Le surnom des Capverdiens, les Requins bleus, inspire Wakat Sera au Burkina Faso. « Pour être des requins, ils en ont la voracité, mais sont loin de jouer le football comme des bleus ! » écrit Wakat Sera, qui souligne surtout « un excellent élan collectif de détermination et surtout de performance, qui a fait de ces représentants africains de véritables combattants, sans complexe dans l'arène du Mondial 2026 ».
Mais au sein de cette équipe de Requins bleus, un homme attire l'attention : le gardien Vozinha, 40 ans. Le Monde lui consacre un portrait. Celui qui est né en 1986 à Mindelo se nomme en fait Josimar José Évora Dias, Josimar, du nom d'une gloire du foot brésilien qui s'était particulièrement illustré l'année de sa naissance en marquant des buts restés dans les mémoires. Le Monde raconte que Vozinha n'a signé son premier contrat professionnel qu'à l'âge de 25 ans. Un parcours tardif et atypique pour celui dont la mère n'avait pas pu assister au premier match contre l'Espagne la semaine dernière : elle n'avait pas de visa. Mais cette nuit, elle était présente pour le voir briller contre l'Uruguay. Vozinha, une belle histoire de plus en plus suivie sur les réseaux sociaux. Le Monde rapporte qu'avant le match, son compte Instagram comptait 50 000 abonnés, il en compte désormais plus de 15 millions.
Rapprochement entre le Bénin et le Niger
Toute autre chose, dans La Nouvelle Tribune : le rapprochement entre le Bénin et le Niger. Depuis plusieurs semaines, les deux pays multiplient les gestes amicaux. « Les nuages sombres qui stagnaient depuis plusieurs mois au-dessus du fleuve Niger commencent enfin à se dissiper », écrit La Nouvelle Tribune. Entre Cotonou et Niamey, le dégel diplomatique n'est plus une simple intention pieuse, mais une réalité qui se matérialise jour après jour. Le journaliste note que « tout processus de réconciliation solide repose sur l'empathie ». Pourquoi ce commentaire ? Parce que la semaine dernière, après la nouvelle attaque jihadiste contre l'aéroport de Niamey, « les autorités béninoises ont immédiatement réagi en exprimant leur profonde compassion et leur solidarité indéfectible envers le peuple nigérien ». Bien plus que du protocole, estime le journal, pour qui « la paix des braves n'est pas une capitulation d'un camp face à l'autre, mais le triomphe de la diplomatie, de la raison et des intérêts des peuples. Le chemin est encore jalonné de défis, mais la volonté politique, elle, semble désormais inébranlable ».
En Éthiopie, un nouveau succès électoral pour le Premier ministre
Les instances électorales ont publié hier soir les résultats des élections législatives d'il y a trois semaines, et c'est une nette victoire pour le Parti de la prospérité du Premier ministre sortant Abiy Ahmed : il remporte 438 des 486 sièges attribués dans la nouvelle Assemblée, soit 90 % des sièges.
Le Monde lui consacre un portrait. Ce n'est pas le premier portrait d'Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, l'homme est déjà bien connu, mais le journal rappelle comment il est passé « de réformateur adulé par la communauté internationale à chef de guerre ». C'est le titre de ce portrait signé par la correspondante du quotidien français à Addis-Abeba, Maëlle Duhamel. Elle y cite cet habitant de la capitale qui se souvient de l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018 : « Un Oromo à la tête du pays, c'était énorme. Et j'étais vraiment séduit par cet homme qui nous promettait une Éthiopie unie et du changement. L'étau se desserrait. Pour la première fois, on se sentait libre ».
La journaliste rappelle aussi l'Abiymania qui s'était alors emparée d'une communauté internationale ravie de se débarrasser d'un régime dominé par le Front de libération du peuple du Tigré et ses valeurs marxistes. S'ensuivra, en 2022 au Tigré, ce qui sera qualifié de nettoyage ethnique par Human Rights Watch, et des soutiens internationaux qui s'effritent. Mais ces derniers mois, ces soutiens reviennent, une réhabilitation à mettre sur le compte, estime Le Monde, des bons résultats économiques de l'Éthiopie d'Abiy Ahmed.
« Quand les fêtes religieuses révèlent les fractures sociales »
Afrik.com enfin met l'accent sur une douloureuse question de société au Bénin : « Quand les fêtes religieuses révèlent les fractures sociales », titre le site. Un sujet qui concerne toutes les confessions. À chaque Tabaski, à chaque Noël, à chaque Ramadan, à chaque célébration du Vodun, deux réalités coexistent souvent dans le même espace national. Afrik.com décrit « ces pères de famille qui parcourent les marchés dans un silence lourd, calculant mentalement ce qu'ils ne pourront finalement pas acheter, alors que des mères dissimulent leur inquiétude derrière des sourires de circonstance pour empêcher leurs enfants de comprendre que cette année encore, la fête sera modeste ».
Car il y a ceux qui peuvent célébrer dans l'abondance et ceux qui doivent se serrer la ceinture. « Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, l'inflation alimentaire continue d'aggraver ces déséquilibres », pointe le journal. « Les grandes fêtes religieuses rappellent chaque année une vérité essentielle : une société ne se mesure pas uniquement à la richesse qu'elle produit, mais aussi à sa capacité à empêcher que certains vivent la joie collective comme une douleur personnelle ».
Afrik.com estime que les différences religieuses doivent devenir des occasions de fraternité et être ainsi des actes silencieux de construction nationale.