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Le choix musical de RFI

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  • Liim Lasalle, la nouvelle voix sensible du rap new-yorkais

    04/09/2026
    À seulement 23 ans, Liim Lasalle s'impose comme l'une des figures les plus singulières du rap alternatif américain. Originaire de Harlem, à New York, le jeune artiste dévoile son deuxième album, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find. Un disque où hip-hop, soul, r’n’b et pop se croisent dans une esthétique libre et lumineuse.
    Avec ses dreadlocks aux épaules, ses lunettes fines et son vélo, Liim Lasalle incarne une nouvelle génération de rappeurs qui s'affranchissent des codes traditionnels du genre. Sur ce nouvel album de treize titres, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il privilégie les mélodies chantées, les compositions jouées entre amis — synthétiseurs, batteries, cuivres — et une écriture introspective.
    Des morceaux comme « Machete Summer », « I Wanna Be With You » ou « Right Ride » témoignent de sa volonté de construire un univers à part. Loin de glorifier la violence ou les excès, Liim Lasalle évoque les relations humaines, critique les drogues et la vanité, et défend l'idée qu'une forme de douceur peut aussi avoir sa place dans le rap.
    « À Harlem, on ne s'attend pas à ce genre de sensibilité »
    Élevé par sa mère marocaine, qui lui transmet la foi musulmane, Liim Lasalle grandit à Harlem aux États-Unis. Son père afro-américain quitte le foyer alors qu'il est enfant, mais lui laisse un héritage précieux : un iPod rempli de blues, de funk, de soul et des grands classiques du hip-hop des années 1980, 1990 et 2000. Il rend d’ailleurs hommage à cette culture dans son titre retro, « 1980 ».
    Adolescent, il passe son temps entre le skateboard, les sessions rap avec ses amis et les premiers clips publiés sur YouTube.  « Les gens à New York m'associent à Harlem. Je parle de la vie ici. Il y a des choses dures dans mon album, parce que c’est la réalité, et ça a traversé mon enfance. Bien sûr, à Harlem, il y a des gens comme moi et mes amis, qui sont ouverts, vulnérables, sensibles... Mais ce n'est pas la norme. C’est un quartier difficile où grandir...et ma sensibilité peut surprendre. »
    Cette tension entre dureté urbaine et aspiration à la douceur traverse tout le disque. Liim Lasalle la fait apparaître sur sa pochette : « On voit un ciel gris, de grands immeubles presque vides, et devant, une photo de moi quand j'étais enfant, avec des petites fleurs... C'est comme si j'apportais de la lumière dans cet endroit sombre. »
    Le bouche-à-oreille et le soutien de Tyler, The Creator
    Dans un paysage rap américain particulièrement foisonnant, Liim Lasalle s'est fait connaître grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et au soutien de plusieurs figures de la scène alternative, parmi lesquelles Tyler, The Creator.
    Son premier album, Liim Lasalle Loves You, publié en 2025, avait déjà attiré l'attention par sa liberté de ton et son refus des étiquettes. Avec A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il confirme cette identité artistique singulière.
    Chanteur émergeant, il revendique la simplicité, la patience et l’authenticité. De passage à Londres, il confie avoir été surpris d’entendre le public entonner ses chansons… loin de son Harlem natal.
    Liim Lasalle A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find (three times LOUDER) 2026
    Liim Lassalle se produira à Paris en novembre pour son premier concert en France.
  • Francofolies de La Réunion: Aurus, le kaléidoscope réunionnais

