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    East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump

    25/02/2026
    Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l’Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu’il prétend victimes d’un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025)
    De notre envoyé spécial de retour de Johannesburg
    Les démentis sud-africains n’y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l’Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l’économie dépend largement de l’usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme.
    Sur le port d’East London, la scène est pourtant immuable : rangées de berlines alignées sous les projecteurs, grues immobiles dans l’air salin, ouvriers qui s’affairent en attendant les navires. Dirk Botes, responsable clientèle, détaille l’organisation du terminal automobile : « Cette zone peut préstocker environ 1 400 voitures. Dans le hangar là-bas, un peu moins de 4 000, et sur l’esplanade ouverte environ 1 500. » Ce soir, un navire doit pourtant accoster avec plusieurs heures de retard, perturbé par le mauvais temps. « Il va charger ces véhicules, décharger ceux qui arrivent d’Europe, puis on recommencera avec le bateau suivant », explique-t-il. Ce ballet, autrefois parfaitement réglé, s’est ralenti au fil des mois. Le port exporte de moins en moins de voitures, essentiellement des Mercedes Classe C dont les ventes déclinent depuis plusieurs années. Sphiwe Mthembu, le directeur du port, ne masque pas son inquiétude : « La situation nous touche directement. Quand un constructeur présent depuis soixante-cinq ans commence soudain à souffrir d’une baisse de volumes, cela nous affecte immédiatement. Nous recevons des conteneurs destinés à l’usine : si l’usine tourne moins bien, le port en subit l’impact. Nous devons absolument garder Mercedes-Benz ici et attirer un deuxième grand constructeur. C’est vital pour l’économie locale. »
    En ville, la chambre de commerce suit de près la situation. Sa directrice, Lizelle Maurice, femme d’affaires respectée et ardente défenseure de l’économie locale, résume l’impact en quelques mots : « Le marché américain était notre plus gros marché, environ 30% de toutes les commandes. Quand les volumes ont commencé à baisser, les fournisseurs de Mercedes-Benz ont immédiatement réduit leurs effectifs. Et cela, c’était avant même les tarifs de Trump. La pandémie avait déjà mis notre économie à genoux. L’an dernier, l’usine est passée de trois à deux équipes, puis 700 départs volontaires ont été annoncés. Les décisions de Washington n’ont fait qu’aggraver une situation déjà très tendue. »
    Pour comprendre la centralité de Mercedes-Benz dans la région, Ted Keenan, journaliste du Daily Dispatch, déroule une liste : Auria Africa, Valeo International, AIH, et bien d’autres. Tous ont licencié ces derniers mois. «Certaines estimations parlent de 160 000 personnes potentiellement touchées dans la région si Mercedes s’en allait », glisse-t-il, avant de nuancer : « Je ne crois pas que ce soit réaliste. Ce serait la pire chose qui puisse arriver. Mais, il y a des rumeurs persistantes venues de Chine : Mercedes-Benz serait prêt à partager son usine. Aujourd’hui, beaucoup de constructeurs partagent leurs installations. Ce n’est pas impensable. »
    Pour les employés, c’est jour de fête. Plusieurs centaines d’entre eux sont rassemblés sur un terrain de rugby pour la traditionnelle célébration de fin d'année. Brochettes, musique, danses. Thabile Bevu, délégué du syndicat Numsa, explique pourtant que cette année a été rude : « La production s’est arrêtée plus tôt que d’habitude, quatre semaines en avance. C’est une combinaison de facteurs. Les taxes américaines ont forcé l’usine à réduire. En juillet, on a aussi été en chômage technique pendant six semaines. Beaucoup d’employés embauchés l’an dernier ont déjà perdu leur travail. Alors, tout le monde se demande : est-ce que je serai le prochain ? Mais Mercedes a toujours réussi à faire face, en travaillant avec nous. »
    Le lendemain, l’un des ouvriers, Phiwe Qaba, arborant un maillot bleu clair des Orlando Pirates, confirme que la crainte est constante : « On parle toujours du même sujet. Parce que dès que les États-Unis arrêtent de commander, notre vie quotidienne change. » Si lui bénéficie d’accords garantissant un revenu minimum même en cas de chômage technique, il pense aux autres, à ceux qui gravitent autour de l’usine : « La dame qui vend des fruits à l’entrée, le gars qui fait le ménage, celle qui prépare la nourriture… eux rentrent chez eux sans un sou. C’est une catastrophe. »
    À quelques kilomètres du centre-ville, dans le township historique de Duncan Village, on ressent déjà les secousses de la crise. Khulile Jacobs, éducateur et figure locale, fait visiter le lycée du quartier et raconte l’effet sur les familles : « Beaucoup avaient pris des prêts logement ou auto. Avec les licenciements, tout risque de s’effondrer. Des familles qui avaient quitté le township pour des quartiers plus aisés reviennent déjà. Le mouvement a commencé juste après l’élection américaine de novembre. Les entreprises savaient ce qui allait arriver. »
    Pour Khulile Jacobs, les raisons des décisions de Donald Trump dépassent largement les questions agricoles ou sécuritaires : « C’est une nouvelle forme de guerre froide. L’Afrique du Sud est un hub d’investissements sur le continent. On a l’impression que Trump essaie de détourner ces investissements vers les États-Unis. » Il ajoute un facteur géopolitique majeur : « Le fait que notre pays ait amené Israël devant la Cour internationale de justice a pesé lourd. Pour Trump, c’est comme si l’Afrique du Sud s’était opposée à un allié stratégique. » Et lorsqu’on lui demande s’il soutient son gouvernement dans cette démarche, la réponse est sans ambiguïté : « À 100 %, même plus. Nous nous tiendrons toujours aux côtés du peuple palestinien. Moralement, nous ne pouvons pas faire autrement. »
    Malgré tout, certains veulent croire à un possible apaisement. Lizelle Maurice, la directrice de la chambre de commerce, appelle à ne pas couper le dialogue : « Trump doit comprendre que ses décisions touchent des millions de personnes. Il doit revoir sa stratégie vis-à-vis de l’Afrique du Sud. Comme je le dis toujours : garde tes amis près de toi, mais tes ennemis encore plus près. »
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    Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice

