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- Du salon familial du 20ᵉ arrondissement de Paris à sa boutique parisienne, Sokona Sissoko a bâti un univers couture où chaque essayage devient une célébration de la féminité. Fondatrice de Beneïsha Paris, elle présente ses robes de mariée et de cérémonie pendant la Fashion Week de Paris, à l’édition France du FIMO228, avec une idée fixe : sublimer des femmes déterminées grâce à des créations glamour et élégantes.
« La mode, je ne me voyais pas dans autre chose, confie-t-elle. J’ai testé la restauration, ce n’était pas pour moi, mais la mode, ça fait partie de moi. »
Née à Paris, où elle a grandi et fait ses études, Sokona Sissoko voit la mode entrer très tôt dans son quotidien. Enfant, elle transforme déjà le salon familial en podium improvisé. « Quand j’étais très jeune, il y a des moments où je restais toute seule chez moi. J’allais chercher des tenues qu’on n’avait pas forcément l’habitude de mettre tous les jours, qu’on réservait aux événements, et je défilais comme ça chez moi », raconte-t-elle.
Son amour pour « tout ce qui est l’embellissement de la femme » la conduit naturellement vers la création, avec Beneïsha Paris. Après le baccalauréat, Sokona Sissoko quitte Paris pour suivre son mari à l’étranger : Valence en Espagne, Liverpool en Angleterre, puis Turin en Italie. « Je me suis plus focalisée sur ma vie de famille que sur moi-même », explique-t-elle. C’est à Turin qu’elle décide enfin de « faire quelque chose qu’elle aime ».
De la restauration à la naissance de Beneïsha Paris
En 2010, de retour à Paris, elle ouvre un restaurant asiatique halal, mêlant cuisine chinoise, japonaise et thaïlandaise. « Je voulais créer quelque chose. En 2010, j’ai créé un restaurant asiatique. Je l’ai gardé cinq ans et je l’ai revendu. Pour moi, ce n’était pas un échec, au contraire, ça m’a permis d’avancer et de voir réellement ce que j’ai envie de faire », souligne-t-elle. Ce détour lui apprend la gestion d’entreprise et confirme ce qui la passionne depuis « toute petite » : la mode.
En 2015, elle lance Beneïsha Paris, modestement. Elle raconte : « J’ai commencé avec huit robes et c’est parti comme des petits pains. De là, j’ai refait quinze robes et il y avait de plus en plus de demandes. Et c’est là où je me suis dit : allez, c’est parti, on va ouvrir la boutique. »
Un accompagnement sur mesure pour un jour unique
Chez Beneïsha Paris, le travail repose sur l’écoute et l’échange. Sokona Sissoko conseille sans imposer, propose les textiles, les couleurs et co-crée parfois les modèles jusqu’aux moindres détails. « Le mariage, c’est un jour très spécial et pour moi, chaque femme est différente, avec un style différent, et moi j’aime les écouter », explique-t-elle.
Les essayages deviennent de véritables rencontres : « Généralement, quand la clientèle vient, elle a déjà une idée approximative de ce qu’elle souhaite. Nous, on est là pour l’aider à bien déterminer. On fait différents essayages, même si on n’a pas ce qu’elle veut, on a quelque chose de similaire ou une forme qui lui correspond, et là, on choisit ensemble. »
Ce qu’elle recherche avant tout, c’est l’émotion : « Ce qui me fait le plus plaisir quand je crée, c’est quand elles font leurs premiers essayages et qu’elles ont des étoiles plein les yeux. C’est ma plus belle satisfaction. »
Dentelles perlées et « beau bling bling »
Les robes de Sokona Sissoko sont très travaillées, parfois imposantes, et reconnaissables à leurs dentelles perlées. « Quand j’étais plus jeune, une amie aimait bien m’appeler “madame Bling Bling”. Elle me disait : attention, pas le bling bling cheap, vraiment un beau bling bling. » Perlage, pierres et ornements sont au cœur de son style. La plus spectaculaire de ses robes de mariée pesait près de 40 kilos, avec une traîne de sept mètres entièrement perlée.
