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Revue de presse Afrique

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    À la Une: le bilan de la visite de Romuald Wadagni en France

    06/10/2026
    La première visite de Romuald Wadagni en France depuis son investiture. Un voyage diplomatique qui aura duré deux jours, avec ce lundi la rencontre avec son homologue français, Emmanuel Macron. Pour La Nation, journal béninois, « cette audience reste un temps fort de la première visite officielle qu’effectue le chef de l’État » à Paris, elle entre « dans une dynamique de dialogue et de concertation entre les deux pays. »
    « Pour Cotonou comme pour Paris, cette visite revêt une importance particulière, analyse ensuite La Nation, elle offre l’occasion de consolider des liens historiques tout en explorant de nouvelles pistes de collaboration adaptées aux défis actuels. À travers cette séquence diplomatique de haut niveau, Romuald Wadagni entend donc poursuivre sa stratégie d’ouverture et de diversification des partenariats, dans un contexte marqué par une volonté commune de renforcer les relations entre les deux pays. »
    La signature de plusieurs accords financiers entre Cotonou et Paris
    La Nouvelle Tribune, autre titre béninois, en compte trois, dans les domaines de l'électricité, de l'agriculture et de la santé. « Celui qui retient l’attention est le programme consacré à l’extension et au développement des réseaux électriques. (...) un projet d’une valeur de 173 millions d’euros », souligne le journal. 
    « L’autre retombée de la visite, remarquée par le site Afrik.com, est le lancement des négociations pour financer une plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale. » Le média ajoute qu'« à terme, le Bénin ambitionne de disposer d’un laboratoire national d’expertise ADN capable de réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an. » Afrik.com note enfin que ce sont au total « près de 100 millions d’euros mobilisés en une matinée » pour les projets de Cotonou.
    Abiy Ahmed rempile pour un nouveau mandat de Premier ministre en Éthiopie
    Quatre mois après les législatives, le dirigeant éthiopien a été reconduit à la tête du gouvernement fédéral, par son parti, le parti de la Prospérité, qui a obtenu 87 pour cent des sièges à la Chambre des communes, rappelle l'hebdomadaire éthiopien Addis Fortune. « Une réélection en plein regain de tensions avec le Tigré, pointe Afrik.com, alors que les combats ont repris dans le nord du pays entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. »
    Cependant, « la crise ne se limite pas au face-à-face entre Addis-Abeba et le TPLF, rappelle le site internet, les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont également fortement dégradées ces dernières semaines. (...) Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les forces opposées au gouvernement fédéral, ce que l’Érythrée conteste. » Ces tensions se sont fait sentir dans le communiqué signé par le ministère des Affaires étrangères éthiopien, et publié ce lundi. Addis-Abeba y déclare que « ni les pressions ni les manœuvres de déstabilisation ne changeront la place du pays sur le Nil Bleu et en mer Rouge. Le pays n’a plus d’accès direct à la mer depuis des décennies, mais le ministère y voit pourtant un lien intact », remarque La Nouvelle Tribune. « Aucun pays n’est nommé, mais les dossiers en cours laissent peu de doute sur les destinataires du message », et parmi eux, l'Érythrée.
    Pour Afrik.com, le gouvernement d'Abiy Ahmed devra donc « composer avec la reprise des affrontements au Tigré, la dégradation des relations avec l’Érythrée et les risques d’une extension du conflit. »
    Au Sénégal, la capitale sous l'eau 
    « Dakar boit la tasse », c'est le titre d'un article du Quotidien, qui relate les conséquences des fortes pluies qui ont touché la capitale sénégalaise ce week-end en pleine période d'hivernage. 
