient alors au cœur de sa pratique. Si Maxime Castagnac n’avait jamais travaillé le textile pendant ses études, la laine était pourtant déjà présente en filigrane : « J’ai toujours eu une appétence pour le textile, mais je n’ai jamais osé sauter le pas. » La rencontre avec la technique du tufting agit comme un déclic : « Quand je me suis plongé dans la diversité de la laine, comment elle est faite, comment on peut la colorer, tout de suite ça s’est révélé et c’était un peu comme une évidence pour moi. » Il apprend seul, grâce aux vidéos et aux réseaux sociaux, en revendiquant une pédagogie par l’erreur : « J’aime bien me tromper, ce qui me permet après de comprendre comment je peux améliorer, comment je peux trouver des solutions. »
Le tufting, une peinture en laine
Maxime Castagnac décrit le tufting comme « une forme de peinture en laine ». Sur un grand canevas tendu sur un métier, il projette son motif avant d’injecter la laine à l’aide du pistolet : « Le pistolet du tufting, je le vois comme un pinceau et la laine comme la peinture. » Une première phase de peinture est suivie d’un temps de sculpture : « Une fois que la laine est sortie du canevas, elle est brute, elle s’entremêle. Il faut venir séparer chaque fil, venir sculpter. »
Au ciseau, il tond, nivelle, crée des épaisseurs, des angles, des reliefs : « Sur les tapis et tableaux que je fais, j’aime bien cette notion d’aplats bien réguliers. Et après, on vient vraiment sculpter au ciseau, faire des angles à 45° pour révéler les formes. » Il travaille en miroir, depuis l’envers de la toile, acceptant cette « petite gymnastique » où une forme trop dynamique vers la droite se révélera finalement à gauche.
Atelier Casta, un univers graphique vibrant et libre
Son atelier Casta tire son nom d’un diminutif de son patronyme Castagnac : « Casta, c’est devenu un diminutif de gens autour de moi qui m’apprécient bien. Cet atelier, c’est vraiment moi qui donne mes couleurs, mes formes. C’est Casta qui vous parle, c’est mon intime qui vous parle. »
Maxime Castagnac assume créer d’abord pour lui : « Je n’avais pas le médium pour exprimer toutes ces formes, toutes ces couleurs, toutes ces interrogations que j’avais. Le tufting s’est posé pile entre les deux. » Il construit un univers non commandé, fait de pièces uniques, auquel viennent ensuite se greffer des projets sur mesure : « J’ai créé un univers visuel et graphique qui n’est pas la commande. J’aime aussi cette rencontre où les gens vont me dire : "J'aime ce détail, est-ce qu’il y a une possibilité d’une nouvelle pièce sur mesure ?" »
Sa signature, il préfère la laisser aux autres : « Souvent le mot dynamisme revient. Il y a quelque chose de chaleureux, de très contrasté. » Attaché à une laine naturelle sourcée en France, il s’appuie sur des filatures expertes : « J’ai compris que je ne pouvais pas faire tous les métiers. D’avoir des professionnels qui filent la laine et font des teintures aussi magnifiques, c’est important. »
Porté par une matrice de formes qui se réinvente sans cesse, Maxime Castagnac voit la création comme un moteur permanent : « La création occupe l’essentiel de ma vie. (…) Je pense que tous les jours, la création est avec moi. » Avec le tufting, ses glyphes quittent le papier pour devenir tapis, tableaux, volumes colorés qui apportent, chez lui comme chez les autres, « quelque chose de beau, de vibrant et de vivant ».
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook - Entre Japon et Afrique, entre exigence couture et joie inclusive, Jeanne Messi Fouda réinvente le kimono à Paris. Avec sa marque artisanale, elle démocratise ce vêtement millénaire, le colore de motifs africains, l’accompagne de bijoux et bientôt de maroquinerie, tout en transmettant son savoir-faire aux jeunes générations. Un univers où la mode est à la fois audacieuse, éthique et profondément humaine.
Kiru’Mono de Jeanne Messi Fouda s’inspire de l’élégance japonaise pour créer une mode universelle, inclusive et joyeuse. Née au Cameroun, dans une famille où « la mode est une passion », elle raconte : « Mon papa est féru de mode, ma grand-mère également et j’aime le travail qui est bien fait. »
Installée à Paris, elle propose des mini-séries et des pièces uniques, faites main, fabriquées localement. Son ambition : démocratiser le kimono en y apportant « une touche africaine et moderne » et en l’accompagnant d’accessoires et de bijoux pour compléter la silhouette.
Le déclic d’un voyage, la naissance d’une marque
C’est un voyage en Guadeloupe qui déclenche l’aventure. Pour l’occasion, Jeanne fait confectionner un kimono pour elle. « Devant la réaction des gens de l’aéroport d’Orly jusqu’en Guadeloupe, je me suis dit que je tenais quelque chose ». De retour à Paris, elle trouve un atelier, dessine les patrons, organise un premier shooting au Palais Vivienne, puis lance sa marque fin 2019.