Sokona Sissoko ne coupe pas, elle dessine, et travaille avec trois couturières fidèles « depuis plus de dix ans ». « Moi, je donne le modèle, le style, et elles, elles cousent. Parfois, je crée les dentelles perlées », précise-t-elle. Les perles viennent du Pakistan, de l’Inde, de Turquie, parfois de Dubaï, et certaines pierres du Kosovo. Chaque robe est confiée à un seul atelier.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI. - À Tonnerre, en Bourgogne, le maître artisan d’art David Rosenblum perpétue un métier rare : la gainerie, l’art d’envelopper meubles, coffrets et objets de cuir. Entre créations sur mesure, restauration et transmission d’un savoir-faire pluriséculaire, il fait vivre la mémoire des gestes et révèle l’âme de chaque pièce, célébrant ainsi la richesse du patrimoine français, en ce week-end des Journées européennes du patrimoine.
Dans le tumulte discret de son atelier de Tonnerre, David Rosenblum pratique un métier que l’on confond souvent avec la maroquinerie : la gainerie. « À la base, on dit gainer parce que cela vient de la gaine d’épée, et c’est l’un des métiers qui s’inscrit encore dans les jurandes (ou corporations) il y a plus de 700 ans », rappelle-t-il. Cette spécialité française s’est ensuite diffusée dans toute l’Europe, portée notamment par le cuir de Cordoue, riche en couleurs et en motifs.
La différence avec la maroquinerie est fondamentale : ici, les finitions ne se font pas par couture, mais par refente et parage, jusqu’à rendre les raccords de cuir parfaitement invisibles. « Tout le savoir-faire repose là-dedans : rendre ce côté complètement imperceptible qui donne l’illusion que l’objet est né dans la peau. Le bon gainier doit rendre, dans leur raccord, les deux peaux invisibles », affirme-t-il.
Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain
Né à Paris, faubourg Saint-Antoine, dans une lignée d’artisans, David Rosenblum ne peut pourtant pas reprendre l’atelier familial faute de moyens. Après 12 ans dans la police nationale, il revient à la gainerie en 2010. « Comme disait mon père, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas », confie-t-il. Il se remet à l’établi, dans un atelier qui cumule désormais quatre générations et 130 ans d’histoire.
Sa philosophie tient en une phrase : « Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain. » Si les principes de colle ne se réinventent pas, l’atelier intègre les commandes numériques, la gravure et la découpe laser. « Ce ne sont pas des outils qui trahissent la tradition. Si vous les utilisez avec noblesse pour obtenir une qualité d’objet et pas dans une volonté de production, vous restez dans la tradition des artisans d’art : évoluer, s’adapter et créer. »
Le cuir, matière vivante et palette infinie
La gainerie exige une connaissance intime des supports : bois, carton, métal, ainsi que des cuirs, classiques ou exotiques. « On pourrait même gainer une fourchette ou gainer un mur. Tout est possible, mais à chaque fois c’est une approche technique », explique David Rosenblum. Le cuir lui-même impose ses contraintes : « Contrairement à ce que les gens pensent, ce n’est pas un matériau mort. Un cuir reste vivant, il va agir à toutes les conditions d’humidité, de chaleur. La peau va continuer de vivre. »
Bovins, caprins, alligator, galuchat, parchemin… chaque matière demande une technique spécifique. Le gainier doit composer. « Chaque peau a ses particularités dans son travail. Même avec 20 peaux du même type, du même tannage, chacune reste unique », note l’artisan. De la conception à la coupe, de la refente au parage au scalpel, puis à l’encollage et aux patines, chaque étape vise la perfection du geste.
