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  • Parcours Bijoux: l’atelier d’Anne Milbeau, où chaque bijou protège et raconte

    03/10/2026
    Jusqu’au 31 octobre 2026, Paris accueille une grande exposition de bijouterie contemporaine française et internationale, Parcours Bijoux. Cette édition met en valeur des œuvres d’art porteuses de sens, d’histoire et d’identité, créées par des artistes et artisans innovants. Anne Milbeau, fondatrice de l’atelier éponyme, y participe. Elle aime créer des bijoux doux au toucher, rassurants et chargés de sens. Son travail invite à la mémoire, la beauté simple et l’émotion partagée. 
    À Paris, Parcours Bijoux met en lumière la bijouterie contemporaine française et internationale. Anne Milbeau expose des pièces qui sont autant d’objets de mémoire que de protection. « La création représente quelque chose de merveilleux. On part d'un bout de fil, d'un bout de plaque et on crée quelque chose qui n'existe pas », confie-t-elle.  
    Née en Bretagne, Anne Milbeau grandit dans une petite ville marquée par la forge de son grand-père. « Mon grand-père était forgeron, alors peut-être que je l'ai entendu taper sur l'enclume et que ça m'a plu. Je me rappelle de sa forge, c'est un endroit où j’aimais bien traîner », raconte-t-elle.  
    D’abord passionnée de musique, elle étudie la flûte traversière à Rennes, mais elle ressent vite le besoin de créer avec ses mains. En 1993, une formation en arts plastiques à Nîmes devient un tournant décisif. « Je me suis assise à l'établi et là, je me suis trouvée vraiment à ma place. C'était une évidence », se souvient-elle. Sculpture, bijouterie, peinture, histoire de l’art : ces semaines « très très denses » lui ouvrent un champ de possibles. Elle s’installe ensuite à Nîmes, travaille chez elle, expérimente la résine et l’argent, et commence à exposer.  
     
    Un vocabulaire de formes, de mouvement et d’harmonie 
    Installée à Paris pour apprendre la soudure et la mise en forme du métal, Anne Milbeau affine son langage formel. « J'ai appris à limer, à souder vraiment précisément. C'est un métier très précis et très exigeant. Le travail du métal, c’est quelque chose de particulier, on ne peut pas improviser », explique-t-elle. Elle se construit « un petit vocabulaire » de lignes tendues et de volumes harmonieux, pensés pour être portés au quotidien.  
    Ce qui l’intéresse avant tout, c’est le mouvement et le confort : « J'ai toujours aimé les bijoux qui se portent vraiment et des choses qui bougent. Il y avait des petites pièces qui tournent, et c’est encore là aujourd’hui. Il faut un peu de technique pour que le bijou se porte : des bijoux solides, confortables et avec un mouvement. » Dans ses collections, la maison, le foyer, les ex-voto et amulettes forment un univers symbolique. Elle évoque l’exposition « L’Envers du corps », où elle mettait en parallèle le corps et la maison, puis « Foyers », série de six pièces autour de l’abri et du feu : « L'abri, la sécurité, la destruction et aussi le renouveau. »  
    Co-création et liens humains au cœur de l’atelier 
    Son atelier parisien est autant un espace de création qu’un lieu de rencontre. Anne Milbeau travaille avec des sertisseurs, des fondeurs, des créateurs, des paruriers. Dix années passées aux côtés du créateur Jean Grisoni l’ont profondément marqué : « C’était très formateur. Il y avait une liberté extraordinaire. Travailler avec des gens différents, ça me nourrit vraiment beaucoup. »  
    Elle aime aussi la co-création avec ses clients. « On a construit presque ensemble. Après, c'est moi qui ai fait les maquettes, mais on a fait des gros rendez-vous pour aboutir le bijou et c'était super. » Son approche reste résolument sur mesure, ancrée dans l’écoute et le récit de chacun.  
    Des bijoux doux, porteurs d’émotions et de mémoire 
    Le bijou est, selon Anne Milbeau, un objet intime : « Le bijou doit être doux. C'est comme un cadeau qu'on se fabrique ou qu'on offre. Il faut que ce soit équilibré, un peu douillet et rassurant. Le fait de toucher son bijou est quelque chose de rassurant. » Elle refuse la production de masse et privilégie la rencontre à l’atelier.  
