Pular para o conteúdo
PodcastsLignes de défense

Lignes de défense

Lignes de défense
Último episódio

87 episódios

  • Djibouti: point d'appui stratégique dans le chaudron moyen-oriental

    26/09/2026
    Jeudi 24 septembre, lors de son interview télévisée, Emmanuel Macron a déclaré que la France allait envoyer des moyens militaires en Arabie saoudite dans un contexte de regain des hostilités entre Ryad et ​les Houthis. ​Paris va donc envoyer des soldats pour protéger le port de Yanbu, sur la mer Rouge, infrastructure cruciale pour les exportations d'hydrocarbures. Et tous les regards se tournent vers Djibouti, principal point militaire français dans la région.
    Djibouti, son port à proximité immédiate du détroit de Bab el-Mandeb. Djibouti, au cœur du chaudron moyen-oriental. Par conséquent, tout le monde veut y être, pointe Vincent Groizeleau, rédacteur en chef du magazine de référence Mer et Marine : « Alors oui, effectivement, Djibouti, c'est devenu un lieu extrêmement prisé. Les Français y sont historiquement, les Américains depuis longtemps, les Chinois également maintenant avec une base navale et donc beaucoup de pays puissants veulent avoir un point d'appui à Djibouti. Parce que Djibouti a une géographie qui le rend stratégique, la ville et son port sont situés à proximité immédiate de la mer Rouge, de l'océan Indien et près du golfe Arabo-persique. Donc, là où il y a un nœud de communication majeur sur les flux maritimes internationaux. Le gros avantage de Djibouti, par exemple par rapport à Abu Dhabi, où la France a une base navale depuis 2009, c'est que c'est en pleine mer, l'accès n'est pas entravé comme c'est le cas aujourd'hui avec Ormuz, ce qui fait que de facto, la base d'Abou Dhabi, et bien on ne peut pas l'utiliser parce que le Golfe lui-même s'est transformé en souricière. »
    La Marine nationale déploie désormais deux frégates en mer Rouge. Djibouti sert bien sûr de point d'appui, notamment logistique, au navire militaire. Mais à Djibouti, la France engage également son aviation. Elle est même en première ligne dans la région, rappelle l'expert aéronautique Jean-Marc Tanguy, d'Air et Cosmos : « Les missiles dont sont dotés les Houthis peuvent parfaitement frapper Djibouti, voire même au-delà. Après, on peut dire que le feu attire le feu. Et quelque part, le fait que des moyens militaires jugés adversaires des Houthis soient présents à Djibouti, ça pourrait contribuer à amener sur ces moyens militaires des tirs. Et d'ailleurs des drones houthis ont déjà été interceptés pas très loin de Djibouti, notamment par des chasseurs Mirage 2000 de l'Armée de l'Air. Il faut aussi noter que très prochainement, les Mirage 2000-5 qui seront retirés du service de l'armée de l'air à Djibouti seront remplacés par des Rafale. Donc là, ça vous donne un peu une idée de la mesure des priorités de la France dans cette zone qui est d'envoyer un matériel ultramoderne. »
    À lire aussiFace à la crise des carburants, Emmanuel Macron annonce l’envoi de moyens militaires en Arabie saoudite
    Le conflit entre Riyad et les Houthis pourrait-il déborder jusqu'à Djibouti ? Le risque est réel et pour l'écarter, Paris prend bien soin de préciser que son action auprès de l'Arabie saoudite est purement défensive. « Évidemment, Djibouti est un pays souverain avec des bases étrangères et donc toute la difficulté de ses implantations et de ses points d'appui à l'étranger, c'est de faire une convergence entre les intérêts stratégiques des uns et des autres », souligne Vincent Groizeleau. Et d'ajouter : « Pour faire clair, Djibouti ne va pas prendre le risque de se faire bombarder parce qu'un des pays ayant des bases sur son sol a décidé de faire la guerre à un tel ou un tel. Si jamais les événements s'emballaient, si jamais il commençait à y avoir des tensions de plus en plus vives avec les Houthis (qui maintenant contrôlent de facto le détroit de Bab el-Mandeb), si Djibouti commence à se faire bombarder, est-ce que les Djiboutiens vont continuer à accepter que les pays qui sont présents sur leur sol interviennent à partir de leurs bases ? Ça, c'est une vraie question. »
    À Paris, des militaires de haut rang précisent que chacun dans la région a son agenda et que l'intérêt des Houthis est aujourd'hui de contrôler seulement leur territoire. Mais reste que la région tout entière est désormais une poudrière.
    À lire aussiLes Houthis yéménites étendent leur influence dans la Corne de l’Afrique, selon un rapport américain
  • Exercices en Lituanie: les canons Caesar, première barrière de feu face à la Russie

