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- Bottines, mocassins ou derbies, escarpins, baskets… Des chaussures uniques à la mode réalisées de manière artisanale et ultra confortables, c’est ce que propose le maître chausseur Philippe Zorzetto avec ses modèles sur mesure et ses collections.
Philippe Zorzetto est le chausseur d’artistes comme Jean Dujardin, John Malkovich, M, Matthieu Chedid, Jane Birkin et bien d'autres. Ses clients sont des hommes et des femmes célèbres mais également des anonymes.
Comment devient-on créateur de chaussures ? Éléments de réponse avec Philippe Zorzetto ; « Au départ, j'ai fait des études de droit et sciences politiques. Je n'étais pas programmé pour créer une marque de chaussures et pourtant je l'ai fait. C’est lié à mon histoire familiale, des artisans de père en fils. Mon grand-père fabriquait des souliers en bois dans des ateliers en Italie avant la guerre. Et quand j’ai décidé de me lancer, je me suis rendu compte que j’avais déjà tout en moi ».
Un chausseur musicien
Pour Philippe Zorzetto, produire une bonne paire de chaussures demande trois choses : un savoir-faire extraordinaire, le sens de la mode, et l’artisanat. « J’ai d’abord cherché en France, en Italie et en Espagne les meilleurs ateliers pour proposer des modèles de qualité », explique-t-il. « Ensuite, j’ajoute des références culturelles, la musique est ma première source d’inspiration ; enfin je propose des modèles dans l'air du temps. »
Son objectif : créer des chaussures à la fois utilitaires et artistiques. Des modèles assez simples, mais en réalité très complexes à fabriquer et qui demandent beaucoup d’expertise, comme il le rappelle : « Il faut près de 150 pièces pour créer un modèle Zorzetto. Je travaille uniquement avec des constructions cousues, ce qu'on appelle le cousu Blake, c'est-à-dire que les semelles ne sont pas collées, mais cousues à la main ».
Souplesse et légèreté du cuir
Philippe Zorzetto est très attentif à la souplesse du cuir. Il sélectionne toujours des peaux de belle qualité et durables, et pour cela il faut y mettre le prix.
Outre les souliers sur mesure, il sort également des collections, il en a notamment créé deux avec la collaboration du chanteur Louis Chedid : « Fabriquer une seule paire revient extrêmement cher, car cela nécessite beaucoup de main-d’œuvre. Donc pour avoir un prix raisonnable, il faut produire du volume et une collection permet ainsi de faire baisser les coûts et d’avoir un prix attractif ». Cette année, la marque bouclera sa 36ᵉ collection et fêtera ses 18 ans d’existence. - Lucas Huillet, designer et céramiste, incarne une vision sensible et engagée de l’artisanat contemporain. Son travail, résolument transdisciplinaire, mêle matériaux bruts et textures contrastées pour nous inviter à repenser la création comme un véritable dialogue entre héritage, matière, émotion et engagement. En privilégiant une fabrication artisanale, il fait de chaque objet bien plus qu’une simple pièce : une intention, une vision du monde à laquelle nous sommes invités à prendre part.
« Je viens du sud de la France, j’ai grandi à Cerbère. Depuis tout petit, j’ai toujours ce rapport à des choses très créatives. » Pour ce designer et céramiste, la création s’enracine dans une histoire familiale faite de migration et de savoir-faire. Ses grands-parents italiens, arrivés en France dans les années 60, ont multiplié les métiers avant que son grand-père ne s’installe comme tailleur, puis ne tienne un magasin de retouches et de réparation de machines à coudre.
« J’ai eu mes premiers rapports à l’artisanat via ça. Depuis tout petit, j’ai toujours gravité autour des métiers de la main. » La céramique arrive ensuite, comme une évidence. Il apprend dans son village, « en faisant, en faisant, en faisant », bien avant l’école. À Paris, l’École Camondo, entre architecture intérieure et design, lui permet d’articuler objet et espace. Une année chez Chanel en architecture intérieure achève de le former, tandis qu’il monte son studio de céramique et achète son premier four : « Ça a vraiment donné une liberté dans ce que je faisais, pouvoir explorer plein de choses. »
La créativité comme travail et dialogue des matières
Pour lui, le design n’est pas qu’une idée abstraite, mais un aller-retour constant entre conception et fabrication : « Le designer, il va concevoir et remettre la fabrication à un artisan compétent. Moi, c’est plus venu d’une appétence personnelle. » Il revendique ce double ancrage, théorique et manuel, nourri par les métiers de la main et par une méthode rigoureuse.