    « Dans certaines concessions, les occupants ont ressorti les vieilles méthodes. Seaux à la main, ils tentent d’évacuer l’eau qui s’est frayé un chemin jusque dans les maisons. Ici, on puise, on transporte, on vide. Là, on tente de protéger meubles et appareils avec les moyens disponibles. »
    « Pendant ce temps, le ciel reste menaçant. Cette atmosphère fait craindre de nouvelles précipitations (...) Dans les quartiers touchés, la fatigue et l’inquiétude se font sentir. Des habitants déplorent l’absence des autorités sur le terrain durant ce week-end pluvieux », note le Quotidien, avant d'annoncer qu'« après la pluie, une autre bataille commence donc, celle de l’évacuation des eaux. Et pour les populations, la question de la capacité des quartiers à faire face aux fortes précipitations reste entière. »
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    À la Une: la mort de l'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane

    05/10/2026
    L'écrivain et ancien ministre sénégalais, Cheikh Hamidou Kane est décédé, ce samedi à Dakar, à l'âge de 98 ans. Cette annonce fait évidemment les gros titres de la presse sénégalaise, qui lui rend hommage : « Le Sénégal et le monde des lettres sont en deuil », déclare le média Seneweb, qui estime que l'auteur laisse derrière lui « l'héritage d'un parcours exceptionnel dédié au service de l'État et au rayonnement culturel du continent. Cheikh Hamidou Kane a effectué un brillant parcours académique entre le Sénégal et la France, obtenant des licences en droit, en lettres et en philosophie à la Sorbonne », avant de devenir ministre sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.
    À lire aussiL'écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, auteur de «L'aventure ambiguë», est mort à l'âge de 98 ans
    ​« C'est toutefois son œuvre littéraire qui l'inscrit définitivement dans la postérité », souligne le journal, faisant référence à son roman L'Aventure ambigüe, publié en 1961 et couronné par le Grand prix littéraire d'Afrique noire. Un roman en grande partie autobiographique, qui suit le parcours d'un talibé, un élève d’une école coranique, que sa famille envoie étudier la philosophie à Paris. « Le livre raconte la collision entre les valeurs africaines et islamiques et la culture occidentale », relate Le Soleil, autre titre sénégalais. Mais « après ce coup d’éclat, l’écrivain se tait longtemps. Près de 35 ans de silence littéraire s’écoulent avant la parution d’un second roman en 1995. Deux romans seulement, mais une influence considérable. »
    Une influence reconnue par la classe politique sénégalaise
    « J’ai appris avec une profonde tristesse le rappel à Dieu de Cheikh Hamidou Kane », a écrit sur Facebook le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. « Avec L’Aventure ambiguë, il a donné à des générations d’Africains les mots pour penser une question qui nous habite encore, celle de s’ouvrir au savoir du monde sans rien perdre de ce que nous sommes. Ministre de la République, il a aussi servi le Sénégal avec dévouement », a-t-il ajouté. Des propos relayés par Senego, qui ajoute que c'est le Premier ministre du pays, qui « a présidé ce dimanche la cérémonie de levée du corps de l’écrivain (...). Par cet hommage, le gouvernement a salué la mémoire d’un grand serviteur de l’État et d’une figure emblématique de la vie intellectuelle et culturelle du Sénégal. »
    Des hommages qui dépassent les frontières du pays de la Teranga 
    Comme l'évoque le journal panafricain Financial Afrik, c'est « un géant de la littérature africaine » qui s'en est allé. «Traduit dans une quarantaine de langues, son roman L’Aventure ambiguë est devenu un classique de la littérature africaine francophone. L’ouvrage est étudié depuis des décennies dans de nombreux lycées, collèges et universités à travers le continent africain », relève de son côté Le Monde Afrique. Rien d'étonnant donc, à ce que les hommages à l'écrivain se multiplient hors de Dakar.« L'Afrique perd une voix », écrit depuis Porto-Novo Le président béninois, Romuald Wadagni, qui pleure la disparition d’une « grande voix de la génération des indépendances », dans un message sur Facebook, relayé sur le site PressAfrik.com.
    La presse aussi marquée par l'écho de ses œuvres dans l'esprit de millions de lecteurs
    Cheikh Hamidou Kane était « une lumière dans notre mémoire », titre Le Soleil. « L’Aventure ambiguë apparaît comme bien plus qu’un roman. C’est l’œuvre d’une éternité, entrer à jamais dans l’histoire, son auteur avec. » En écrivant ce livre, « Il pose une question qui n’a pas vieilli : que garde-t-on de soi quand on apprend le monde des autres ? », interroge le journal. 