    À l’heure des achats en ligne, elle revendique ce lien direct : « Il y a plein de gens qui se rendent compte que c'est précieux de savoir quelles mains ont fabriqué cet objet. C'est rassurant pour les deux. » Entre mémoire, architecture et mouvement, ses créations témoignent d’une conviction : « Dès qu'on porte quelque chose sur son corps, ça veut dire quelque chose pour la personne qui le porte. » Parcours Bijoux offre l’occasion de découvrir cet univers, où chaque pièce raconte une histoire singulière, à fleur de peau. 
    À lire aussiBeneïsha Paris: Sokona Sissoko sublime les femmes avec un glamour sur mesure
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  • Beneïsha Paris: Sokona Sissoko sublime les femmes avec un glamour sur mesure

    26/09/2026
    Du salon familial du 20ᵉ arrondissement de Paris à sa boutique parisienne, Sokona Sissoko a bâti un univers couture où chaque essayage devient une célébration de la féminité. Fondatrice de Beneïsha Paris, elle présente ses robes de mariée et de cérémonie pendant la Fashion Week de Paris, à l’édition France du FIMO228, avec une idée fixe : sublimer des femmes déterminées grâce à des créations glamour et élégantes.
    « La mode, je ne me voyais pas dans autre chose, confie-t-elle. J’ai testé la restauration, ce n’était pas pour moi, mais la mode, ça fait partie de moi. »
    Née à Paris, où elle a grandi et fait ses études, Sokona Sissoko voit la mode entrer très tôt dans son quotidien. Enfant, elle transforme déjà le salon familial en podium improvisé. « Quand j’étais très jeune, il y a des moments où je restais toute seule chez moi. J’allais chercher des tenues qu’on n’avait pas forcément l’habitude de mettre tous les jours, qu’on réservait aux événements, et je défilais comme ça chez moi », raconte-t-elle.
    Son amour pour « tout ce qui est l’embellissement de la femme » la conduit naturellement vers la création, avec Beneïsha Paris. Après le baccalauréat, Sokona Sissoko quitte Paris pour suivre son mari à l’étranger : Valence en Espagne, Liverpool en Angleterre, puis Turin en Italie. « Je me suis plus focalisée sur ma vie de famille que sur moi-même », explique-t-elle. C’est à Turin qu’elle décide enfin de « faire quelque chose qu’elle aime ».
    De la restauration à la naissance de Beneïsha Paris
    En 2010, de retour à Paris, elle ouvre un restaurant asiatique halal, mêlant cuisine chinoise, japonaise et thaïlandaise. « Je voulais créer quelque chose. En 2010, j’ai créé un restaurant asiatique. Je l’ai gardé cinq ans et je l’ai revendu. Pour moi, ce n’était pas un échec, au contraire, ça m’a permis d’avancer et de voir réellement ce que j’ai envie de faire », souligne-t-elle. Ce détour lui apprend la gestion d’entreprise et confirme ce qui la passionne depuis « toute petite » : la mode.
    En 2015, elle lance Beneïsha Paris, modestement. Elle raconte : « J’ai commencé avec huit robes et c’est parti comme des petits pains. De là, j’ai refait quinze robes et il y avait de plus en plus de demandes. Et c’est là où je me suis dit : allez, c’est parti, on va ouvrir la boutique. »
    Un accompagnement sur mesure pour un jour unique
    Chez Beneïsha Paris, le travail repose sur l’écoute et l’échange. Sokona Sissoko conseille sans imposer, propose les textiles, les couleurs et co-crée parfois les modèles jusqu’aux moindres détails. « Le mariage, c’est un jour très spécial et pour moi, chaque femme est différente, avec un style différent, et moi j’aime les écouter », explique-t-elle.
    Les essayages deviennent de véritables rencontres : « Généralement, quand la clientèle vient, elle a déjà une idée approximative de ce qu’elle souhaite. Nous, on est là pour l’aider à bien déterminer. On fait différents essayages, même si on n’a pas ce qu’elle veut, on a quelque chose de similaire ou une forme qui lui correspond, et là, on choisit ensemble. »
    Ce qu’elle recherche avant tout, c’est l’émotion : « Ce qui me fait le plus plaisir quand je crée, c’est quand elles font leurs premiers essayages et qu’elles ont des étoiles plein les yeux. C’est ma plus belle satisfaction. »
    Dentelles perlées et « beau bling bling »
    Les robes de Sokona Sissoko sont très travaillées, parfois imposantes, et reconnaissables à leurs dentelles perlées. « Quand j’étais plus jeune, une amie aimait bien m’appeler “madame Bling Bling”. Elle me disait : attention, pas le bling bling cheap, vraiment un beau bling bling. » Perlage, pierres et ornements sont au cœur de son style. La plus spectaculaire de ses robes de mariée pesait près de 40 kilos, avec une traîne de sept mètres entièrement perlée.