Surtout, il refuse l’idée d’un don créatif : « La créativité, ce n’est pas un don, c’est quelque chose qui se travaille. On écrit, on réécrit, on réécrit. » La céramique impose sa temporalité : la terre sèche, il faut anticiper, respecter les étapes, du modelage aux cuissons successives. « C’est une course contre la montre pour ne pas gâcher de la matière. »
Son geste, il le travaille jusqu’à ce qu’il devienne fluide : « Faut que ça devienne totalement fluide, qu’on n'y réfléchisse quasiment pas et qu’on soit concentré sur ce qu’on voit, sur l’objet qu’on a dans les mains. » Le dessin et l’écriture structurent ce processus : d’abord le récit, l’intention, puis la forme. « Écrire une histoire, c’est très important pour moi. Le trait concrétise beaucoup les choses, alors que le mot laisse encore tout un champ de possibles. »
Dans ses pièces, il privilégie la matérialité plutôt que l’ornement pur : « J’aime bien travailler la matière pour ce qu’elle est. L’émail va être un décor qui va redonner une matière, une vibration, par petites touches, en contraste avec une matière plus brute. »
Faire des ponts entre disciplines et proposer des récits
Ce qui caractérise le plus son travail, c’est cette curiosité transdisciplinaire : « J’ai cet appétit pour aller voir ailleurs, toujours. Voir comment je peux faire des ponts avec le design et d’autres disciplines. » Avec Alexandre Helwani, historien du parfum et parfumeur, il conçoit des installations où céramique, textile et olfactif dialoguent. Leur projet sur la santé mentale à la Paris Design Week s’est construit comme un véritable récit à plusieurs voix : « On écrit d’abord une histoire, ce qu’on veut raconter, et le dessin, le parfum viennent se mélanger petit à petit. »
Le message n’est jamais prescriptif : « C’est transmettre un message, mais au-delà de ça, c’est simplement faire une proposition. Après, c’est au public de voir comment il le ressent. » Dans un monde saturé d’images et de contraintes, il interroge la posture du créateur : « On se pose beaucoup de questions sur est-ce que ce que je vais faire est pertinent, soutenable, est-ce que ça a déjà été fait. Pour être créatif, il faut plus avoir un certain optimisme dans des temps qui sont assez durs, pour justement voir de nouvelles perspectives. » La création, dans sa vie, est un fil rouge discret mais tenace : « On ne va pas être tout le temps dans des phases créatives. C’est ce fil rouge qui nous amène d’un projet à l’autre et d’une idée à l’autre. » Entre Cerbère, Kyoto et Paris, elle continue de tisser des ponts, des gestes et des histoires.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook - Quand la mode devient un support d'activités pour permettre à des femmes de s'insérer par l'emploi. C’est que propose Hawa Sangaré qui a lancé un atelier d'insertion à Paris et la marque « Hawa Paris » qui incarne une vision de la mode durable, éthique et inclusive.
Après des études en psychologie clinique, la Franco-malienne Hawa Sangaré se voit proposer un poste pour accompagner des personnes en difficulté. Elle va ainsi travailler pendant une douzaine d’années dans ce milieu de l'insertion sociale, pour soutenir des hommes, des femmes, des jeunes en difficulté et des anciens prisonniers.
Au fil de son expérience professionnelle, Hawa Sangaré note que de nombreuses femmes restent sur le carreau, éloignées de l'emploi, isolées socialement, des réfugiées souvent des mamans solo : « J'ai eu envie de donner des clés d'émancipation à ces femmes-là. Quand je suis tombée sur un article sur la loi anti-gaspillage vestimentaire qui visait à empêcher les marques de luxe de brûler leurs fins de stocks. Je me suis dit, la mode va être le support d’activité qui va me permettre d'accompagner ces femmes ».