    « Derrière ce destin individuel se dessinait quelque chose de plus vaste : le trouble d’un continent confronté à la modernité, au moment où les peuples africains commençaient à reprendre possession de leur histoire. Le roman connut une destinée exceptionnelle et continue, des décennies plus tard, de trouver des lecteurs qui reconnaissent dans ses pages une part de leurs propres interrogations », poursuit Le Soleil. « Il nous reste ses livres, bien sûr. Il nous reste aussi le souvenir d’une voix, d’une génération et d’une certaine idée de l’homme africain : debout entre plusieurs héritages, attentif au monde, mais fidèle à sa mémoire », affirme le journal, avant de conclure : « Cheikh Hamidou Kane s’en va. Son œuvre, elle, continuera de cheminer de génération en génération, comme une parole ancienne que le temps n’a pas réussi à faire taire. »
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    À la Une: l’inquiétant nombre d’infanticides et de féminicides au Cameroun

    02/10/2026
    L'inquiétude ne cesse d’augmenter. Depuis le début de l’année, annonce le journal en ligne Afrique XXI, « le Cameroun égrène les noms de ses enfants morts, comme on égrène un chapelet funèbre. Divine 11 ans, enlevée puis tuée après des sévices sexuels à Nkoabang, en périphérie de Yaoundé. Mathis, 6 ans, assassiné par un voisin à Yaoundé. Karl Ethan, 11 ans, tué à son domicile de Minkan ».
    La liste est longue. Selon Afrique XXI, « chacune de ces affaires a suivi la même trajectoire : un emballement sur les réseaux sociaux camerounais, une indignation qui déborde les frontières nationales puis, invariablement, un silence institutionnel qui finit par devenir, lui aussi, un objet de scandale ».  
    Ce silence institutionnel a toutefois fini par être brisé. Le 1er juin, rappelle Afrique XXI, « une conférence de presse gouvernementale a officiellement recensé 77 féminicides pour la seule année 2025, ainsi que "des dizaines" de violences graves commises contre les enfants (…) un chiffre que les observateurs jugent (toutefois) très inférieur à la réalité ».  
    Le journal en ligne a interrogé la psychologue clinicienne Agnès Tsimi, qui livre son analyse : « La famille reste le premier lieu de danger pour l’enfant camerounais, bien avant la rue ou l’inconnu. C’est ce qui rend le sujet si difficile à traiter socialement : il faut accuser quelqu’un qu’on connaît. » La question ébranle désormais la société camerounaise : une manifestation contre les infanticides et les féminicides a eu lieu il y a 2 semaines, à Yaoundé. 
    Confessions religieuses et prévention
    En RDC, l’église se mobilise pour la lutte contre le virus Ebola. C’est la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui a réuni hier « les responsables des confessions religieuses sur la prévention et la riposte contre Ebola », explique Beto. Le média en ligne congolais précise que le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole « a ouvert les travaux, en invitant ces responsables à s’engager davantage ».
    La Cenco met particulièrement en avant la question des contacts des proches avec un défunt. Question cruciale car, explique Beto, « le virus Ebola se transmet par les liquides biologiques et le corps d’un défunt reste contaminant. Les rites funéraires, la toilette mortuaire, les veillées et les contacts avec la dépouille comptent parmi les principaux vecteurs de transmission connus de cette maladie ».
    C’est là que la responsabilité des autorités religieuses intervient, ajoute Beto : « Ce sont les autorités religieuses et coutumières qui encadrent ces rites. Un enterrement sécurisé accepté par une communauté coupe une chaîne de transmission ». Conclusion de Mgr Donation Nshole : « Notre engagement est précieux, car la lutte contre Ebola doit être fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité collective. »
    Octobre rose
    C'est aussi une préoccupation concernant le domaine de la santé en RDC : la lutte contre le cancer du sein. Avec hier, le début de la campagne internationale Octobre rose. « La RDC lance une vaste campagne de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus », annonce le Journal de Kinshasa. Selon le ministère congolais de la Santé, « plus de 9 700 nouveaux cas de cancers du sein sont enregistrés chaque année en RDC ».  
    Le programme du gouvernement, précise le journal congolais, « prévoit le dépistage sur près de 912 000 femmes dans six provinces », dont « le dépistage gratuit de 5 000 femmes à Kinshasa ». « L’idée, explique le Journal de Kinshasa, est de favoriser la détection précoce des lésions pré-cancéreuses et des cancers afin de permettre une prise en charge plus rapide des femmes concernées. » 
    Que faire pour participer à ce dépistage ? Selon le ministère de la Santé, « les femmes sont invitées à s’inscrire, choisir le lieu de dépistage le plus proche et respecter leur rendez-vous, y compris lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme ».
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    À la Une: quelle coalition et quelles orientations pour le Maroc?

