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    À la Une: la guerre oubliée du Sahel

    25/03/2026
    « Ukraine, Gaza, Iran. Dans le tumulte d’un monde où se multiplient les conflits, celui qui ronge le Sahel passe souvent inaperçu, relève Le Monde Afrique. Au cœur d’un continent faisant rarement les grands titres des médias, cette région gangrenée par les groupes jihadistes s’enfonce pourtant dans un cycle de violence dévastateur. Pour la troisième année de suite, elle concentre près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde en 2025. C’est ce qu’indique le dernier Indice mondial du terrorisme, publié jeudi dernier.
    Selon les dernières estimations, précise Le Monde Afrique – probablement sous-estimées –, un peu plus de 70 000 personnes (civils, militaires et combattants de groupes armés) ont été tuées au Mali, au Burkina Faso et au Niger depuis 2016. Parmi elles, 54 000 l'ont été durant les cinq dernières années. Soit depuis l’arrivée au pouvoir de juntes dans ces trois pays, par des putschs successifs, entre 2020 et 2023, qui forment aujourd’hui l’AES, l’Alliance des États du Sahel. Leurs chefs ont instauré des dictatures militaires qui ne tolèrent aucune voix critique, relève encore le journal. Ils se sont autoproclamés présidents, sans élections, et n’ont nulle intention d’en organiser. Les partis politiques ont été dissous, la presse a été muselée, ne laissant à ceux qui pensent différemment que le choix entre le silence et l’exil. Seule la propagande officielle est tolérée. »
    L’illusion russe
    Les dictatures militaires de l’AES se sont très rapidement détournées de l’Occident au profit de la Russie. Mais ce fut une « illusion » qui s’est vite effondrée, relève Afrik.com : « Le modèle russe reposait sur une formule séduisante : sécurité sans conditionnalité démocratique, rhétorique anti-occidentale et promesse de respect de la souveraineté. Mais la pratique a révélé ses limites, pointe le site panafricain. Les pays ayant accueilli les mercenaires russes de Wagner puis d’Africa Corps, Mali, Burkina Faso, Niger, restent plongés dans l’insécurité et subissent un isolement international croissant. »
    De plus, relève encore Afrik.com, « sur le plan économique, le contraste est saisissant. En 2019, Vladimir Poutine annonçait un doublement des échanges commerciaux avec l’Afrique en cinq ans, fort de 92 accords signés. En 2024, le commerce Russie-Afrique a atteint seulement 24 milliards et demi de dollars. À titre de comparaison, la Chine a généré plus de 355 milliards la même année. »
    Le retour des États-Unis
    C’est dans ce contexte que les États-Unis sont en train d’opérer un « retour discret » dans la région… En effet, constate Le Point Afrique, « de Bamako à Niamey, une série de visites diplomatiques illustre la volonté des États-Unis de reprendre pied dans une région russophile et toujours confrontée à l’expansion djihadiste. » Washington « serait sur le point de conclure un accord de renseignement avec Bamako (…) : partage d’informations sur les groupes djihadistes mais surtout possibilité pour l’armée américaine de faire voler ses appareils à des fins de surveillance. (…) Ce rapprochement du Mali avec les autorités américaines est d’autant plus intéressant, remarque encore Le Point Afrique, que l’ADN de la confédération se fonde sur une importante critique de toute influence occidentale. Mais devant le péril posé par l’avancée des groupes armés, les États sahéliens semblent sensibles au regain d’intérêt des États-Unis. »
    La menace sur les pays côtiers
    Un péril qui menace toujours de s’étendre aux régions côtières de l’Afrique de l’Ouest… Exemple en Côte d’Ivoire, où « dix ans après l’attentat de Grand-Bassam, la menace terroriste est réelle et persistante. » Déclaration à Jeune Afrique de Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre et ministre de la Défense ivoirien. « Les groupes terroristes ont déclaré à nos États une guerre à la fois asymétrique et hybride qui est en train de s’inscrire dans la durée, affirme-t-il. Leurs intentions, leurs actions et leurs mouvements auraient pu être mieux maîtrisés, déplore le ministre ivoirien, si la coopération entre nos services de renseignements et ceux des pays voisins n’avait pas été mise en veilleuse. (…) Il est regrettable, poursuit-il, de constater la persistance des incompréhensions entre nous et nos frères burkinabè et maliens, mais il faut se donner encore du temps. Il est important de reconnaître qu’aucun pays ne peut vivre en vase clos et prétendre lutter efficacement seul contre le terrorisme. »
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    À la Une: la condamnation à deux ans de prison du journaliste malien Youssouf Sissoko

    24/03/2026
    Deux ans de prison et un million de FCFA d’amende pour avoir osé critiquer un chef d'État étranger… Youssouf Sissoko, directeur de la publication de L’Alternance, avait été arrêté début février. Son journal venait de publier un article dénonçant les accusations du chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, à l’encontre de la France, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, comme quoi ces trois pays étaient impliqués dans l’attaque fin janvier contre l’aéroport de Niamey, revendiquée par le groupe État islamique. L’article accusait Abdourahamane Tiani de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ».