Elle refuse la facilité : « Je voulais vraiment créer quelque chose qui me ressemble. » Le kimono, pièce codifiée depuis le XIIᵉ siècle, devient entre ses mains un objet plus fun, mais toujours respectueux des traditions : « Pour le kimono, ce n’est pas anodin. Vous nouez la ceinture, avez un sens qui signifie le deuil et un sens qui signifie la vie. »
Matières nobles et pièces rares
Jeanne commence chaque création par le dessin, puis par le choix des tissus : soie, suédine, coton. « Choisir, c’est un peu compliqué parce que tous les tissus que j’utilise, je les aime. Si vraiment il fallait que j'en choisisse un, ce serait la soie, parce que c’est un tissu qui bouge avec le vêtement, qui est vivant. »
Loin de la fast fashion, elle revendique la rareté : « Si je fais plusieurs kimonos, il va y en avoir trois ou quatre, pas plus. » Elle collabore avec un Meilleur Ouvrier de France à Lyon pour des doublures monogrammées, symbole de son exigence. Ses clients vont du chanteur Meiway au rappeur La Fouine, mais elle veille à garder une offre accessible : crop tops, pantalons, bijoux permettent à chacun d’entrer dans l’univers de Kiru’Mono.
Créer, transmettre et élargir l’univers
Jeanne Messi Fouda dit créer « pour les gens qui veulent s’amuser en s’habillant, qui aiment prendre des risques ». Mais son engagement dépasse la mode. Avec des ONG comme Solidarité Laïque, elle anime des formations en artisanat créatif en Côte d’Ivoire : « On peut très bien créer sans pour autant avoir d’argent. Il suffit de travailler, d’avoir une méthodologie. » La transmission est essentielle : « On n’a pas besoin d’être connu, d’être arrivé au sommet pour pouvoir redonner. »
Aujourd’hui, elle développe une gamme complète. Ses bijoux en argent incarnent son style élégant et simple, à la portée de tous. Prochaine étape : la maroquinerie, sacs et sandales en cuir, en collaboration avec des artisans sénégalais reconnus. Une manière de prolonger son credo : faire vivre une mode audacieuse, qualitative et profondément connectée aux cultures qui l’inspirent.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI - Cheveux lisses, frisés, crépus, dociles ou rebelles. La coiffure n’est pas un simple élément esthétique, c’est beaucoup plus… une véritable forme d'expression artistique. Rencontre avec Nadeen Mateky, un nom incontournable du cheveu afro.
Se faire coiffer par Nadeen Mateky tient de la leçon de style mais également de l’échange et du dialogue. Pour chaque coiffe, cette artiste du cheveu laisse libre cours à sa créativité : « J’observe, je coupe, je tresse, je sculpte en fonction de l'histoire de ma cliente. Un coiffeur, c’est comme un psy à qui on se dévoile. »
Native du Congo, son art capillaire lui a été transmis par sa grand-mère très coquette qui l’a initiée à la mise en beauté du cheveu : « J’ai grandi à Moungali, un quartier de Brazzaville où les femmes portaient des coiffes qui avaient toutes une signification. Pour un deuil, la femme avait des tresses en arrière, ce qu'on appelle des "syndulla" au Congo, ou alors elle se rasait la tête. Les cheveux attachés envoient un message de femme mariée, détachés, c’est celui d’une femme libre ». D’une passion, Nadeen Mateky a décidé d’en faire son métier.
De la coiffure à la sculpture
Ses coiffes sont de véritables sculptures capillaires, dont Nadeen Mateky tient à garder les secrets : « J’utilise beaucoup de matières premières, de la laine, du carton, du bambou, du raphia, j’y ajoute aussi un cocktail de pierres précieuses et des coquillages ».
Nadeen Mateky est une visagiste. Elle a construit sa renommée auprès de têtes célèbres comme Alicia Keys, Lenny Kravitz, Fadily Camara ou Claudia Tagbo. Sa signature : revisiter les coiffes africaines traditionnelles en leur apportant une touche moderne, comme elle le rappelle : « Cela exige beaucoup de travail et des recherches pour retrouver les coiffures somptueuses des reines d’Afrique ou de France. Le cheveu est une matière vivante. Je travaille différemment s’il s’agit de shootings de presse, pour le Festival de Cannes, de la Fashion Week ou pour un film. »
Son objectif est de réconcilier toutes les femmes africaines avec leurs cheveux naturels. Et d’expliquer : « Le cheveu afro est magnifique, il défie la loi de la gravité. On peut faire tout ce que l’on veut avec : le lisser, le boucler, mais sa texture demande beaucoup d’hydratation et de soins. C’est pour cela qu’il est important de trouver la bonne coiffeuse qui saura le travailler sans l’abimer ou le tirer sur la racine, au risque de provoquer des tensions sur le cuir chevelu ou des alopécies. Un défi de taille. »
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook. - Nées à Tours, Élodie Michaud et Rebecca Fezard inventent chez hors-studio des biomatériaux à partir de déchets sans filière de recyclage. Entre geste textile, tradition artisanale et innovation, elles transforment rebuts marins, cuir recyclé et matières oubliées en surfaces sensibles qui racontent une autre histoire du design et de la responsabilité.