    04/09/2026
    Aurus est un drôle d’ovni. Bastien Picot, son vrai nom, ne choisit jamais entre les effluves du maloya, la pop orchestrale, les acrobaties polyphoniques et les architectures synthétiques. Il assemble et  superpose. Une manière de faire de son identité réunionnaise non pas une frontière, mais un terrain d’expérimentation.
    Aurus, avait déjà goûté au décloisonnement des genres avec les 3SomeSisters, quatuor transgenre découvert notamment aux Trans Musicales en 2015, où glam, pop tribale et esthétique queer se mêlaient dans un spectacle aussi musical que théâtral, façon de David Bowie.
    Avec son nouvel album Prism, paru le 5 juin 2026, le chanteur proféiforme, pousse plus loin cette logique kaléidoscopique. Le disque part d’une idée simple : le monde change selon le regard qu’on porte sur lui, et sa richesse tient à la multiplicité des identités qui le composent. Chaque morceau devient une pièce d’un puzzle qui ne révèle sa cohérence qu’une fois assemblé.
    Le voyage va des traditions réunionnaises aux musiques actuelles, de la pop urbaine au rock tribal, jusqu’aux polyphonies réunionnaises. Créole et anglais, voix organiques et matières électroniques se répondent. Aurus préfère le mélange au folklore, la collision à la carte postale de l'ile de l'océan indien.
    Sur scène, le chanteur, performeur aux airs de chaman, transforme cette profusion en expérience physique. Perché sur son « caillou volcanique », il fait de La Réunion un laboratoire, plutôt qu’un décor hédoniste.
    Prism ne brouille pas les pistes, il les multiplie. Aurus signe un album foisonnant, libre et résolument singulier.
    En concert aux Francofolies de La Réunion, au Téat Plein Air de Saint-Gilles le 2 septembre 2026 .
  • Interpol signe un rock crépusculaire et dystopique avec «This Mirror Weighs a Ton»

    03/09/2026
    Figures incontournables du rock post-punk américain, les new-yorkais d'Interpol reviennent en cette fin d'été avec leur huitième album This Mirror Weighs a Ton (« Ce miroir pèse une tonne »). Un disque avec lequel les cinq musiciens restent fidèles à leur univers sombre et introspectif, tout en proposant quelques expérimentations musicales : pas une révolution, mais bien une évolution.
    Ils se taisaient depuis quatre ans. Les new-yorkais d'Interpol viennent d'offrir, comme un cadeau de rentrée, leur huitième album This Mirror Weighs a Ton – un disque enregistré dans leur ville natale de New-York, pour la première fois depuis dix ans. Surtout, après The Other Side of Make-Believe, sorti en 2022 et enregistré à distance pendant la pandémie de coronavirus, les musiciens se sont cette fois retrouvés en chair et en os, pour donner corps à leur vision crépusculaire de la musique.
    Interpol, fidèle à son univers 
    Près de trente ans après leur formation et un quart de siècle après leur premier disque, les new-yorkais sont restés fidèles à eux-mêmes. Costumes impeccables, cheveux gominés et l'air toujours tiré à quatre épingle, les musiciens proposent une nouvelle fois ce qu'ils savent faire de mieux : un rock aux sonorités post-punk, froid, presque clinique, et surtout introspectif. Le titre du disque lui même (« Ce miroir pèse une tonne ») est une invitation à la réflexion.
    Mais plutôt qu'une profonde inspection de soi, le groupe propose de regarder en face l'état de nos sociétés. La couverture - un chandelier où les caméras de surveillance ont remplacé les lumières – donne le ton, sans ambigüité. De fait, au fil des titres, voilà l'auditeur catapulté dans l'univers de Brazil, le film culte de Terry Gilliam : un univers où les machines et la déshumanisation sont omniprésentes. Ainsi du dystopique « Iron City », où le chanteur Paul Banks s'imagine déambulant seul dans un New York où les intelligences artificielles ont pris le contrôle, au détriment de l'humain et de ses émotions. 
    L'art d'évoluer sans se transfigurer
    Dire qu'en trois décennies Interpol n'a pas bougé d'un iota serait mentir. La composition du groupe elle-même a évolué : pour la première fois, le trio est devenu un quintet sur cet album. Interpol abrite désormais sous son aile le bassiste et le claviériste qui, depuis plusieurs années, accompagnaient la formation sur scène. 
    Surtout, le groupe s'est, pour ce disque, offert la collaboration du producteur Andrew Wyatt. Oscarisé pour la chanson « Shallow » dans A Star Is Born, producteur de la bande originale du film Barbie, collaborateur de Rosalia, Charli XCX ou encore Liam Gallagher : il est l'une des têtes de pont de la production actuelle. C'est donc sous son égide qu'Interpol s'est amusé à intégrer, sur ce disque, des instruments à corde et des vents. Le groupe s'est même risqué, avec « So Rides The Reindeer », à livrer son premier titre à la guitare acoustique : une réussite, le titre est l'un des plus beaux de l'album. 
    Pas une révolution donc mais au moins une évolution, qui ne semble pas surprendre le chanteur : « Rien de tout ça n'est soudain pour moi », susurre-t-il dans « Sudden ». Avant de s'interroger sur la suite, pour lui, pour le groupe, pour l'humanité : « l'avenir nous le dira, tous les chemins sont ouverts ». Au moins, en fermeture de l'album, l'espoir est-il permis.
    Interpol, This Mirror Weighs a Ton (Partisan Records), sortie le 28 août 2026
  • The Cramps, les revenants du psychobilly signent «Gravest Gravy»