    01/10/2026
    « À peine nommée, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, entame le jeu des alliances, pointe le quotidien L’Opinion à Rabat. L’enjeu est de parvenir à la coalition la plus harmonieuse. Mais avec qui ? », s’interroge le journal. « C’est toute la question des consultations entamées, hier, par la patronne du PAM. La nouvelle cheffe de l’Exécutif s’est déjà mise à l’œuvre. Elle a commencé ses discussions avec ses anciens alliés de la majorité sortante, le RNI, le Rassemblement national des indépendants, et l’Istiqlal. Le PJD, parti islamiste, a été également convié à des discussions », mais, souligne L’Opinion, il a d’ores et déjà affirmé « son refus catégorique de siéger dans un gouvernement présidé par le PAM auquel il promet une opposition féroce au Parlement. Il est clair que le Parti de la Lampe se considère le leader de l’opposition après son come-back inattendu aux législatives où il est arrivé quatrième avec 54 sièges. Un score qui le met en position de force pour incarner le camp adverse dans l’Hémicycle ».
    Urgences…
    « Maroc : le PAM saura-t-il relever le défi du pouvoir ? », s’interroge Jeune Afrique. « Bâtir une coalition qui ne soit pas une simple distribution de postes », mais aussi « convaincre les abstentionnistes » et « donner un sens à la victoire électorale du 23 septembre : pour la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, le plus difficile commence », s’exclame le site panafricain.
    En effet, « le futur gouvernement devra éviter le piège classique des coalitions, prévient Jeune Afrique : distribuer les portefeuilles avant de définir le projet. La question centrale ne sera pas seulement qui gouvernera avec qui, mais autour de quel contrat politique et économique. Une formation peut gagner une élection avec un récit politique ; elle ne peut gouverner durablement qu’avec une méthode ».
    Et « cette méthode sera d’abord jugée sur l’économie réelle, pointe le site panafricain. L’année dernière, le Maroc a créé 193 000 emplois, mais le chômage concernait encore plus de 37 % des 15-24 ans, près de 20 % chez les diplômés et 20 % des femmes. Plus préoccupant encore, le sous-emploi est passé à 1,9 million de personnes. Le prochain gouvernement héritera donc moins d’une crise statistique que d’une question de modèle : comment transformer la croissance, l’investissement et les grands projets en emplois suffisamment nombreux et suffisamment qualifiés ? »
    De plus, souligne Jeune Afrique, « il existe, parallèlement, une autre urgence, moins quantifiable : celle de la confiance. Le scrutin du 23 septembre n’a mobilisé que 38 % des électeurs contre un peu plus de 50 % en 2021. Plus de six inscrits sur dix ne se sont pas déplacés. Le chiffre ne permet pas, à lui seul, de déduire les motivations de l’abstention. Il constitue néanmoins un signal politique majeur ».
    « Jusqu’où peut-elle aller ? »
    En corollaire, cette question posée par Afrik.com : « Face aux milliardaires, Fatima Ezzahra El Mansouri peut-elle bousculer le système ? La Première ministre succède à Aziz Akhannouch, l’une des plus grandes fortunes du pays. Carburants, dessalement, marchés publics : la patronne du PAM a dénoncé les conflits d’intérêts pendant la campagne. Elle a pourtant siégé cinq ans dans le gouvernement du milliardaire (comme ministre de l’Habitat). »
    Alors « jusqu’où peut-elle aller ?, s’interroge encore le site panafricain. Les leviers d’une cheffe du gouvernement existent avec le renforcement du Conseil de la concurrence, la transparence des marchés publics, la fiscalité, l’accès des PME au crédit ou la loi sur les conflits d’intérêts. » Par ailleurs, « son bilan au ministère de l’Habitat montre une méthode tournée vers les ménages plutôt que vers les promoteurs, ce qui est déjà un bon signe ».
    Toutefois, tempère Afrik.com, « sa marge de manœuvre reste surtout bornée par l’architecture du pouvoir. La Constitution de 2011 confère au chef du gouvernement d’importants pouvoirs exécutifs, mais c’est le Roi qui préside le Conseil des ministres, où sont décidées les orientations stratégiques de l’État. (…) Le projet de loi de finances 2027, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter au Parlement dans les prochaines semaines, offrira un premier test. On verra alors jusqu’où la cheffe du gouvernement est prête à aller face à ceux dont elle a partagé le pouvoir pendant cinq ans ».