    24/02/2026
    Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l’Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité (documentés par l’ONU). Particulièrement en territoire occupé.
    Alors que les combats continuent, qu’un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages.
    Si tous les jours, d’autres violations viennent allonger la liste, cela n’annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient…
    « Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice » un Grand reportage d’Emmanuelle Chaze.
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    La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés

    23/02/2026
    Depuis l’invasion partielle de l’Ukraine en 2022, 90% des réfugiés sont passés par la Pologne. Près d’un million d’Ukrainiens se sont établis dans le pays. Mais, avec le temps, la solidarité dopée par la peur de voir les Russes envahir le sol polonais s’est érodée. Un sentiment anti-ukrainien s’est même développé. Et les aides aux réfugiés se sont taries. Les Ukrainiens qui continuent de passer la frontière sont ceux qui étaient malades ou infirmes ou trop précaires, pour fuir dès le départ.
    Ils ont souvent besoin d’un accompagnement, et ne sont accueillis que par des bénévoles, qui leur proposent de migrer vers d’autres pays.
    « La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés », un Grand reportage d’Adrien Sarlat.
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    «Le supplément du dimanche» du 22 février 2026

    22/02/2026
    Bienvenue dans le Grand reportage, pour le supplément du dimanche. Le 24 février 2026, l'Ukraine entrera dans sa 5è année de guerre, d'attaques de missiles et de drones, de privations, de combats diplomatiques pour avoir de l'aide. 20% du territoire est occupé par les forces russes... En seconde partie, menace sur les glaciers du grand Sud argentin, le président Milei entreprend de modifier les lois pour permettre le lancement de projets miniers à l'occasion du recul des glaces. 
    Branle-bas de combat pour la Bundeswehr
    Il y a 4 ans, la Russie envahissait l’Ukraine. Depuis, l’Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d’époque pour la Bundeswehr.
    L’Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir.
    Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix.
     
    Les glaciers argentins : la fièvre de l’or rouge
    En Argentine, la fonte des glaciers sous l'effet du changement climatique réveille de funestes appétits. Le président Milei lui-même, adepte du tronçonnage en tous genres verrait bien quelques coupes sombres dans la loi de protection des glaciers. Ultralibéral et climatosceptique, son côté trumpiste le pousserait bien à forer partout. 
    Et là, sous les décombres des majestueux géants de glaces du grand Sud argentin se trouvent des minerais critiques, notamment le cuivre : essentiel à la transition énergétique.
    Les populations locales tentent de parer les coups de pelleteuse. Mais, le Parlement pourrait, dans les semaines à venir, ouvrir la voie à de pharaoniques investissements miniers.
    Un Grand reportage de Théo Conscience qui s'entretient avec Jacques Allix.
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    «Le supplément du samedi» du 21 février 2026

    21/02/2026
    Ce samedi, une émission contrastée, urbaine et rurale, sud-américaine et française. Nous voici en France, côté campagne. Parmi les défis à relever pour les agriculteurs, le changement climatique, le manque d'eau... Nous nous sommes rendus dans le Roussillon, où se pose la question du partage de l'eau. On y invente de gros tuyaux pour détourner partiellement une rivière afin d'irriguer les vergers. En seconde partie d'émission, ça va swinguer avec la samba et le lâcher prise du carnaval de Rio. 
    Agriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l’eau
    À l'heure du Salon international de l'agriculture à Paris, la colère paysane gronde toujours en France. Normes contraignantes, concurrence exacerbée par l’accord UE / Mercosur, gestion de l’épidémie bovine… et il faut ajouter à cela la sécheresse. À cause du réchauffement climatique, de plus en plus d’agriculteurs manquent d’eau et la question du partage de la ressource est devenue épineuse. Illustration dans le sud de la France, dans la région de Perpignan. L'été dernier (2025) : fleuves à sec, cultures desséchées… squelettes d’abricotiers et de vignes arrachés. En perspective pour résoudre le problème : un tuyau de 10 km pour dériver une partie d’un cours d'eau afin de sécuriser l'irrigation. Mais ce projet ne fait pas l’unanimité, y compris chez les agriculteurs…
    Un Grand reportage de Laura Salabert qui s'entretient avec Jacques Allix.
    Le carnaval de Rio : résister par la fête
    C’est l’une des plus grandes fêtes du monde. Importé par les colons portugais, le carnaval de Rio mélange aujourd’hui influences africaines et européennes. Un moment de l’année où les hiérarchies s’inversent, les corps se montrent et les classes se croisent. Que ce soit dans les fanfares de rues ou dans le sambodrome, le rendez-vous est hautement politique.
    Un Grand reportage de Sarah Cozzolino qui s'entretient avec Jacques Allix.

Sobre Grand reportage

RFI propose un grand reportage réalisé par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde. Diffusion du lundi au jeudi vers toutes cibles à 19h40 TU. Et à 03h10 TU du mardi au vendredi. Le samedi et le dimanche à 09h10 TU, Jacques Allix, rédacteur en chef de l'information monde vous présente une version enrichie, sur 50 minutes avec la diffusion de deux Grands Reportages et à l’issue, un entretien avec leurs auteurs. 
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