Du travail pour se réparer
C’est en 2021 qu’est lancé « Hawa au féminin », un atelier textile d’insertion qui s’inscrit dans une démarche de mode solidaire et éco-responsable. Quel est le processus de formation pour ceux ou celles qui viennent dans son atelier ? Les explications d’Hawa Sangaré : « Elles sont envoyées par des structures comme France Travail, des centres d’hébergement, ou bien encore des associations. Quand elles arrivent chez moi, elles ont besoin de se poser. Et le lieu de travail leur offre un cadre bienveillant qui va les aider à se restructurer, avec des chefs d'atelier qui vont transmettre tout leur savoir-faire ».
Pour le matériel, Hawa Sangaré demande à des grandes maisons de couture de lui confier ses fins de stocks. La Maison Balmain fait partie des premiers à lui faire confiance et à comprendre sa démarche. Balmain adhère au projet et lui envoie des stocks de tissus pour réaliser sa première collection pour la marque « Hawa Paris ». En plus des collections, l’atelier propose aussi des services confection et broderie.
Pour Hawa Sangaré, le vêtement est un outil de communication, car il permet de reprendre confiance en soi. Le travail va permettre à ces femmes d’accéder à l'autonomie. Et Hawa Sangaré de rappeler : « Le parcours d'insertion dure de 6 à 24 mois, même si de nombreuses difficultés persistent. Ces femmes aiment venir travailler. Le fait main artisanal permet vraiment de se réparer. Et puis qui dit travail, dit salaire et donc la possibilité de se loger. »
Même si Hawa est la créatrice de la marque, c’est en réalité une marque collective. Si la clientèle vient au départ, par curiosité. Elle revient pour la qualité de la confection, la qualité des tissus et pour l'identité très forte du projet. Les premiers défilés ont eu lieu à Paris, et puis en Afrique du Sud ou bien encore en Chine.
Pour en savoir plus :
Atelier textile d’insertion. - Peintre, sculpteur, poète et créateur de parfum né en Haïti, Manuel Mathieu fait de l’art un espace d’équilibre, de paix intérieure et de dialogue entre visible et invisible. Son œuvre, véritable voyage intérieur, invite à ressentir, réfléchir et partager. Tel un chaman moderne, il crée des formes qui touchent l’âme tout en laissant à chacun la liberté de leur interprétation.
Installé à Montréal après une enfance en Haïti, Manuel Mathieu refuse les étiquettes trop étroites. Il peint, sculpte, réalise des films et crée aussi des parfums. Mais là encore, il nuance : « J’ai de la difficulté à me présenter comme parfumeur. Je pense que je suis plus quelqu’un qui édite le parfum ».
Pour lui, le parfum n’est pas un simple produit de cosmétique, mais un prolongement naturel de sa démarche artistique. « J’ai ajouté le parfum, c’est particulier quand même », affirme-t-il. Particulier, parce que le parfum, comme l’abstraction en peinture, agit dans un registre invisible : « Je pense que la peinture et l’abstraction opèrent dans l’invisible parce qu’elles opèrent à l’intérieur de nous. Ce que l’œuvre nous fait, c’est quelque chose de très invisible », ajoute-t-il.
Le parfum, une émotion démocratique
Ce lien entre art et parfum n’est pas qu’une intuition poétique. Manuel Mathieu en fait un véritable manifeste. Il voit dans l’olfactif une forme de justice sensible : « Je me suis aussi intéressé à la parfumerie parce que c’est très démocratique : on ne peut pas convaincre quelqu’un d’aimer une odeur ».
Là où une œuvre d’art peut être prise dans un discours, une hiérarchie de savoirs, le parfum court-circuite l’intellect : « Ce que je trouve dommage d’ailleurs dans l’intellectualisation du milieu de l’art, parce que ça crée une forme de hiérarchie inutile. Tandis que je pense qu’une œuvre nous parle ou elle ne nous parle pas », déclare à ce propos Manuel Mathieu. Le rapport à l’odeur reste radicalement intime, irréductible à l’argumentation, poursuit-il : « On est vraiment dans un rapport très intime, très honnête aussi. Et ça, ça me parle beaucoup ».
