Comment les journalistes rendent-ils compte des VSS, les violences sexistes et sexuelles, dans le sport en France ? Les angles, les mots employés ou encore le choix des interlocuteurs sont-ils satisfaisants ? À l'inverse, les médias ne font-ils pas, au fond, partie du problème ? Un livre se penche sur la question : La Zone d'impunité, Enquête sur le traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles dans le sport aux éditions Hugo Doc. Ses autrices sont les invitées de Mondial Sports.
Hakimi, Greenwood, Agnel, les rugbymen Jegou et Auradou : les exemples ne manquent pas. Depuis 2004, au moins 110 athlètes de haut niveau, Français ou évoluant en France, ont été visés par des accusations de violences sexistes et/ou sexuelles.
Selon Medjaline Mhiri et Clothilde Le Coz, autrices de La Zone d'impunité, le traitement de ces affaires, aussi bien par les instances que par les journalistes spécialisés, est révélateur d'une trop grande complaisance envers les VSS.
« Historiquement, le sport a été créé par et pour les hommes, pour célébrer la virilité de ces messieurs »
Le patriarcat et la mentalité « boys club » s'épanouissent particulièrement dans le monde des athlètes. Et quand les champions risquent d'être éjectés de leur piédestal, tout un système semble s'organiser pour les défendre, y compris dans les journaux ou dans les studios.
Après tout, « le sport a été créé par et pour les hommes, pour célébrer la virilité de ces messieurs », nous rappellent Medjaline Mhiri et Clothilde Le Coz.
Les rédactions elles-mêmes ne sont pas épargnées
Le manque de place pour les femmes au sein des rédactions spécialisées fait également partie du problème. Sans compter les violences dont ces journalistes sont parfois elles-mêmes victimes.
Ce samedi, Mondial Sports tente d'évaluer l'étendue de la zone d'impunité médiatique concernant les VSS.
Avec :
- Medjaline Mhiri et Clothilde Le Coz, autrices de La Zone d'impunité, Enquête sur le traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles dans le sport, aux éditions Hugo Doc.
Le son sera accessible dans la page à partir de dimanche 18h05.