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- Quand on parle des premières grandes civilisations de l’histoire, un nom revient souvent : celui des Sumériens. Ils vivaient en Mésopotamie, dans une région correspondant principalement au sud de l’Irak actuel, entre les fleuves Tigre et Euphrate. Leur civilisation se développe surtout à partir du IVe millénaire avant notre ère, et atteint son apogée entre environ 3000 et 2000 avant J.-C.
Les Sumériens ne formaient pas un empire unifié. Leur territoire était divisé en plusieurs cités-États indépendantes, comme Ur, Uruk, Lagash ou Eridu. Chacune possédait son propre roi, ses temples et ses divinités protectrices. Ces villes pouvaient commercer entre elles, mais aussi se faire la guerre.
L’une des grandes forces des Sumériens fut leur capacité à maîtriser un environnement difficile. Grâce à des réseaux de canaux, de digues et d’irrigation, ils exploitèrent les eaux du Tigre et de l’Euphrate pour développer l’agriculture. Ils cultivaient notamment l’orge, les dattes et les légumes, et élevaient des moutons et des chèvres.
Mais leur contribution la plus célèbre est sans doute l’écriture. Vers 3300 avant J.-C., en Mésopotamie, apparaissent les premières formes d’écriture connues. À l’origine, il s’agit surtout de symboles utilisés pour comptabiliser des marchandises, des récoltes ou des impôts. Peu à peu, ces signes évoluent pour devenir l’écriture cunéiforme, tracée sur des tablettes d’argile à l’aide d’un roseau taillé.
Cette invention permet de conserver des contrats, des lois, des prières, des récits et même des textes littéraires. C’est dans cette tradition qu’apparaît notamment l’Épopée de Gilgamesh, l’un des plus anciens récits littéraires connus.
Les Sumériens construisent également d’imposants temples en terrasses, les ziggourats. La religion occupe une place centrale dans leur société : ils vénèrent de nombreux dieux liés au ciel, au soleil, à l’eau ou à la fertilité.
Ils développent aussi les mathématiques et utilisent un système fondé sur le nombre 60. Son héritage existe encore aujourd’hui : une heure compte 60 minutes et un cercle 360 degrés.
À partir du IIIe millénaire avant notre ère, les Sumériens perdent progressivement leur indépendance politique face à d’autres peuples, notamment les Akkadiens puis les Babyloniens. Leur langue finit par ne plus être parlée au quotidien.
Mais leur héritage reste immense. Écriture, administration, villes organisées, mathématiques, littérature : une partie des fondations de nos sociétés urbaines est apparue il y a plus de 5 000 ans, en pays de Sumer.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - La Renaissance est une grande période de transformation culturelle, artistique, scientifique et intellectuelle qui bouleverse l’Europe entre le XIVᵉ et le XVIᵉ siècle.
Elle naît d’abord en Italie, notamment dans des villes riches comme Florence, Venise ou Rome, avant de se diffuser progressivement dans le reste de l’Europe.
Son nom vient d’une idée simple : faire « renaître » la culture de l’Antiquité grecque et romaine.
Au Moyen Âge, les auteurs antiques n’avaient pas disparu, mais à la Renaissance, les intellectuels se passionnent de nouveau pour leurs textes, leurs idées, leur philosophie et leur art. Ils recherchent des manuscrits anciens, apprennent le grec et le latin, et s’inspirent directement des modèles antiques.
Cette redécouverte donne naissance à un grand courant intellectuel : l’humanisme.
Les humanistes placent l’être humain, ses capacités et son éducation au centre de leurs réflexions. Érasme, Thomas More ou encore François Rabelais font partie des grandes figures de ce mouvement.
La Renaissance transforme aussi profondément l’art.
Les artistes cherchent à représenter le monde de manière plus réaliste. Ils étudient l’anatomie, les proportions, la lumière et surtout la perspective, qui permet de créer une impression de profondeur sur une surface plane.
C’est l’époque de Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël ou Botticelli.
Mais la Renaissance ne concerne pas seulement la peinture ou la sculpture.
Les connaissances scientifiques progressent également. Nicolas Copernic affirme que la Terre tourne autour du Soleil, remettant en cause la vision traditionnelle d’un univers centré sur notre planète.
L’invention de l’imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg, vers 1450, joue également un rôle essentiel. Les livres deviennent plus faciles et moins coûteux à produire. Les idées circulent donc beaucoup plus rapidement.
La période correspond aussi aux grandes explorations maritimes. Christophe Colomb atteint l’Amérique en 1492, Vasco de Gama rejoint l’Inde par la mer et Magellan lance la première expédition qui accomplira un tour du monde.
Ces découvertes élargissent considérablement la vision européenne du monde, mais inaugurent aussi une époque de conquêtes, de colonisation et de violences.
Enfin, la Renaissance est également marquée par de profondes tensions religieuses. Au XVIᵉ siècle, Martin Luther conteste l’Église catholique et déclenche la Réforme protestante.