Transmission, reconnaissance et avenir des métiers d’art
Dans cet atelier reconnu EPV, Entreprise du patrimoine vivant, et titulaire du titre de maître artisan d’art, la question de la transmission est centrale. « Si vous ne formez pas, vous tuez le métier, c’est fini », explique-t-il. Stagiaires, apprentis, profils en reconversion… La formation est continue, avec une exigence claire : « On essaie de trouver une compétence de la main. La compétence de la main fonctionne avec le cerveau. Si la personne est curieuse, la main doit suivre. »
Les titres et labels ne sont pas qu’une récompense personnelle : « C’est la reconnaissance de mon atelier, de l’équipe derrière. Ça fait plaisir, et je pense que ça peut rassurer le client. » À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans les ateliers, David Rosenblum reste prudent : « Pour l’instant, l’IA n’est pas encore en état de créer. Elle est en état de copier, de modifier. » L’avenir des métiers d’art repose donc toujours sur la main, le regard et le temps long : « Il faut au minimum cinq ans pour commencer à maîtriser, et facilement dix ans pour être solide dans son travail. »
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, la gainerie de David Rosenblum rappelle que le patrimoine vivant se joue autant dans les musées que dans ces ateliers où chaque geste, chaque peau, chaque objet raconte une histoire.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI - Pendant la Paris Design Week, Oh my laine met en lumière les arts textiles français. L’artiste-designer toulousain Maxime Castagnac y présente son atelier Casta et ses œuvres en laine sculptée par tufting, une technique où des fils sont insérés dans une toile à l’aide d’un pistolet. Il crée tapis et tableaux graphiques : des peintures de matière et de couleur, au relief textile marqué, qui s’intègrent dans les espaces de vie.
Maxime Castagnac, né à Pau, a grandi à Toulouse. Après des études en design graphique à l’ESAD de Reims puis aux Beaux-Arts de Lyon, il démarre une carrière de graphiste indépendant, porté par « une notion d’illustration, de recherche à travers le caractère typographique et le dessin de la lettre ».
Mais tout bascule lorsqu’il découvre le tufting : « Il y a quelque chose qui s’est passé comme une sorte de révélation avec la matière, le fait de pouvoir jouer avec la matière et de pouvoir laisser les formes évoluer. » Le travail manuel revient alors au cœur de sa pratique. Si Maxime Castagnac n’avait jamais travaillé le textile pendant ses études, la laine était pourtant déjà présente en filigrane : « J’ai toujours eu une appétence pour le textile, mais je n’ai jamais osé sauter le pas. » La rencontre avec la technique du tufting agit comme un déclic : « Quand je me suis plongé dans la diversité de la laine, comment elle est faite, comment on peut la colorer, tout de suite ça s’est révélé et c’était un peu comme une évidence pour moi. » Il apprend seul, grâce aux vidéos et aux réseaux sociaux, en revendiquant une pédagogie par l’erreur : « J’aime bien me tromper, ce qui me permet après de comprendre comment je peux améliorer, comment je peux trouver des solutions. »
Le tufting, une peinture en laine
Maxime Castagnac décrit le tufting comme « une forme de peinture en laine ». Sur un grand canevas tendu sur un métier, il projette son motif avant d’injecter la laine à l’aide du pistolet : « Le pistolet du tufting, je le vois comme un pinceau et la laine comme la peinture. » Une première phase de peinture est suivie d’un temps de sculpture : « Une fois que la laine est sortie du canevas, elle est brute, elle s’entremêle. Il faut venir séparer chaque fil, venir sculpter. »
Au ciseau, il tond, nivelle, crée des épaisseurs, des angles, des reliefs : « Sur les tapis et tableaux que je fais, j’aime bien cette notion d’aplats bien réguliers. Et après, on vient vraiment sculpter au ciseau, faire des angles à 45° pour révéler les formes. » Il travaille en miroir, depuis l’envers de la toile, acceptant cette « petite gymnastique » où une forme trop dynamique vers la droite se révélera finalement à gauche.