    02/09/2026
    Légende du rock alternatif, The Cramps n’a jamais vraiment disparu. Le quintette américain s’était simplement tapi dans ses archives, prêt à ressortir les crocs. Les pionniers du psychobilly signent Gravest Gravy.
    Les  douze  titres inédits de Gravest Gravy, dormaient depuis 1977 dans les archives des Cramps. Près de cinquante ans plus tard, les revoilà sous les projecteurs avec un album inattendu qui  ressuscite les architectes du psychobilly et, surtout, la voix sauvage de leur chanteur, Lux Interior, mort en 2009.
    Le disque rappelle aussi une évidence : les Cramps ont largement contaminé le rock actuel. Dès 1976, les New-Yorkais se distinguent en mélangeant l’urgence du punk avec le rockabilly pur et dur des années 1950. Un mix unique et déglingué qu’ils baptisent donc de psychobilly. De Nick Cave aux White Stripes, jusqu’aux Français des Limiñanas, leur influence continue de ramper sous les riffs.
    À lire aussiThe Limiñanas, du rock qui sort du garage avec «Faded»
    Et puis il y a les classiques, comme « Goo Goo Muck ». Mais pour eux, les guitares ne sont jamais là pour faire joli. Sexe, drogue, folie, monstres : le groupe préfère les sujets qui grattent là où ça démange. Même les laissés-pour-compte et les éboueurs ont droit à leur quart d’heure de gloire, avec « Garbage Man ».
    Sur scène, les Cramps ne faisaient pas davantage dans la dentelle. Imaginez Elvis Presley sous acide, plein de vice : du rock'n'roll malade de la braguette, compressé dans un petit string en cuir. Lors d’un concert devenu mythique dans un hôpital psychiatrique de New York, les patients, la peur aux tempes, grimpaient aux rideaux. Certains sont même partis en courant en entendant « Human Fly ».
    Et si vous aimez le trash, le gore et le rock primitif, The Cramps connait aussi une nouvelle jeunesse à l’écran. Dans Mercredi, sur Netflix, le réalisateur américain Tim Burton les met à l’honneur et propulse leur décadence au sommet du grand art.
    Une deuxième vie, donc, pour les Cramps, avec en prime un trésor de perles rares, « Gravest Gravy », paru chez Vengeance Records le 21 août 2026. Il prouve une chose : même les morts ont encore quelque chose à dire. Et généralement, ça fait plus de bruit que les vivants.
  • Avec «Afandi», Saint Levant valorise le dandysme

    01/09/2026
    Avec deux moyen formats et trois albums, Saint Levant s'affirme comme la star montante de la pop arabe. Le Palestinien livre avec Afandi douze titres chantés exclusivement en arabe – contrairement à ses habitudes de polyglotte – dans lesquels il rend hommage aux dandys du showbiz arabe des années 1990. 
    « Afandi » est un terme qui désigne un gentlemen, une personne élégante, parfois provocatrice, en un mot : un dandy. Le terme colle parfaitement à l'image que donne de lui depuis ses débuts en 2022 Saint Levant. Marwane Abdelahamid né d'un père serbo-palestinien et d'un mère française d'origine algérienne s'est construit depuis quelques années une image de dandy de la pop et du r'n'b. Un lover boy à la moustache soignée, à la voix grave, souvent sussurrée, et aux tenues impeccables d'autant qu'elles sont désormais signées Prada, marque dont il est l'ambassadeur.
    Lui qui avait pour habitude chanter en anglais, en français et en arabe, c'est cette fois-ci concentré sur la seule langue arabe. Afandi et ses douze titres forme un hommage aux chanteurs arabes des années 1990-2000, hommage aussi aux divers styles musicaux comme la dabkeh, la danse palestinienne de mariage, mais aussi le chaâbi, le raï, l'électro-pop arabe. Saint Levant explore tout cela en compagnie de têtes d'affiches orientales comme palestinien Mohammed Assaf et la libanise Haïfa Wehbe.
    À lire aussi«Afandi» de Saint Levant: la musique arabe à l’épreuve de la pop mondialisée
Sobre Le choix musical de RFI
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