    19/09/2026
    En Lituanie, l'exercice militaire multinational Strong Griffin a pris fin dimanche 20 septembre. Et pour la première fois l'armée française a participé avec ses canons Caesar à cette manœuvre. L'objectif : développer l'interopérabilité avec l'artillerie lituanienne. Avec 48 canons Caesar commandés, l'armée lituanienne muscle sa défense et le montre.
    À lire aussiDes avions de chasse de l’Otan abattent un drone volant au-dessus de la Lituanie
  • Golfe de Guinée: coup d'envoi de l'opération stratégique Corymbe de la Marine nationale

    12/09/2026
    Un porte-hélicoptères amphibie, navire majeur de la Marine nationale, doit très prochainement quitter le port militaire de Toulon pour mettre le cap vers le golfe de Guinée. C'est le coup d'envoi de l'opération Corymbe, un déploiement naval qui a lieu chaque année dans cet espace maritime d'Afrique de l'Ouest hautement stratégique.
    Avec ses 19 nations riveraines, le golfe de Guinée a toujours été une zone d'intérêt pour la France, rappelle le capitaine Gauthier. Nous l'avons joint à bord du porte-hélicoptères amphibie de la Marine nationale qui s'apprête à appareiller. « D'abord parce que nous avons 70 000 ressortissants français dans la région. Depuis les années 1990, il y a eu plusieurs opérations qui ont été déclenchées au claquement de doigts pour aller évacuer des ressortissants français et étrangers et les mettre en sécurité parce que leur vie était directement menacée. »
    Un espace maritime qui sent le soufre
    Mille navires transitent chaque jour par le golfe de Guinée. On y trouve des pétroliers avec 10 % du commerce mondial, beaucoup de pêches pas toujours légales. La route du narcotrafic passe aussi par là et la piraterie y est omniprésente. Un espace maritime qui sent donc le soufre. Capitaine de vaisseau Gauthier : « Quand on a autant de menaces, il faut savoir partager l'information de façon à ce que ceux qui peuvent intervenir puissent le faire au plus vite. La zone est tellement grande qu'il faut absolument se coordonner. C'est tout l'enjeu des missions comme celle que je vais conduire avec mon équipage, c'est d'aller au contact de nos partenaires pour conduire des exercices, des actions de formation, de retour d'expérience, de partage d'expérience. Pour nous, c'est très riche puisqu'ils connaissent évidemment mieux la région que nous. Quand on met tout en commun, on progresse rapidement. La mission de 2022 est emblématique. Les forces sénégalaises ont pu intervenir pour une saisie de narcotrafic au large de leurs côtes, avec l'appui d'un Falcon de la Marine nationale. C'est une mission tout à fait emblématique qui illustre le fonctionnement de cette coopération. »
    Une académie embarquée à bord du porte-hélicoptères amphibie
    Pour répondre aux enjeux sécuritaires, il faut que tous les États riverains se coordonnent. Cela s'apprend, se pratique. Raison pour laquelle, souligne le capitaine Gauthier, son navire accueille aussi une académie embarquée : « Une petite quarantaine de stagiaires – qui sont principalement des officiers des 19 nations riveraines, par exemple l'Angola, le Bénin, le Cap-Vert, le Congo, le Gabon – vont venir embarquer avec nous, pour plusieurs semaines, pour pratiquer tous ensemble, conduire des exercices afin de progresser sur le domaine de la sécurité et de la sûreté maritime dans la région. Tous les ans, il y a de plus en plus d'officiers qui sont envoyés dans cette académie embarquée. Ce qui est assez remarquable, c'est que l'on a su créer un réseau. Vous imaginez, vous mettez sur le même bateau pendant plusieurs semaines des officiers de la région, il se passe plein de choses, ils vivent plein d'aventures. Il est possible qu'ils participent aux opérations parce que, comme toujours, un bâtiment de combat à la mer, est en opération. On peut très bien déclencher une action de lutte contre la pêche illégale ou une saisie de stupéfiants avec les stagiaires à bord. »
    Au fil des années, l'opération Corymbe s'est imposée comme l'une des pierres angulaires de l'architecture de Yaoundé qui garantit la sécurité régionale.
    À lire aussiSommet de l'Espace: l'Afrique ne veut pas continuer à être distancée
  • Quels sont les enjeux militaires du Sommet international sur l’espace à Paris?