Atelier Casta, un univers graphique vibrant et libre
Son atelier Casta tire son nom d’un diminutif de son patronyme Castagnac : « Casta, c’est devenu un diminutif de gens autour de moi qui m’apprécient bien. Cet atelier, c’est vraiment moi qui donne mes couleurs, mes formes. C’est Casta qui vous parle, c’est mon intime qui vous parle. »
Maxime Castagnac assume créer d’abord pour lui : « Je n’avais pas le médium pour exprimer toutes ces formes, toutes ces couleurs, toutes ces interrogations que j’avais. Le tufting s’est posé pile entre les deux. » Il construit un univers non commandé, fait de pièces uniques, auquel viennent ensuite se greffer des projets sur mesure : « J’ai créé un univers visuel et graphique qui n’est pas la commande. J’aime aussi cette rencontre où les gens vont me dire : "J'aime ce détail, est-ce qu’il y a une possibilité d’une nouvelle pièce sur mesure ?" »
Sa signature, il préfère la laisser aux autres : « Souvent le mot dynamisme revient. Il y a quelque chose de chaleureux, de très contrasté. » Attaché à une laine naturelle sourcée en France, il s’appuie sur des filatures expertes : « J’ai compris que je ne pouvais pas faire tous les métiers. D’avoir des professionnels qui filent la laine et font des teintures aussi magnifiques, c’est important. »
Porté par une matrice de formes qui se réinvente sans cesse, Maxime Castagnac voit la création comme un moteur permanent : « La création occupe l’essentiel de ma vie. (…) Je pense que tous les jours, la création est avec moi. » Avec le tufting, ses glyphes quittent le papier pour devenir tapis, tableaux, volumes colorés qui apportent, chez lui comme chez les autres, « quelque chose de beau, de vibrant et de vivant ».
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook - Entre Japon et Afrique, entre exigence couture et joie inclusive, Jeanne Messi Fouda réinvente le kimono à Paris. Avec sa marque artisanale, elle démocratise ce vêtement millénaire, le colore de motifs africains, l’accompagne de bijoux et bientôt de maroquinerie, tout en transmettant son savoir-faire aux jeunes générations. Un univers où la mode est à la fois audacieuse, éthique et profondément humaine.
Kiru’Mono de Jeanne Messi Fouda s’inspire de l’élégance japonaise pour créer une mode universelle, inclusive et joyeuse. Née au Cameroun, dans une famille où « la mode est une passion », elle raconte : « Mon papa est féru de mode, ma grand-mère également et j’aime le travail qui est bien fait. »
Installée à Paris, elle propose des mini-séries et des pièces uniques, faites main, fabriquées localement. Son ambition : démocratiser le kimono en y apportant « une touche africaine et moderne » et en l’accompagnant d’accessoires et de bijoux pour compléter la silhouette.
Le déclic d’un voyage, la naissance d’une marque
C’est un voyage en Guadeloupe qui déclenche l’aventure. Pour l’occasion, Jeanne fait confectionner un kimono pour elle. « Devant la réaction des gens de l’aéroport d’Orly jusqu’en Guadeloupe, je me suis dit que je tenais quelque chose ». De retour à Paris, elle trouve un atelier, dessine les patrons, organise un premier shooting au Palais Vivienne, puis lance sa marque fin 2019.
Elle refuse la facilité : « Je voulais vraiment créer quelque chose qui me ressemble. » Le kimono, pièce codifiée depuis le XIIᵉ siècle, devient entre ses mains un objet plus fun, mais toujours respectueux des traditions : « Pour le kimono, ce n’est pas anodin. Vous nouez la ceinture, avez un sens qui signifie le deuil et un sens qui signifie la vie. »
Matières nobles et pièces rares
Jeanne commence chaque création par le dessin, puis par le choix des tissus : soie, suédine, coton. « Choisir, c’est un peu compliqué parce que tous les tissus que j’utilise, je les aime. Si vraiment il fallait que j'en choisisse un, ce serait la soie, parce que c’est un tissu qui bouge avec le vêtement, qui est vivant. »
Loin de la fast fashion, elle revendique la rareté : « Si je fais plusieurs kimonos, il va y en avoir trois ou quatre, pas plus. » Elle collabore avec un Meilleur Ouvrier de France à Lyon pour des doublures monogrammées, symbole de son exigence. Ses clients vont du chanteur Meiway au rappeur La Fouine, mais elle veille à garder une offre accessible : crop tops, pantalons, bijoux permettent à chacun d’entrer dans l’univers de Kiru’Mono.
