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    Edwy Plenel

    02/10/2026 | 2min
    Edwy Plenel est l’une des figures les plus connues du journalisme français contemporain. Mais son parcours est aussi fortement marqué par ses engagements politiques et par plusieurs controverses.

    Né en 1952 à Nantes, il passe une partie de son enfance en Martinique puis en Algérie. Très jeune, il s’engage à l’extrême gauche. Dans les années 1970, il milite à la Ligue communiste révolutionnaire, d’inspiration trotskiste, et écrit notamment dans son journal, Rouge, sous le pseudonyme de « Joseph Krasny ».

    C’est durant cette période qu’a lieu l’épisode le plus controversé de sa jeunesse. Après l’attentat des Jeux olympiques de Munich de septembre 1972, au cours duquel onze membres de la délégation israélienne sont tués par l’organisation palestinienne Septembre noir, Plenel publie à 20 ans un texte appelant notamment à « défendre inconditionnellement » les militants de cette organisation face à la répression.

    Ce texte refera surface plusieurs décennies plus tard. Plenel a depuis clairement pris ses distances avec cette position : en 2018, il explique qu’elle correspondait au contexte de l’extrême gauche des années 1970 et affirme la « récuser fermement » aujourd’hui.

    Sa carrière journalistique prend véritablement son essor au Monde, où il entre en 1980. Il travaille notamment sur les affaires de police et de justice et enquête sur plusieurs dossiers sensibles de la présidence de François Mitterrand, comme l’affaire Greenpeace ou les écoutes de l’Élysée. Il gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir directeur de la rédaction.

    Son passage à la direction du Monde est cependant conflictuel. Son style de management et sa conception très offensive du journalisme sont contestés par une partie de la rédaction. La publication, en 2003, du livre très critique La Face cachée du Monde accentue la crise. Plenel quitte finalement ses fonctions de direction en 2004 puis le quotidien en 2005.

    En 2008, il cofonde Mediapart, journal d’information en ligne financé principalement par ses abonnements. Le média acquiert une forte notoriété grâce à des enquêtes comme l’affaire Bettencourt, l’affaire Cahuzac ou les investigations concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy.

    Plenel dirige Mediapart jusqu’en 2024. Il reste ensuite contributeur du journal.

    Enfin, Edwy Plenel ne s’est jamais présenté comme politiquement neutre au sens d’un journaliste sans convictions. Il défend une conception engagée du journalisme, centrée sur la surveillance des pouvoirs, les libertés publiques, l’antiracisme et les droits des minorités. Cette conception lui vaut à la fois une forte influence dans le paysage médiatique français et de nombreuses critiques, notamment de ceux qui lui reprochent de brouiller parfois la frontière entre investigation, militantisme et éditorialisme.
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    La franc-maçonnerie

    30/09/2026 | 2min
    La franc-maçonnerie est l’une des organisations les plus célèbres au monde… et aussi l’une des plus mal comprises.

    Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas d’une organisation unique dirigée depuis un centre secret. La franc-maçonnerie regroupe en réalité de nombreuses obédiences, c’est-à-dire des organisations indépendantes, parfois très différentes les unes des autres.

    Sa forme moderne apparaît au début du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne. En 1717, plusieurs loges londoniennes se regroupent pour former une Grande Loge. Les francs-maçons reprennent alors le vocabulaire et les symboles des anciens métiers de la construction : l’équerre, le compas, le niveau ou encore la pierre brute.

    Mais les francs-maçons modernes ne construisent évidemment pas de cathédrales. Ces outils deviennent des symboles. La pierre brute représente par exemple l’être humain qu’il faut travailler et perfectionner.

    Une loge maçonnique est un groupe local de francs-maçons qui se réunit régulièrement. Les réunions, appelées « tenues », suivent des rituels précis. Elles peuvent comprendre des cérémonies, des réflexions philosophiques ou des exposés sur des sujets moraux, sociaux ou intellectuels.

    La franc-maçonnerie fonctionne également selon un système de grades. Dans la plupart des traditions, les trois premiers sont apprenti, compagnon et maître. Ces grades ne correspondent pas exactement à une hiérarchie de pouvoir : ils représentent plutôt différentes étapes d’un parcours initiatique.

    Pourquoi parle-t-on alors de « société secrète » ?

    Parce que les francs-maçons ont longtemps pratiqué une grande discrétion sur leurs rites, leurs signes de reconnaissance et parfois même sur l’identité de leurs membres. Mais aujourd’hui, de nombreuses obédiences disposent de sites Internet, publient leurs positions et organisent parfois des conférences publiques. Il serait donc plus juste de parler d’une organisation discrète que totalement secrète.