    Sokona Sissoko ne coupe pas, elle dessine, et travaille avec trois couturières fidèles « depuis plus de dix ans ». « Moi, je donne le modèle, le style, et elles, elles cousent. Parfois, je crée les dentelles perlées », précise-t-elle. Les perles viennent du Pakistan, de l’Inde, de Turquie, parfois de Dubaï, et certaines pierres du Kosovo. Chaque robe est confiée à un seul atelier.
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  • Du passé vers demain: l’art de la gainerie selon David Rosenblum

    19/09/2026
    À Tonnerre, en Bourgogne, le maître artisan d’art David Rosenblum perpétue un métier rare : la gainerie, l’art d’envelopper meubles, coffrets et objets de cuir. Entre créations sur mesure, restauration et transmission d’un savoir-faire pluriséculaire, il fait vivre la mémoire des gestes et révèle l’âme de chaque pièce, célébrant ainsi la richesse du patrimoine français, en ce week-end des Journées européennes du patrimoine.
    Dans le tumulte discret de son atelier de Tonnerre, David Rosenblum pratique un métier que l’on confond souvent avec la maroquinerie : la gainerie. « À la base, on dit gainer parce que cela vient de la gaine d’épée, et c’est l’un des métiers qui s’inscrit encore dans les jurandes (ou corporations) il y a plus de 700 ans », rappelle-t-il. Cette spécialité française s’est ensuite diffusée dans toute l’Europe, portée notamment par le cuir de Cordoue, riche en couleurs et en motifs.
    La différence avec la maroquinerie est fondamentale : ici, les finitions ne se font pas par couture, mais par refente et parage, jusqu’à rendre les raccords de cuir parfaitement invisibles. « Tout le savoir-faire repose là-dedans : rendre ce côté complètement imperceptible qui donne l’illusion que l’objet est né dans la peau. Le bon gainier doit rendre, dans leur raccord, les deux peaux invisibles », affirme-t-il.
    Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain
    Né à Paris, faubourg Saint-Antoine, dans une lignée d’artisans, David Rosenblum ne peut pourtant pas reprendre l’atelier familial faute de moyens. Après 12 ans dans la police nationale, il revient à la gainerie en 2010. « Comme disait mon père, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas », confie-t-il. Il se remet à l’établi, dans un atelier qui cumule désormais quatre générations et 130 ans d’histoire.
    Sa philosophie tient en une phrase : « Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain. » Si les principes de colle ne se réinventent pas, l’atelier intègre les commandes numériques, la gravure et la découpe laser. « Ce ne sont pas des outils qui trahissent la tradition. Si vous les utilisez avec noblesse pour obtenir une qualité d’objet et pas dans une volonté de production, vous restez dans la tradition des artisans d’art : évoluer, s’adapter et créer. »
    Le cuir, matière vivante et palette infinie
    La gainerie exige une connaissance intime des supports : bois, carton, métal, ainsi que des cuirs, classiques ou exotiques. « On pourrait même gainer une fourchette ou gainer un mur. Tout est possible, mais à chaque fois c’est une approche technique », explique David Rosenblum. Le cuir lui-même impose ses contraintes : « Contrairement à ce que les gens pensent, ce n’est pas un matériau mort. Un cuir reste vivant, il va agir à toutes les conditions d’humidité, de chaleur. La peau va continuer de vivre. »
    Bovins, caprins, alligator, galuchat, parchemin… chaque matière demande une technique spécifique. Le gainier doit composer. « Chaque peau a ses particularités dans son travail. Même avec 20 peaux du même type, du même tannage, chacune reste unique », note l’artisan. De la conception à la coupe, de la refente au parage au scalpel, puis à l’encollage et aux patines, chaque étape vise la perfection du geste.
    Transmission, reconnaissance et avenir des métiers d’art
    Dans cet atelier reconnu EPV, Entreprise du patrimoine vivant, et titulaire du titre de maître artisan d’art, la question de la transmission est centrale. « Si vous ne formez pas, vous tuez le métier, c’est fini », explique-t-il. Stagiaires, apprentis, profils en reconversion… La formation est continue, avec une exigence claire : « On essaie de trouver une compétence de la main. La compétence de la main fonctionne avec le cerveau. Si la personne est curieuse, la main doit suivre. »
    Les titres et labels ne sont pas qu’une récompense personnelle : « C’est la reconnaissance de mon atelier, de l’équipe derrière. Ça fait plaisir, et je pense que ça peut rassurer le client. » À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans les ateliers, David Rosenblum reste prudent : « Pour l’instant, l’IA n’est pas encore en état de créer. Elle est en état de copier, de modifier. » L’avenir des métiers d’art repose donc toujours sur la main, le regard et le temps long : « Il faut au minimum cinq ans pour commencer à maîtriser, et facilement dix ans pour être solide dans son travail. »
    Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, la gainerie de David Rosenblum rappelle que le patrimoine vivant se joue autant dans les musées que dans ces ateliers où chaque geste, chaque peau, chaque objet raconte une histoire.