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    À la Une: Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme Premier ministre au Maroc

    30/09/2026
    Le continent africain comptait déjà trois femmes cheffes de gouvernement : en Namibie, au Togo et en RDC. Il y en donc désormais une quatrième : Fatima Ezzahra El Mansouri, 50 ans, a été nommée hier à ce poste par le roi Mohammed VI. « La nomination de la cheffe de file du PAM, le Parti authenticité et modernité, intervient après la victoire de sa formation aux législatives du 23 septembre, précise le site marocain Yabiladi, avec 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. El Mansouri doit maintenant s'atteler à constituer une majorité gouvernementale en négociant avec les partis représentés au Parlement ».
    « Avec cette nouvelle fonction, pointe le magazine Tel Quel, Fatima Ezzahra El Mansouri ajoute une troisième corde à son arc, et pas n’importe laquelle. Elle était déjà "raïssa" (maire) du conseil communal de Marrakech et, dans les faits, la véritable patronne du PAM ». Tel Quel qui qualifie la nouvelle Première ministre de « crainte, respectée, et parfois cassante ».
    Proche des cercles du pouvoir
    Tout commence pour elle en politique en 2009, relate le Desk, autre site marocain : elle a alors 33 ans. « Le conseil communal de Marrakech, sa ville natale, la porte à sa présidence. Elle devient la première femme à diriger la cité ocre et, accessoirement, la plus jeune maire que le Maroc ait connue. À l’époque, la jeune avocate n’a rien d’une femme politique. Élevée dans les écoles de la mission française, formée au droit à Rabat puis à Montpellier, elle maîtrise alors mal l’arabe, se souvient un proche de la famille. Mais elle a pour elle un nom et un réseau. »
    En effet, pointe Yabiladi, Fatima Ezzahra El Mansouri a baigné dans un milieu proche des cercles de pouvoir… « Surnommée "la fille du pacha", elle est la fille d’Abderrahman El Mansouri, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marrakech, pacha de la ville, puis ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis ».
    « Première femme à administrer une ville marocaine de plus de 500 000 habitants, elle est aux avant-postes, rappelle Le Monde Afrique, lors du séisme du 8 septembre 2023, qui fit plus de 3000 morts dans la région de Marrakech. (…) Deux ans plus tard, elle est l’une des rares voix au gouvernement à faire son mea culpa, alors qu’une partie de la génération Z proteste contre les inégalités territoriales et la déliquescence des secteurs de l’éducation et de la santé. "Si nous avions réussi, cette colère n’existerait pas. Donc nous n’avons pas réussi", lançait, il y a un an, devant des jeunes du PAM, celle qui était alors ministre de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme ».
    « Qu’apportera-t-elle de différent ? »
    « Enfin, une femme à la tête du gouvernement », se réjouit l’éditorialiste du site marocain le 360 : « l’histoire retiendra qu’une femme a, pour la première fois, dirigé le gouvernement marocain. Mais la société marocaine jugera surtout son action. (…) Qu’apportera-t-elle de différent ? », s’interroge la journaliste. « Nous l’attendons sur l’école, la santé, l’emploi et le chômage des jeunes, le pouvoir d’achat, les inégalités sociales et territoriales, les services publics et la protection sociale. Nous l’attendons aussi sur la situation des femmes, les violences à leur encontre, les personnes handicapées, l’application effective de leurs droits, les enfants en situation de vulnérabilité et la lutte contre la précarité… Et sur cette question : comment faire du développement économique une amélioration réelle de la vie quotidienne des Marocains ? »
    Vaste programme… À cet effet, relève L’Opinion, « Fatima Ezzahra El Mansouri entame, dès ce matin, les consultations avec les partis politiques en vue de former le gouvernement. Elle recevra une délégation du RNI, le Rassemblement national des indépendants, puis celle du Parti de l’Istiqlal ». Les deux formations qui sont arrivées juste derrière le PAM à l’issue des législatives. D’autres consultations devraient suivre.
    Et ce nouveau gouvernement est donc très attendu… « Le Maroc n’attend pas seulement un gouvernement capable de gérer, pointe le site marocain Medias 24. Il attend surtout un gouvernement capable de réformer et de rétablir la confiance. Un gouvernement qui aura l’audace de mettre le pays sur les rails du progrès et de s’attaquer frontalement aux freins qui entravent encore son développement ».
Sobre Revue de presse Afrique
Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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