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- « Au village d’Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l’est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d’une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n’ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d’une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. »
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Quel bilan ?
« Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n’est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l’ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d’un plan anti-incendie encensé au début de l’été. (…)
Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. »
Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d’origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. »
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Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger
L’Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L’Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C’est ce que relève Le Point Afrique. L’Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d’une partie de l’armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s’inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d’Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n’a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l’Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l’arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d’élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. »
Intérêts économiques…
Commentaire d’El Moudjahid à Alger : « L’enjeu est d’autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, l’interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d’autres initiatives d’intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L’Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d’une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. »
À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole» - « La capitale nigérienne, Niamey, a connu vendredi une nuit de forte tension, relève le Journal du Niger. Des échanges de tirs et plusieurs détonations ont retenti pendant plusieurs heures autour de sites stratégiques, notamment la base militaire 101, l’aéroport international Diori Hamani et les abords du palais présidentiel. Les autorités militaires affirment désormais avoir circonscrit le mouvement. Le ministère nigérien de la Défense a attribué les violences à un “mouvement d’humeur" impliquant des soldats en rupture avec le règlement militaire ».
« Les tirs nourris entendus dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey ont suscité inquiétude et spéculations, au Niger et à l’étranger, pointe pour sa part Tam-Tam info, autre site nigérien. Comme à l’accoutumée, les ennemis de notre souveraineté retrouvée et de notre cohésion sociale ont vite saisi la balle au bond pour distiller des rumeurs les plus fantaisistes les unes que les autres. Mais, en réalité, affirme Tam-Tam Info, les FDS, les Forces de défense et de sécurité, ont réagi rapidement et professionnellement pour maîtriser un mouvement d’humeur impliquant des éléments isolés de l’armée ».
Voilà pour la version officielle distillée donc par les médias nigériens.
Tensions et frustrations au sein de l’armée nigérienne…
Analyse diamétralement opposée pour Sahel Horizon, site spécialisé sur les pays de l’AES, tenu par des journalistes en exil : « La crise qui a secoué Niamey trouve son origine directe dans de profondes tensions au sein de l’appareil militaire nigérien. Elle met en lumière des frustrations accumulées autour des conditions de déploiement, de la rotation des personnels et du sentiment d’une inégalité de traitement au sein de la hiérarchie sécuritaire ».
Sahel Horizon cite le cas de deux officiers des Forces spéciales, à l’origine de la mutinerie, qui avaient récemment « dénoncé une répartition inégale des contraintes opérationnelles, certaines unités étant maintenues durablement sur le terrain tandis que certains cadres bénéficieraient d’affectations administratives, de promotions ou de missions à l’étranger. (…) La mutinerie de la base 101 révèle (donc), pointe le site, les fractures de l’armée nigérienne et met (aussi) à l’épreuve la crédibilité du pacte de défense de l’AES, dont la Charte prévoit une assistance mutuelle face aux rébellions et menaces contre un État membre ». En effet, précise Sahel Horizon, « si le Burkina Faso et le Mali ont affiché leur solidarité politique, le soutien militaire direct publiquement établi est venu de la Russie. L’épisode révèle ainsi un décalage entre la solidarité politique revendiquée par l’AES et sa capacité opérationnelle effectivement démontrée ».
De plus en plus d’attaques djihadistes
Pour Ledjely en Guinée, cette victoire des forces loyalistes « ne doit pas faire illusion » : « ce putsch manqué constitue un indicateur supplémentaire de la dégradation de la situation, notamment sécuritaire, depuis le coup d'État de juillet 2023. (…) Ironie du sort, c’est précisément cette même dégradation du climat sécuritaire que l’actuel dirigeant nigérien, Abdourahamane Tiani, avait invoquée pour justifier son propre coup d'État contre Mohamed Bazoum ».