    La franc-maçonnerie n’est pas non plus politiquement uniforme. Certaines obédiences imposent la croyance en Dieu, d’autres acceptent les athées. Certaines sont exclusivement masculines, d’autres féminines ou mixtes. Certaines évitent les débats politiques ou religieux, tandis que d’autres participent davantage aux discussions de société.

    En France, la franc-maçonnerie a notamment été associée historiquement aux idées républicaines, à la laïcité et à certains grands débats sociaux.

    Enfin, les théories du complot lui attribuent parfois un pouvoir considérable sur les gouvernements, les banques ou les médias. Il existe bien des francs-maçons influents, comme dans de nombreux réseaux professionnels ou associatifs. Mais cela ne signifie pas qu’une direction maçonnique mondiale contrôlerait secrètement les États.

    La franc-maçonnerie est donc avant tout un ensemble de sociétés initiatiques, fondées sur des rites, des symboles, la réflexion personnelle et la sociabilité.
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    Spinoza

    25/09/2026 | 2min
    Baruch Spinoza est l’un des philosophes les plus importants du XVIIe siècle, mais aussi l’un des plus audacieux. Né en 1632 à Amsterdam dans une famille juive d’origine portugaise, il grandit dans une communauté de réfugiés séfarades ayant fui les persécutions religieuses de la péninsule Ibérique.

    Très jeune, Spinoza s’intéresse à la philosophie, aux sciences et à la religion. Mais ses idées deviennent rapidement trop radicales pour son entourage. En 1656, à seulement 23 ans, il est exclu de la communauté juive d’Amsterdam par une mesure d’excommunication particulièrement sévère.

    Pourquoi ? Parce que Spinoza remet en cause plusieurs croyances fondamentales. Pour lui, Dieu n’est pas un être personnel situé au-dessus du monde, qui récompense ou punit les hommes. Il identifie au contraire Dieu à la Nature elle-même. Sa formule célèbre, « Dieu, c’est-à-dire la Nature », résume cette idée : tout ce qui existe fait partie d’une seule et même réalité.

    Cette conception est révolutionnaire. Elle signifie que les événements naturels ne résultent pas d’interventions divines ponctuelles, mais obéissent à des lois nécessaires. Spinoza défend ainsi une vision profondément rationnelle du monde.

    Son œuvre majeure, L’Éthique, est publiée après sa mort, en 1677. Le livre cherche à expliquer comment l’être humain peut parvenir à une forme de liberté et de bonheur.

    Pour Spinoza, nous pensons souvent être libres alors que nous sommes largement gouvernés par nos désirs, nos peurs et nos passions. La véritable liberté consiste donc à mieux comprendre les causes qui nous déterminent.

    Plus nous comprenons nos émotions, moins nous les subissons aveuglément. La connaissance et la raison permettent ainsi de transformer les passions tristes, comme la haine ou la peur, en affects plus positifs.

    Spinoza défend également une grande liberté de pensée. Dans son Traité théologico-politique, il soutient que l’État doit garantir aux individus le droit de philosopher et d’exprimer leurs idées, tant que cela ne détruit pas l’ordre collectif.

    Ses positions lui valent une réputation sulfureuse. Pendant longtemps, son nom est associé à l’athéisme, accusation extrêmement grave à l’époque.

    Pourtant, son influence devient considérable. Des philosophes comme Hegel, Nietzsche ou Deleuze se réclameront en partie de son héritage.

    Aujourd’hui encore, Spinoza fascine parce qu’il pose une question toujours actuelle : comment devenir plus libre dans un monde où tant de choses nous échappent ?
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    Les Sumériens

    23/09/2026 | 2min
    Quand on parle des premières grandes civilisations de l’histoire, un nom revient souvent : celui des Sumériens. Ils vivaient en Mésopotamie, dans une région correspondant principalement au sud de l’Irak actuel, entre les fleuves Tigre et Euphrate. Leur civilisation se développe surtout à partir du IVe millénaire avant notre ère, et atteint son apogée entre environ 3000 et 2000 avant J.-C.

    Les Sumériens ne formaient pas un empire unifié. Leur territoire était divisé en plusieurs cités-États indépendantes, comme Ur, Uruk, Lagash ou Eridu. Chacune possédait son propre roi, ses temples et ses divinités protectrices. Ces villes pouvaient commercer entre elles, mais aussi se faire la guerre.