Créer, transmettre et élargir l’univers
Jeanne Messi Fouda dit créer « pour les gens qui veulent s’amuser en s’habillant, qui aiment prendre des risques ». Mais son engagement dépasse la mode. Avec des ONG comme Solidarité Laïque, elle anime des formations en artisanat créatif en Côte d’Ivoire : « On peut très bien créer sans pour autant avoir d’argent. Il suffit de travailler, d’avoir une méthodologie. » La transmission est essentielle : « On n’a pas besoin d’être connu, d’être arrivé au sommet pour pouvoir redonner. »
Aujourd’hui, elle développe une gamme complète. Ses bijoux en argent incarnent son style élégant et simple, à la portée de tous. Prochaine étape : la maroquinerie, sacs et sandales en cuir, en collaboration avec des artisans sénégalais reconnus. Une manière de prolonger son credo : faire vivre une mode audacieuse, qualitative et profondément connectée aux cultures qui l’inspirent.
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Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI - Cheveux lisses, frisés, crépus, dociles ou rebelles. La coiffure n’est pas un simple élément esthétique, c’est beaucoup plus… une véritable forme d'expression artistique. Rencontre avec Nadeen Mateky, un nom incontournable du cheveu afro.
Se faire coiffer par Nadeen Mateky tient de la leçon de style mais également de l’échange et du dialogue. Pour chaque coiffe, cette artiste du cheveu laisse libre cours à sa créativité : « J’observe, je coupe, je tresse, je sculpte en fonction de l'histoire de ma cliente. Un coiffeur, c’est comme un psy à qui on se dévoile. »
Native du Congo, son art capillaire lui a été transmis par sa grand-mère très coquette qui l’a initiée à la mise en beauté du cheveu : « J’ai grandi à Moungali, un quartier de Brazzaville où les femmes portaient des coiffes qui avaient toutes une signification. Pour un deuil, la femme avait des tresses en arrière, ce qu'on appelle des "syndulla" au Congo, ou alors elle se rasait la tête. Les cheveux attachés envoient un message de femme mariée, détachés, c’est celui d’une femme libre ». D’une passion, Nadeen Mateky a décidé d’en faire son métier.
De la coiffure à la sculpture
Ses coiffes sont de véritables sculptures capillaires, dont Nadeen Mateky tient à garder les secrets : « J’utilise beaucoup de matières premières, de la laine, du carton, du bambou, du raphia, j’y ajoute aussi un cocktail de pierres précieuses et des coquillages ».
Nadeen Mateky est une visagiste. Elle a construit sa renommée auprès de têtes célèbres comme Alicia Keys, Lenny Kravitz, Fadily Camara ou Claudia Tagbo. Sa signature : revisiter les coiffes africaines traditionnelles en leur apportant une touche moderne, comme elle le rappelle : « Cela exige beaucoup de travail et des recherches pour retrouver les coiffures somptueuses des reines d’Afrique ou de France. Le cheveu est une matière vivante. Je travaille différemment s’il s’agit de shootings de presse, pour le Festival de Cannes, de la Fashion Week ou pour un film. »
Son objectif est de réconcilier toutes les femmes africaines avec leurs cheveux naturels. Et d’expliquer : « Le cheveu afro est magnifique, il défie la loi de la gravité. On peut faire tout ce que l’on veut avec : le lisser, le boucler, mais sa texture demande beaucoup d’hydratation et de soins. C’est pour cela qu’il est important de trouver la bonne coiffeuse qui saura le travailler sans l’abimer ou le tirer sur la racine, au risque de provoquer des tensions sur le cuir chevelu ou des alopécies. Un défi de taille. »
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Sobre 100 % création
Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.
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