    05/09/2026
    Paris accueillera le premier Sommet international sur l’espace les 9 et 10 septembre 2026. Cet événement abordera l’espace non plus seulement d’un point de vue scientifique mais comme un nouvel espace de confrontation stratégique.
    Face aux risques de conflits en orbite, les questions militaires seront au cœur des discussions du Sommet de Paris. Et la défense commence au sol, insiste le colonel Sébastien Pagès, adjoint au chef d’état-major du Commandement de l’Espace : « Il y a des menaces à la fois sur ce qui est en orbite, donc les satellites, mais il y a également des menaces sur le segment sol, puisqu'un système spatial, ce n'est pas juste un satellite qui tourne, précise le militaire. C'est avant tout une grosse infrastructure au sol. Et d'ailleurs, la majorité des menaces pèsent sur les infrastructures au sol. » De quoi parle-t-on ? « Donc c'est du sabotage, ça va être des frappes ou de la neutralisation de telle ou telle infrastructure. C'est de l'attaque cyber. Donc ça, c'est ce qu'on constate en 2022, quand le conflit débute entre l'Ukraine et la Russie. La première attaque des Russes, c'est sur la constellation de satellites Viasat, qui était utilisée par les forces ukrainiennes. »
    Deuxième enjeu : prévenir les rivalités puisque la compétition et de possibles affrontements se transportent en orbite. « Le traité de 1967 dit : pas d'armes de destruction massive dans l'espace tournées vers le sol. Tout le reste, c'est autorisé et ça laisse quand même pas mal de marge. L'une des menaces, ce sont des menaces cinétiques directes. Très concrètement, on va détruire un satellite. La Chine a démontré cette capacité, la Russie aussi, l'Inde l'a fait également. Les États-Unis l'ont fait, liste Sébastien Pagès. Toute puissance qui est dotée d'une capacité balistique a les capacités de détruire un satellite en orbite basse. C'est une arme qu'on surveille de très près, ou une capacité, mais pour autant, on promeut des comportements responsables dans l'espace puisque c'est quand même un milieu qui est un bien commun et pour lequel les débris n'ont pas de cible. »
    À lire aussiComment les débris générés par l'activité spatiale polluent l'espace?
    L’effet de coque, un risque majeur
    Le sommet de Paris entend donc jeter les prémices de règles communes pour que l’espace ne devienne pas un Far West. Les constellations du type Starlink sont devenues indispensables aux opérations militaires. Or ces constellations se multiplient. La Chine prévoit par exemple d’envoyer 20 000 satellites de communication et Elon Musk annonce 1 million de satellites. La congestion guette. « 1 million de satellites, on commence à réfléchir à la notion de coque. En gros, ça va créer une coque sur les orbites basses et ce qui est important, c'est de pouvoir y accéder. Donc il faut de la place pour d'autres satellites que ceux de Starlink, souligne le colonel Pagès. Et puis l’enjeu, c'est de pouvoir traverser cette première coque qui est en orbite basse pour pouvoir accéder aux autres orbites. »
    Quant à la France, où en est-elle de cette course aux satellites ? « Ce que je peux vous dire, c'est que les armées françaises sont présentes sur tout le spectre des opérations spatiales militaires et celui sur lequel on est en train de se préparer, ce sont nos satellites d'action dans l'espace, précise le militaire. Vous avez peut-être entendu parler de Yoda et de Toutatis. Ces premiers satellites démonstrateurs arriveront avant 2030. »
    Dans un contexte géopolitique tendu, des militaires du monde entier sont attendus à Paris pour débattre des nouveaux risques spatiaux.
  • Missiles Patriot: Washington fait fi d’une ligne rouge russe