Le Monde Afrique à Paris renchérit : « cette mutinerie révèle les faiblesses de la junte du général Tiani, alors que le pays est en proie aux attaques de plusieurs groupes djihadistes. (…) Le 14 mai, rappelle le journal, le GSIM a attaqué un camp militaire à Garbougna, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, tuant 67 personnes, dont des civils. Le 17 juin, 51 soldats étaient à leur tour tués dans un assaut contre la garnison d’Inates, dans la même région. Ces saignées à répétition ont alimenté les frustrations au sein de l’armée ces dernières semaines, pointe encore Le Monde Afrique. Malgré les discours patriotiques triomphants des responsables de la junte à Niamey, certains officiers se sentent démunis sur le terrain. De fait, selon des sources militaires concordantes, les mutins qui ont tenté de renverser le général Tiani étaient menés par de jeunes gradés des forces spéciales pour partie déployés en première ligne dans la région de Tillabéri ».
Le Monde Afrique qui note également que « la junte du général Tiani apparaît d’autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu’elle n’a pu compter sur ses alliés de l’AES durant cette journée à haut risque ».
Une junte qui n’a dû son salut finalement qu’aux forces russes de l’Africa Corps présentes à Niamey.
Libération, toujours à Paris s’interroge : « samedi, les mercenaires d’Africa Corps ont montré qu’ils étaient capables de sauver le régime nigérien. Mais pour combien de temps ? Et à quel prix ? ». - « Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s’est adressé au peuple dans un discours d’une grande lucidité politique ». « Face à l’amplification des crises sécuritaires à l’Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ».
« Tshisekedi fixe le cadre d’un dialogue de trois mois et en exclut l’AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d’information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l’ancrage territorial la marque du dialogue » qu’il a lancé hier.
Qui participera à ce dialogue national ?
C’est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État.
Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ».
Le programme s’annonce chargé. Et le pari n’est pas gagné d’avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d’un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d’influence, est-elle prête à s’engager dans un dialogue dont l’unique gain serait l’intérêt général ? »
« Une génération entière décimée »
Reste l'épineuse question de la situation dans l’est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d’examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d’indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d’agressions et d’insécurité à l’Est, il a martelé : "ce n’est plus une crise passagère, c’est une génération entière qui est décimée" ».
Une chose est sûre, en tout cas, l’AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l’ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ».
Concernant le conflit dans l’est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l’AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ». - Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d’un peu plus de 70 jours.
Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l’objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement.
Qu’est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C’est du moins ce qu’affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S’il n’a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d’Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d’une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l’État camerounais a en effet bénéficié d’une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l’État ».
Attentes et interrogations
Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n’est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l’instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s’il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d’un certain nombre de faits, comme la non-formation d’un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l’éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l’exploitation de l’or au Cameroun. Autre fait qui suscite l’interrogation, poursuit l’éditorialiste camerounais, c’est l’absence de la nomination d’un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ».
La guerre de succession
Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l’intérim après la disparition du président. Et qui fait l’objet d’une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d’un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d’autant plus vital pour sa propre survie, qu’elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l’autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l’appelle en référence à l’ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession.
Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d’avancer leurs pions pour s’approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l’entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s’égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ». - « L’inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d’un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ».
« La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ».
Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l’un d’eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l’intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n’est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d’un médecin. D’après son avocat, il souhaite être opéré en France ».
La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France.
Pas les autorisations nécessaires ?
Afrik.com revient sur les raisons de l’arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l’utilisation d’un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l’utilisation d’un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ».
Le nord du Togo sous la menace jihadiste
Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l’objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l’État islamique. Un état d’urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ».
De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l’actualité politique et de manifestations de l’opposition par les deux médias ».
La valse des nominations au sein de l’armée togolaise
Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l’armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l’armée. » Un nouveau chef d’État-major des armées a été nommé, de même qu’un nouveau directeur de l’Agence nationale de renseignement.
« Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d’incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l’appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l’État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s’agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l’armée en s’assurant de la fidélité de ses chefs ».
Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d’état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l’avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d’opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d’Africa Corps sont déployés dans le pays ».
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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