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  • Paris Design Week: Maxime Castagnac, la laine sculptée grâce au tufting

    12/09/2026
    Pendant la Paris Design Week, Oh my laine met en lumière les arts textiles français. L’artiste-designer toulousain Maxime Castagnac y présente son atelier Casta et ses œuvres en laine sculptée par tufting, une technique où des fils sont insérés dans une toile à l’aide d’un pistolet. Il crée tapis et tableaux graphiques : des peintures de matière et de couleur, au relief textile marqué, qui s’intègrent dans les espaces de vie.
    Maxime Castagnac, né à Pau, a grandi à Toulouse. Après des études en design graphique à l’ESAD de Reims puis aux Beaux-Arts de Lyon, il démarre une carrière de graphiste indépendant, porté par « une notion d’illustration, de recherche à travers le caractère typographique et le dessin de la lettre ».
    Mais tout bascule lorsqu’il découvre le tufting : « Il y a quelque chose qui s’est passé comme une sorte de révélation avec la matière, le fait de pouvoir jouer avec la matière et de pouvoir laisser les formes évoluer. » Le travail manuel revient alors au cœur de sa pratique. Si Maxime Castagnac n’avait jamais travaillé le textile pendant ses études, la laine était pourtant déjà présente en filigrane : « J’ai toujours eu une appétence pour le textile, mais je n’ai jamais osé sauter le pas. » La rencontre avec la technique du tufting agit comme un déclic : « Quand je me suis plongé dans la diversité de la laine, comment elle est faite, comment on peut la colorer, tout de suite ça s’est révélé et c’était un peu comme une évidence pour moi. » Il apprend seul, grâce aux vidéos et aux réseaux sociaux, en revendiquant une pédagogie par l’erreur : « J’aime bien me tromper, ce qui me permet après de comprendre comment je peux améliorer, comment je peux trouver des solutions. »
    Le tufting, une peinture en laine
    Maxime Castagnac décrit le tufting comme « une forme de peinture en laine ». Sur un grand canevas tendu sur un métier, il projette son motif avant d’injecter la laine à l’aide du pistolet : « Le pistolet du tufting, je le vois comme un pinceau et la laine comme la peinture. » Une première phase de peinture est suivie d’un temps de sculpture : « Une fois que la laine est sortie du canevas, elle est brute, elle s’entremêle. Il faut venir séparer chaque fil, venir sculpter. »
    Au ciseau, il tond, nivelle, crée des épaisseurs, des angles, des reliefs : « Sur les tapis et tableaux que je fais, j’aime bien cette notion d’aplats bien réguliers. Et après, on vient vraiment sculpter au ciseau, faire des angles à 45° pour révéler les formes. » Il travaille en miroir, depuis l’envers de la toile, acceptant cette « petite gymnastique » où une forme trop dynamique vers la droite se révélera finalement à gauche.
    Atelier Casta, un univers graphique vibrant et libre
    Son atelier Casta tire son nom d’un diminutif de son patronyme Castagnac : « Casta, c’est devenu un diminutif de gens autour de moi qui m’apprécient bien. Cet atelier, c’est vraiment moi qui donne mes couleurs, mes formes. C’est Casta qui vous parle, c’est mon intime qui vous parle. »
    Maxime Castagnac assume créer d’abord pour lui : « Je n’avais pas le médium pour exprimer toutes ces formes, toutes ces couleurs, toutes ces interrogations que j’avais. Le tufting s’est posé pile entre les deux. » Il construit un univers non commandé, fait de pièces uniques, auquel viennent ensuite se greffer des projets sur mesure : « J’ai créé un univers visuel et graphique qui n’est pas la commande. J’aime aussi cette rencontre où les gens vont me dire : "J'aime ce détail, est-ce qu’il y a une possibilité d’une nouvelle pièce sur mesure ?" »
    Sa signature, il préfère la laisser aux autres : « Souvent le mot dynamisme revient. Il y a quelque chose de chaleureux, de très contrasté. » Attaché à une laine naturelle sourcée en France, il s’appuie sur des filatures expertes : « J’ai compris que je ne pouvais pas faire tous les métiers. D’avoir des professionnels qui filent la laine et font des teintures aussi magnifiques, c’est important. »
    Porté par une matrice de formes qui se réinvente sans cesse, Maxime Castagnac voit la création comme un moteur permanent : « La création occupe l’essentiel de ma vie. (…) Je pense que tous les jours, la création est avec moi. » Avec le tufting, ses glyphes quittent le papier pour devenir tapis, tableaux, volumes colorés qui apportent, chez lui comme chez les autres, « quelque chose de beau, de vibrant et de vivant ».