    Une phrase qui a valu à Youssouf Sissoko d’être poursuivi et condamné donc pour offense à chef d'État étranger.
    Un « recul préoccupant »
    La presse malienne, soumise à d’intenses pressions directes ou indirectes, reste plutôt discrète sur cette affaire. Le site d’information Bamada livre l’information brute : « Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal l’Alternance, a été condamné hier par le Tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité à deux ans ferme et au paiement d’un million de francs en guise de dommages et d’intérêts. »
    Les sites Malijet et Mali 24 vont un peu plus loin en rapportant la réaction de l’ASSEP, l’Association des éditeurs de presse privée : « Cette sentence lourde suscite une vague d’indignation au sein de la presse privée malienne. L’ASSEP ne mâche pas ses mots, relève Mali 24, dénonçant une décision qu’elle qualifie de "recul préoccupant" pour la liberté d’expression et la liberté de la presse au Mali. Pour l’ASSEP, cette condamnation dépasse le simple cadre judiciaire. Elle constituerait un précédent dangereux, susceptible d’accentuer la fragilité des organes de presse déjà confrontés à de nombreuses contraintes économiques, juridiques et sécuritaires. (…) L’association réaffirme aussi, pointe encore Mali 24, son engagement indéfectible en faveur d’une presse libre, indépendante et responsable, tout en appelant à une prise de conscience collective pour éviter que ce type de décision ne devienne la norme. »
    Tristesse et inquiétude…
    Le site Afrik.com resitue le contexte de cette condamnation : « Dans la mesure où le Mali et le Niger sont étroitement liés au sein de l’AES, l’Alliance des États du Sahel, la justice malienne a jugé ces écrits comme une "atteinte au crédit de l’État" et une "offense à un chef d’État étranger". Et malgré une défense axée sur le devoir d’informer et l’intérêt général, Youssouf Sissoko a donc vu la rigueur de la loi s’abattre sur lui. »
    Afrik.com relève aussi que « les professionnels du secteur craignent que de telles sanctions ne deviennent la norme, transformant la critique journalistique en délit pénal systématique et menaçant, à terme, l’existence même d’une presse indépendante sur le territoire malien. (…) Dans les rédactions de Bamako, poursuit le site panafricain, la tristesse se mêle à l’inquiétude. Certains journalistes voient dans cette condamnation la preuve d’une justice désormais inféodée au pouvoir militaire, s’éloignant des valeurs démocratiques fondamentales. (…) Et au-delà des frontières maliennes, des organisations internationales comme RSF, Reporters sans frontières, dénoncent une "mesure de représailles visant à faire taire les voix dissonantes au sein de l’espace AES". »
    Un secteur fragilisé…
    Enfin, à lire cet éditorial de l’hebdomadaire malien Sahel Kunafoni intitulé « l’agonie silencieuse de la presse malienne » : un édito publié avant la condamnation de Youssouf Sissoko, qui décrit « un secteur qui lutte chaque jour pour survivre » et qui dénonce « des conditions de travail extrêmement précaires » ainsi qu’une absence de soutien financier aussi bien de la part du secteur privé que du secteur public. « Sans soutien réel et durable, l’avenir de la presse écrite malienne reste incertain. (…) Et pendant ce temps, déplore Sahel Kunafoni, les journaux doivent continuer à fonctionner (…) et à produire une information crédible et professionnelle. (…) La disparition progressive des journaux ne serait pas seulement une perte pour les professionnels des médias, elle constituerait aussi un appauvrissement du débat public. »
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    À la Une: en Tunisie, lourde condamnation pour la militante antiraciste Saadia Mosbah

    23/03/2026
    Les principaux opposants politiques au président Saïed en prison, des défenseurs des droits, des avocats, des syndicalistes et des journalistes poursuivis en justice et souvent condamnés : Saadia Mosbah n’a pas échappé à cette règle qui prévaut en Tunisie. Rien ni personne ne doit contester les actes du pouvoir en place.