En 2016, Élodie Michaud et Rebecca Fezard fondent hors-studio, un atelier de recherche et de narration autour de la matière. Elles explorent, expérimentent les potentiels cachés des déchets et imaginent de nouveaux gestes, usages et imaginaires pour l’architecture et le décor.
Leur rencontre a lieu au FabLab de Tours, en 2016. Élodie Michaud travaille sur son projet de fin d’études, Rebecca Fezard expérimente des matériaux avec les machines à commande numérique. « C’était une super belle rencontre, on s’est rendu compte qu’on avait un peu une même approche créative sur la question de la matérialité », se souvient Rebecca. Élodie propose de monter un studio. En quelques mois, le duo installe un espace de coworking, enchaîne les premiers projets et hors-studio naît « assez instinctivement ».
De la crise de sens à la responsabilité des designers
Le basculement vers les déchets ne relève pas d’un simple effet de mode. Au FabLab, elles réalisent que la majorité des matériaux qu’elles manipulent sont issus de la pétrochimie. Une visite de recyclerie agit comme déclencheur : « On s’est rendu compte de la déperdition de matières premières, de matières qui partaient à l’enfouissement alors qu’elles étaient encore complètement viables », raconte Rebecca Fezard.
Élodie parle d’une vraie crise de sens : « Si c’est juste ennoblir des matériaux existants qui vont partir à l’enfouissement, ça ne nous intéresse pas. Quand on est designer, on a vraiment une responsabilité. » Leur réponse : créer leurs propres biomatériaux, à partir de déchets sans filière de valorisation, et inventer un savoir-faire qui allie tradition artisanale et innovation.
Leur premier terrain de jeu : les coquilles de moules, d’huîtres, de Saint‑Jacques, récupérées dans les restaurants. L’expérience ouvre une méthode : partir de poudres, travailler des liants naturels (algues, colles animales, liants issus de la cuisine), croiser recettes open source (via la plateforme Matériuum), grimoires d’artisans d’art, techniques de staff et de stuc. « C’est toutes ces combinaisons qui deviennent notre savoir‑faire et qui nous permettent de créer des recettes sur mesure », poursuit Rebecca.
Designers matière, entre recherche, narration et biomatériaux
Hors-studio ne fabrique pas des matériaux « au mètre carré », insiste Rebecca : « Notre plus‑value, c’est de pouvoir, quand on crée un matériau, lui donner une démarche créative dans l’application derrière. » Leur process : créer une œuvre artistique qui raconte une histoire et montre les potentialités de la matière, pour inspirer architectes et décorateurs.
Une pensée, deux têtes, quatre mains, le duo décrit un ping‑pong permanent, une « télépathie » nourrie par une communication constante : idées, stratégie, finances, matière, tout se discute. « Il n’y a rien qui est décidé l’une sans l’autre. C’est un respect absolu, être sûr en permanence que ça soit OK », insistent-elles.
Ce métier exige « du courage et de la ténacité », souligne Rebecca. Inventer un métier et un savoir‑faire implique de « déplacer des montagnes », de convaincre, de prouver la fiabilité de ces biomatériaux. Élodie ajoute : « Il faut être hyper centré, croire en ses convictions, garder l’instinct créatif. »
Parmi leurs matériaux, deux les fascinent particulièrement. Le byssus, la fibre produite par la moule pour s’accrocher au rocher, « une des fibres les plus puissantes au monde, capable de suivre les mouvements de l’océan, longtemps appelée soie de la mer . Le déchet, quand on le récupère, ça ne ressemble à rien et il y a cet enjeu de l’ennoblissement », explique Rebecca Fezard.
Récompensées par le Prix Dialogue 2025 Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main, pour leur matériau Leatherstone. Elles ont créé ce matériau à base de cuir recyclé, proche du plâtre dans ses sensations de mise en œuvre : « Il passe par plein d’états, il est chaud, il y a une pâte. » Structurel, imprimable en 3D, doté de propriétés thermiques et acoustiques, il synthétise leur approche : transformer un déchet massif et problématique en matière sensible et durable. « C’est ça qui est formidable », conclut Élodie Michaud.
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Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.
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