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  • Kiru’Mono de Jeanne Messi Fouda: un kimono inclusif et audacieux

    05/09/2026
    Entre Japon et Afrique, entre exigence couture et joie inclusive, Jeanne Messi Fouda réinvente le kimono à Paris. Avec sa marque artisanale, elle démocratise ce vêtement millénaire, le colore de motifs africains, l’accompagne de bijoux et bientôt de maroquinerie, tout en transmettant son savoir-faire aux jeunes générations. Un univers où la mode est à la fois audacieuse, éthique et profondément humaine.
    Kiru’Mono de Jeanne Messi Fouda s’inspire de l’élégance japonaise pour créer une mode universelle, inclusive et joyeuse. Née au Cameroun, dans une famille où « la mode est une passion », elle raconte : « Mon papa est féru de mode, ma grand-mère également et j’aime le travail qui est bien fait. »
    Installée à Paris, elle propose des mini-séries et des pièces uniques, faites main, fabriquées localement. Son ambition : démocratiser le kimono en y apportant « une touche africaine et moderne » et en l’accompagnant d’accessoires et de bijoux pour compléter la silhouette.
    Le déclic d’un voyage, la naissance d’une marque
    C’est un voyage en Guadeloupe qui déclenche l’aventure. Pour l’occasion, Jeanne fait confectionner un kimono pour elle. « Devant la réaction des gens de l’aéroport d’Orly jusqu’en Guadeloupe, je me suis dit que je tenais quelque chose ». De retour à Paris, elle trouve un atelier, dessine les patrons, organise un premier shooting au Palais Vivienne, puis lance sa marque fin 2019.
    Elle refuse la facilité : « Je voulais vraiment créer quelque chose qui me ressemble. » Le kimono, pièce codifiée depuis le XIIᵉ siècle, devient entre ses mains un objet plus fun, mais toujours respectueux des traditions : « Pour le kimono, ce n’est pas anodin. Vous nouez la ceinture, avez un sens qui signifie le deuil et un sens qui signifie la vie. »
    Matières nobles et pièces rares
    Jeanne commence chaque création par le dessin, puis par le choix des tissus : soie, suédine, coton. « Choisir, c’est un peu compliqué parce que tous les tissus que j’utilise, je les aime. Si vraiment il fallait que j'en choisisse un, ce serait la soie, parce que c’est un tissu qui bouge avec le vêtement, qui est vivant. »
    Loin de la fast fashion, elle revendique la rareté : « Si je fais plusieurs kimonos, il va y en avoir trois ou quatre, pas plus. » Elle collabore avec un Meilleur Ouvrier de France à Lyon pour des doublures monogrammées, symbole de son exigence. Ses clients vont du chanteur Meiway au rappeur La Fouine, mais elle veille à garder une offre accessible : crop tops, pantalons, bijoux permettent à chacun d’entrer dans l’univers de Kiru’Mono.
    Créer, transmettre et élargir l’univers
    Jeanne Messi Fouda dit créer « pour les gens qui veulent s’amuser en s’habillant, qui aiment prendre des risques ». Mais son engagement dépasse la mode. Avec des ONG comme Solidarité Laïque, elle anime des formations en artisanat créatif en Côte d’Ivoire : « On peut très bien créer sans pour autant avoir d’argent. Il suffit de travailler, d’avoir une méthodologie. » La transmission est essentielle : « On n’a pas besoin d’être connu, d’être arrivé au sommet pour pouvoir redonner. »
    Aujourd’hui, elle développe une gamme complète. Ses bijoux en argent incarnent son style élégant et simple, à la portée de tous. Prochaine étape : la maroquinerie, sacs et sandales en cuir, en collaboration avec des artisans sénégalais reconnus. Une manière de prolonger son credo : faire vivre une mode audacieuse, qualitative et profondément connectée aux cultures qui l’inspirent.
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Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles. 
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Generated: 10/4/2026 - 4:32:27 AM