    Emprisonnée depuis près de deux ans pour des accusations de malversations financières, la présidente de l’association M’nemty (mon rêve) a été condamnée jeudi dernier à huit ans de prison et à une lourde amende.
    « Saadia Mosbah, 66 ans, avait été en première ligne, rappelle Le Monde Afrique, pour défendre les migrants en provenance d’Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l’arrivée de "hordes de migrants clandestins" et un complot "pour changer la composition démographique" du pays. (…) Ancienne hôtesse de l’air, elle-même noire de peau, elle avait été à l’origine de l’adoption en 2018 d’une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales. »
    À lire aussiEn Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison
    Pression accrue sur les ONG
    En Tunisie, silence prudent des médias… C’est dans la presse étrangère qu’on commente cette condamnation. Notamment chez le voisin algérien : « Sombres jours pour les libertés en Tunisie, s’exclame Le Matin d’Algérie. Saadia Mosbah vient d’être arbitrairement condamnée par une justice aux ordres. (…) Pour les observateurs tunisiens et internationaux, cette condamnation illustre une tendance inquiétante, pointe le quotidien algérien : une pression accrue sur les ONG et les militants antiracistes, en particulier ceux qui défendent les droits des migrants. Plusieurs organisations dénoncent la multiplication des poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile, qu’elles jugent motivées par des raisons politiques plutôt que pénales. L’affaire Saadia Mosbah reste un signal fort pour la société civile tunisienne, conclut Le Matin d’Algérie, et acte l’absence de liberté d’association et d’indépendance de la justice dans ce pays. »
    Le site Afrik.com s’insurge : « Que fait Saadia Mosbah dans les geôles de Kaïs Saïed ? (…) Oui, en 2026, reconnaître pleinement l’autre comme son semblable, comme un être humain titulaire de droits, au premier rang desquels figure le droit fondamental à la vie, peut vous être reproché pénalement (en Tunisie). Oui, en 2026, une femme, une mère, un être humain, est condamnée en Tunisie à huit ans d’emprisonnement pour avoir défendu le respect du droit à la vie de chacun. (…) La souveraineté de la Tunisie ne saurait être placée au-dessus des droits humains, affirme encore Afrik.com. Au contraire, elle doit garantir à chaque Tunisien et à chaque être humain se trouvant sur son territoire le respect du droit à la vie et la protection de ses droits fondamentaux. »
    Le Cameroun : « Une gérontocratie engluée dans l’immobilisme »
    À la Une également le Cameroun… Un pays verrouillé, constate Le Monde Afrique, avec cette longue analyse sur la situation politique du pays, cinq mois après la présidentielle et la réélection contestée de Paul Biya, 93 ans, à un huitième mandat.
    « Une gérontocratie engluée dans l’immobilisme », titre le journal. En effet, depuis octobre dernier, « aucun nouveau gouvernement n’a encore été formé, malgré les attentes d’ouverture et de pacification après la dernière crise électorale. Paul Biya a pourtant promis de s’y atteler. "Dans les prochains jours", disait-il, le 31 décembre dernier. Puis, à nouveau, le 10 février, la dernière fois que les Camerounais ont vu leur président (à la télévision) et entendu le son de sa voix usée. (…) Face à ce pouvoir granitique, l’opposition a rendu les armes, relève Le Monde Afrique. Issa Tchiroma, candidat malheureux à la présidentielle, jugeant sa vie menacée, a discrètement trouvé refuge au Nigeria, puis en Gambie. Impossible pour lui d’organiser la résistance loin de ses troupes. La société civile survit, sujette aux "intimidations et à la peur". C’est dans ce contexte, pointe encore Le Monde Afrique, que le pape Léon XIV se rendra dans le pays, du 15 au 18 avril, au milieu de sa tournée africaine. Une visite qui divise le camp de la contestation, entre ceux qui l’assimilent à un acte de légitimation d’un pouvoir usurpé et ceux qui espèrent que le pape abordera les sujets qui fâchent le pouvoir. »
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    À la Une: le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France unis contre le terrorisme

    20/03/2026
    C’est à la Une de Banouto : « Ce qu’il faut retenir des échanges lors de la rencontre des chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France ». « Échanges qui, nous dit le site d’information béninois, ont porté sur l’évaluation des dispositifs existants, le renforcement des synergies opérationnelle et l’adaptation des réponses face à des menaces en mutation rapide, notamment l’infiltration terroriste, la criminalité transfrontalière organisée et les formes hybrides de déstabilisation. »
    La situation est critique, et Banouto l’analyse ainsi : « Dans un contexte marqué par la pression croissante des groupes armés aux frontières, les états-majors béninois, ivoirien et français resserrent les rangs. Ils accélèrent la coordination de leurs actions ». Bien sûr, le détail de leurs discussions reste secret, mais selon Banouto, « la feuille de route s’articule autour du partage de renseignement, de la formation spécialisée ainsi que de la lutte contre la désinformation ».