    L’une des grandes forces des Sumériens fut leur capacité à maîtriser un environnement difficile. Grâce à des réseaux de canaux, de digues et d’irrigation, ils exploitèrent les eaux du Tigre et de l’Euphrate pour développer l’agriculture. Ils cultivaient notamment l’orge, les dattes et les légumes, et élevaient des moutons et des chèvres.

    Mais leur contribution la plus célèbre est sans doute l’écriture. Vers 3300 avant J.-C., en Mésopotamie, apparaissent les premières formes d’écriture connues. À l’origine, il s’agit surtout de symboles utilisés pour comptabiliser des marchandises, des récoltes ou des impôts. Peu à peu, ces signes évoluent pour devenir l’écriture cunéiforme, tracée sur des tablettes d’argile à l’aide d’un roseau taillé.

    Cette invention permet de conserver des contrats, des lois, des prières, des récits et même des textes littéraires. C’est dans cette tradition qu’apparaît notamment l’Épopée de Gilgamesh, l’un des plus anciens récits littéraires connus.

    Les Sumériens construisent également d’imposants temples en terrasses, les ziggourats. La religion occupe une place centrale dans leur société : ils vénèrent de nombreux dieux liés au ciel, au soleil, à l’eau ou à la fertilité.

    Ils développent aussi les mathématiques et utilisent un système fondé sur le nombre 60. Son héritage existe encore aujourd’hui : une heure compte 60 minutes et un cercle 360 degrés.

    À partir du IIIe millénaire avant notre ère, les Sumériens perdent progressivement leur indépendance politique face à d’autres peuples, notamment les Akkadiens puis les Babyloniens. Leur langue finit par ne plus être parlée au quotidien.

    Mais leur héritage reste immense. Écriture, administration, villes organisées, mathématiques, littérature : une partie des fondations de nos sociétés urbaines est apparue il y a plus de 5 000 ans, en pays de Sumer.
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    La Renaissance

    18/09/2026 | 2min
    La Renaissance est une grande période de transformation culturelle, artistique, scientifique et intellectuelle qui bouleverse l’Europe entre le XIVᵉ et le XVIᵉ siècle.

    Elle naît d’abord en Italie, notamment dans des villes riches comme Florence, Venise ou Rome, avant de se diffuser progressivement dans le reste de l’Europe.

    Son nom vient d’une idée simple : faire « renaître » la culture de l’Antiquité grecque et romaine.

    Au Moyen Âge, les auteurs antiques n’avaient pas disparu, mais à la Renaissance, les intellectuels se passionnent de nouveau pour leurs textes, leurs idées, leur philosophie et leur art. Ils recherchent des manuscrits anciens, apprennent le grec et le latin, et s’inspirent directement des modèles antiques.

    Cette redécouverte donne naissance à un grand courant intellectuel : l’humanisme.

    Les humanistes placent l’être humain, ses capacités et son éducation au centre de leurs réflexions. Érasme, Thomas More ou encore François Rabelais font partie des grandes figures de ce mouvement.

    La Renaissance transforme aussi profondément l’art.

    Les artistes cherchent à représenter le monde de manière plus réaliste. Ils étudient l’anatomie, les proportions, la lumière et surtout la perspective, qui permet de créer une impression de profondeur sur une surface plane.

    C’est l’époque de Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël ou Botticelli.

    Mais la Renaissance ne concerne pas seulement la peinture ou la sculpture.

    Les connaissances scientifiques progressent également. Nicolas Copernic affirme que la Terre tourne autour du Soleil, remettant en cause la vision traditionnelle d’un univers centré sur notre planète.

    L’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg, vers 1450, joue également un rôle essentiel. Les livres deviennent plus faciles et moins coûteux à produire. Les idées circulent donc beaucoup plus rapidement.

    La période correspond aussi aux grandes explorations maritimes. Christophe Colomb atteint l’Amérique en 1492, Vasco de Gama rejoint l’Inde par la mer et Magellan lance la première expédition qui accomplira un tour du monde.

    Ces découvertes élargissent considérablement la vision européenne du monde, mais inaugurent aussi une époque de conquêtes, de colonisation et de violences.

    Enfin, la Renaissance est également marquée par de profondes tensions religieuses. Au XVIᵉ siècle, Martin Luther conteste l’Église catholique et déclenche la Réforme protestante.

    La Renaissance ne constitue donc pas une rupture brutale avec le Moyen Âge. Mais elle marque une accélération spectaculaire des échanges, des connaissances et de la création artistique.

    Elle contribue ainsi à faire entrer progressivement l’Europe dans ce que les historiens appellent les Temps modernes.
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Generated: 10/2/2026 - 5:32:34 AM