    11/07/2026
    Au sommet de l’Otan à Ankara ce 8 juillet, Donald Trump a indiqué qu’il allait autoriser Kiev à produire en Ukraine des missiles Patriot. Ces missiles sont indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent les villes ukrainiennes, mais jusqu’à présent, Donald Trump était opposé à aider si directement l’Ukraine. C’est donc un revirement stratégique.
    Une annonce « plutôt cool », selon les mots de Donald Trump. « Ces missiles, faites-les vous-mêmes », a encore lancé le président américain à son homologue ukrainien en marge du sommet de l'Otan. S'il n'a précisé ni sous quelles conditions ni à quelle échéance cette production locale de missiles se fera, c'est la première fois que Donald Trump tend aussi ouvertement la main à l'Ukraine.
    Car outre les missiles de défense sol-air, il a également proposé de produire en Europe des missiles tactiques, souligne Xavier Tytelman, expert aéronautique : « Cela concerne les ATACMS, qui sont des missiles à 300 kilomètres de portée que les Ukrainiens ont reçus à plusieurs centaines d'exemplaires et que les Russes n'arrivent pas à intercepter. Et surtout, il y a la réparation des systèmes Patriot, poursuit l'expert, c'est-à-dire la défense aérienne, voire même la production directe d'intercepteurs des missiles eux-mêmes directement en Ukraine. Et ça, évidemment, c'est ce dont les Ukrainiens ont le plus besoin, car ils souffrent tous les jours des attaques lancées par les Russes sur leur ville. »
    À écouter dans Le grand invité internationalMuriel Domenach : « On a atteint le meilleur résultat possible » au sommet de l'Otan
    Un volume d'armes énorme pour l'Ukraine
    Si l'industriel américain Lockheed Martin, qui produit les missiles intercepteurs Patriot, s'est engagé à tripler sa production, les usines américaines risquent pourtant d'avoir du mal à suivre le rythme d'une demande exponentielle. Alors produire à l'étranger sous licence, c'est la meilleure des solutions, précise Xavier Tytelman. « Le volume nécessaire pour défendre l'Ukraine, c'est totalement hors de portée de la production des Américains. Et les Ukrainiens savent faire beaucoup plus vite. Ils l'ont prouvé dans de nombreux domaines par le passé, notamment sur les missiles de croisière », explique l'expert aéronautique.
    « C'est vraiment une grosse inflexion de la part des États-Unis. C'est un revers évidemment pour Poutine qui, depuis le début, dit que c’est une ligne rouge. Donc, aujourd'hui, on attend simplement la mise en œuvre de ces annonces, poursuit Xavier Tytelman, puisque le vrai problème, c'est que les paroles de Trump ne sont pas toujours des paroles officielles qui engagent l'État américain, ce qui n'était pas le cas avec les présidents précédents. Donc, maintenant, il faut savoir si ce qui a été annoncé va vraiment être mis en œuvre, mais en tout cas, ça fait sourire énormément de monde en Ukraine. »
    La volonté politique est là, reste à relever un défi industriel 
    Produire en Ukraine des missiles de défense aérienne Patriot ne sera pas une mince affaire. Ça reste une ambition de long terme. Plusieurs mois seront nécessaires, estime Léo Péria-Peigné, chercheur à l'Ifri : « Se mettre à produire des missiles Patriot, se mettre à produire des ATACMS, ce n’est vraiment pas si simple. Il faut adapter des usines, il faut surtout adapter des chaînes d'approvisionnement. On n'est pas sur quelque chose qui se fait rapidement. On voit déjà les difficultés que l'industrie européenne a eues à monter en cadence sur des objets plus simples, mais alors là, commencer à produire des objets nouveaux, c'est encore un autre défi. »
    Les États-Unis s'intéressent de nouveau à l'Ukraine, et ce revirement américain semble avoir piqué au vif Moscou, qui a aussitôt accusé les Européens de se préparer à un conflit armé avec la Russie.
    À lire aussiSommet de l’Otan à Ankara: Trump, l’Ukraine, l’argent et les tensions démocratiques au cœur des débats
Sobre Lignes de défense
Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique de Franck Alexandre vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Franck Alexandre tous les dimanches matins dans sa chronique.
Site de podcast
Aplicações
Social
v8.18.0 | © 2007-2026 radio.de GmbH
Generated: 9/28/2026 - 4:55:49 AM