    Cette rencontre, explique de son côté Afrik.com, « intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes et par des tensions géopolitiques croissantes au Sahel ». Quel est le rôle de la France dans ce contexte ? « La France, qui a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, réorganise son dispositif militaire sur le continent », explique Afrik.com. « Elle passe d’une présence massive à un soutien ciblé, axé sur la formation et le renseignement ».
    « Ça finit quand ? »
    Le football est également à la Une de la presse africaine, avec les réactions qui continuent de pleuvoir, après la décision de la CAF de donner la victoire de la CAN au Maroc. Décision de la CAF, la Confédération Africaine de Football, que Wakatsera transforme en « Comédie Africaine de Football. »
    Et le site d’information burkinabé pose la question : « Ça finit quand ? » « Après avoir perdu la finale de sa Coupe d’Afrique des nations, jouée contre le Sénégal le 18 janvier, le Maroc se voit offrir le trophée par la CAF, sur une décision ahurissante », poursuit Wakatsera qui visiblement, n’apprécie guère ce dernier rebondissement. « Quelle que soit l’issue de cette affaire, c’est le football africain qui en sortira assommé, un coup dont il se relèvera avec beaucoup de peine ».
    Où ira le trophée ?
    Concrètement, une question se pose aujourd’hui : « Le Sénégal est-il prêt à rendre le trophée à la CAF et au Maroc ? » Question posée par Afrikfoot, selon qui la situation n’est pas très claire. En effet, nous explique-t-on, « Abdoulaye Fall, le boss de la Fédération sénégalaise de football, la FSF, a tenu hier des propos ambigus ». Estimant notamment que, « sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre ». Mais ajoutant quelques instants plus tard : « On va se conformer aux dispositions statutaires et réglementaires de la CAF. Entre les lignes, commente Afrikfoot, on comprend donc que la FSF n’entend pas faire de vagues et pourrait accepter de rendre le trophée à l’instance panafricaine, si elle en fait la demande. Toute notre action va être inscrite dans le respect de ces dispositions ». « L’affaire est maintenant entre les mains du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport ».
    Au Maroc, le magazine Telquel estime qu’une victoire sur tapis vert n’a pas le même goût qu’une victoire sur le terrain. « On pourra dire, remarque le magazine marocain, que la fête n’a pas la même saveur. C’est vrai. Un pays préfère toujours soulever une coupe le soir-même. Pas la récupérer dans les plis d’un communiqué. Mais parfois, dans le football africain, il faut d’abord gagner un match, puis gagner le droit qu’on reconnaisse comment il a été faussé. Le Maroc, cette fois, a dû faire le second choix. En attendant de connaître le verdict du Tribunal arbitral du sport, saisi par la Fédération sénégalaise de football », conclut Telquel.
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    À la Une: la CAF sur le banc des accusés

    19/03/2026
    « Le chaos perdure, constate Le Monde Afrique. Et cette finale irrationnelle de Coupe d’Afrique des nations, remportée par le Sénégal face au Maroc à Rabat, le 18 janvier dernier, n’en finit pas de se jouer hors du terrain ».
    Avant-hier soir donc, stupeur : « deux mois après le match, la CAF, la Confédération africaine de football, retire le titre de champion d’Afrique aux Lions de la Téranga, déclarés "forfait", et accorde à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert. Du jamais-vu ».
    Et désormais, un bras-de-fer juridique est engagé entre les autorités sénégalaises et la Confédération africaine de football.