Pour Manuel Mathieu, la parfumerie est ainsi un terrain idéal pour explorer ce « monde qui est très personnel et qu’on ne voit pas, mais qu’on ressent beaucoup », le même monde que l’art abstrait. En travaillant avec le nez qui traduit ses idées en compositions olfactives, il revendique une position d’éditeur plutôt que de technicien, un rôle de passeur de sens.
Une pratique conceptuelle habitée par l’équilibre
Si Manuel Mathieu multiplie les médiums - peinture, sculpture, vidéo, cinéma, parfum -, c’est par nécessité conceptuelle. Celui-ci se définit volontiers comme « un artiste plus conceptuel qu’expressionniste », que ce soit lorsqu’il travaille sur l’histoire, notamment la dictature en Haïti, sur la spiritualité, ou sur son propre accident. Chaque projet devient une recherche sur la manière dont les images, les formes et les sensations apparaissent et s’organisent.
Le cœur de son métier, affirme-t-il, n’est pas l’exécution matérielle : « Ce qui est le plus important dans mon travail, c’est de réfléchir, d’avoir de bonnes idées, je pense que c’est un exercice beaucoup plus épuisant et exigeant que de peindre ». Les œuvres ne sont alors qu’« un résidu de ma pensée. Créer un objet qui a une valeur spirituelle, qui existe à l’extérieur de nous et qui est capable de survivre sans nous ».
Cet exigeant travail intérieur lui apporte pourtant une forme de sérénité : « Je pense que le travail d’artiste que je fais m’amène un certain équilibre, une certaine paix. Je n’ai pas trouvé autre chose dans ma vie qui me permettait de l’atteindre ». L’art, pour Manuel Mathieu, est tout simplement « une manière d’exister ». À travers la peinture comme à travers le parfum, il cherche à étendre notre capacité à ressentir, à penser et à partager ce monde invisible qui nous relie.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI. - Qui dit Mode… dit élégance, passion, collections, Fashion Week et haute couture parisienne, la mode est intemporelle et n’a pas de de frontières. De Yaoundé à Paris, rencontre avec Imane Ayissi, un grand couturier au parcours atypique.
Danseur, mannequin, écrivain, designer… Originaire du Cameroun, Imane Ayssi a intégré la culture africaine dans ses collections dès ses débuts à Paris.
Sa marque de fabrique, ce sont les tissus africains traditionnels : les cotons, que ce soit le kenté du Ghana, les boubous anciens du Cameroun ou du Niger, le kita ivoirien, ou bien encore le Faso Danfani du Burkina Faso. Mais pas seulement, Imane Ayissi utilise également d’autres matières, comme le coton japonais, les soies italiennes ou bien encore les dentelles de Calais.
Danse et mode
Une passion pour la mode qui lui vient de ses racines familiales, sa mère notamment une ancienne miss Cameroun, mais également de la danse comme il l’aime à le rappeler : « la danse et la mode vont de pair parce que la danse c’est le mouvement. Le corps a besoin d'être enveloppé avec de l'étoffe. Les formes, les couleurs, les volumes, les longueurs, et quand on a compris comment le vêtement fonctionne avec le corps, tout prend sens ».
Pour cet autodidacte, il n’a pas été facile de s’intégrer dans l’industrie de la mode. Et pourtant, aujourd’hui, Imane Ayissi est le premier créateur de mode d'Afrique subsaharienne à avoir intégré le calendrier officiel de la haute couture parisienne en 2020.
La richesse créative de l’Afrique
Les collections d’Imane Ayissi font, désormais, partie de l'histoire mondiale de la mode. Il a été notamment célébré dans la remarquable exposition « Africa Fashion », qui s’est tenue cette année au musée des Arts Premiers au Quai Branly à Paris. Une exposition qui a mis en lumière la richesse, la diversité et la puissance créative du continent africain.
Déjà en 2025, les collections d’Imane Ayissi ont été sélectionnées pour une exposition solo baptisée « From Africa to the World » et organisée à l'Université Scad Fash d'Atlanta aux États-Unis. La preuve que la mode d’Imane Ayissi a désormais toute sa place sur la scène mondiale.
Sobre 100 % création
Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.
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