    En effet, rapporte Jeune Afrique, « la Fédération sénégalaise de football, présidée par Abdoulaye Fall, a rapidement annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport. Le sort de cette finale de cette Coupe d’Afrique des nations 2025 va donc se jouer à Lausanne, dans les prétoires du la juridiction suisse. (…) La bataille juridique continue. Et elle promet d’être longue et âpre ».
    D’autant, souligne Jeune Afrique, que « le gouvernement sénégalais, totalement solidaire de la fédération, a demandé l’ouverture d’une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF" ».
    De l’interprétation des articles 82 et 84…
    En attendant, les critiques fusent en direction de la CAF…
    Afrik.com fulmine : « en attribuant sur tapis vert la victoire au Maroc, l’instance continentale ne se contente pas de réécrire le résultat d’un match : elle redéfinit, de manière inquiétante, les règles qu’elle est censée faire respecter. (…) Car au cœur de cette polémique, précise le site panafricain, se trouvent les fameux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Ces dispositions sont claires : une équipe qui quitte le terrain sans autorisation ou refuse de jouer s’expose à un forfait automatique. Mais encore faut-il que ces conditions soient réunies. Or, s’exclame Afrik.com, dans cette finale, elles ne l’ont tout simplement pas été. Oui, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse. Mais non, ils n’ont ni abandonné le match, ni refusé de jouer. Ils sont revenus. Ils ont repris la rencontre. Ils ont joué jusqu’au coup de sifflet final. Et ils ont gagné. Ce simple fait devrait suffire à clore le débat. Mais visiblement, dans les arcanes de la CAF, la réalité du terrain pèse moins lourd que certaines volontés politiques ou stratégiques ».
    Discrédit, défiance, inféodation…
    Dans la presse ouest-africaine, c’est le tollé général… Haro sur la CAF !
    « Quand la CAF se discrédite », lance Le Pays au Burkina Faso.
    La CAF a prononcé « l’oukase de trop : le Sénégal refuse d’avaler l’anaconda », peste Aujourd’hui.
    « La CAF s’enterre avec un forfait tardif qui humilie l’Afrique », tonne Sahel Tribune à Bamako.
    Ledjely à Conakry dénonce « une CAF minée par la défiance : entre les rumeurs de mauvaise gestion, les soupçons d’inféodation à la FIFA et les critiques dénonçant une primauté croissante des intérêts financiers sur les considérations sportives, l’institution panafricaine traverse une crise de crédibilité. Derrière l’acte, poursuit Ledjely, beaucoup croient discerner une influence extérieure : celle de Gianni Infantino ou celle d’intérêts financiers occultes. Au-delà de la décision elle-même, c’est donc une crise de confiance plus profonde qui se révèle. Une crise qui interroge la gouvernance du football africain et la crédibilité de ses instances. Et à ce stade, conclut le site guinéen, la CAF n’a pas seulement pris une décision contestée. Elle a, peut-être, fragilisé un peu plus le lien déjà précaire qui la relie aux opinions publiques africaines ».
    CAF vs International Football Association Board ?
    Dans la presse sénégalaise, passées la stupeur et l’indignation, on veut croire en une décision favorable du TAS, le Tribunal arbitraire du sport…
    « Le TAS pour tout casser », titre WalfQuotidien. Walf qui précise que la fédération sénégalaise compte invoquer « un principe fondamental des lois du jeu définies par l’International Football Association Board : la loi N°5 qui stipule que "les décisions de l’arbitre concernant les faits de jeu, y compris le résultat du match, sont définitives une fois la rencontre terminée". Comme quoi, affirme le journal, le match de la finale, qui est allé à son terme, est donc validé. Un argument béton ».
    « Le solide "Tas" d’arguments du Sénégal », renchérit Le Soleil en première page.
    Enfin, la presse marocaine dénonce l’immixtion du gouvernement sénégalais dans cette affaire, avec les accusations de corruption à l’égard de la CAF. Pour le site marocain Le 360, « le risque est réel : celui de voir cette indignation, alimentée par un narratif politique, se traduire par des comportements hostiles, voire violents à l’encontre des ressortissants marocains vivant au Sénégal ou de leurs biens. L’histoire récente nous a appris que le football, lorsqu’il est instrumentalisé, peut vite sortir de son cadre ».

Sobre Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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Generated: 3/25/2026 - 12:33:57 PM