La Renaissance ne constitue donc pas une rupture brutale avec le Moyen Âge. Mais elle marque une accélération spectaculaire des échanges, des connaissances et de la création artistique.
Elle contribue ainsi à faire entrer progressivement l’Europe dans ce que les historiens appellent les Temps modernes.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Hannah Arendt est l’une des grandes penseuses politiques du XXe siècle.
Née en 1906 en Allemagne dans une famille juive, elle étudie la philosophie, notamment auprès de Martin Heidegger et Karl Jaspers. Avec l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933, elle doit fuir l’Allemagne. Après plusieurs années en France, elle part aux États-Unis en 1941, où elle vivra jusqu’à sa mort en 1975.
Toute son œuvre est profondément marquée par les catastrophes politiques de son époque : le nazisme, l’antisémitisme, la Shoah et le stalinisme.
Son livre le plus célèbre est Les Origines du totalitarisme, publié en 1951.
Arendt y cherche à comprendre ce qui distingue les régimes totalitaires des dictatures classiques. Selon elle, le totalitarisme ne veut pas seulement contrôler le pouvoir politique. Il cherche à dominer entièrement les individus, à détruire les liens sociaux et à transformer la société elle-même.
Elle analyse notamment deux exemples : l’Allemagne nazie et l’Union soviétique de Staline.
Mais Hannah Arendt est surtout connue du grand public pour une expression : « la banalité du mal ».
Elle la développe après avoir assisté en 1961 au procès d’Adolf Eichmann, l’un des responsables de l’organisation de la déportation des Juifs d’Europe.
Arendt est frappée par le fait qu’Eichmann ne ressemble pas à un monstre sanguinaire. Il apparaît plutôt comme un bureaucrate ordinaire, qui affirme avoir obéi aux ordres.
Cela conduit Arendt à une idée très dérangeante : le mal extrême peut parfois être commis non par des individus démoniaques, mais par des personnes qui cessent de penser moralement leurs actes.
La « banalité du mal » ne signifie donc pas que les crimes sont banals. Elle signifie que leurs auteurs peuvent, eux, sembler terriblement ordinaires.
Un autre thème essentiel chez Arendt est la responsabilité individuelle. Pour elle, obéir à des ordres ne suffit jamais à supprimer notre responsabilité personnelle.
Elle insiste également sur l’importance de la politique comme espace de liberté. Les êtres humains deviennent véritablement citoyens lorsqu’ils parlent, débattent et agissent ensemble dans l’espace public.
Enfin, Arendt se méfie des sociétés où les individus deviennent isolés, indifférents ou incapables de penser par eux-mêmes.
C’est peut-être là l’idée centrale de son œuvre : la liberté politique exige des citoyens capables de juger, de réfléchir et de refuser l’obéissance aveugle.
Hannah Arendt ne nous donne donc pas seulement une théorie du totalitarisme. Elle nous adresse aussi un avertissement : une démocratie reste fragile lorsque les individus renoncent à penser.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Aujourd'hui nous allons voir ensemble les informations essentielles à connaitre sur l’épicurisme.
Quand on dit de quelqu’un qu’il est « épicurien », on pense souvent à une personne qui aime bien manger, boire et profiter des plaisirs de la vie. Pourtant, cette image correspond assez mal à la philosophie d’Épicure. Je vous explique.
L’épicurisme est une école philosophique fondée à Athènes vers 306 avant Jésus-Christ par le philosophe grec Épicure. Son objectif est simple : comprendre comment atteindre le bonheur.
Pour Épicure, le bonheur repose bien sur le plaisir. Mais pas sur l’accumulation des plaisirs. Le véritable plaisir consiste surtout à éviter la souffrance et l’inquiétude.
Il distingue ainsi deux états essentiels : l’aponie, c’est-à-dire l’absence de douleur physique, et l’ataraxie, l’absence de trouble de l’esprit.
Pour atteindre cette tranquillité, il faut d’abord apprendre à maîtriser ses désirs.
Épicure distingue trois catégories.
D’abord, les désirs naturels et nécessaires : manger, boire, dormir, se protéger du froid. Ceux-là doivent être satisfaits.
Ensuite, les désirs naturels mais non nécessaires : manger un plat raffiné plutôt qu’un repas simple, par exemple. On peut en profiter, mais sans en devenir dépendant.
Enfin, les désirs ni naturels ni nécessaires, comme la recherche excessive de richesse, de gloire ou de pouvoir. Pour Épicure, ils sont dangereux, car ils n’ont pas de limite.
Le bonheur passe donc par une vie simple.
Mais Épicure veut aussi libérer l’homme de ses grandes peurs, notamment celle des dieux et celle de la mort.
Il considère que les dieux, s’ils existent, ne s’occupent pas des affaires humaines. Il n’y a donc aucune raison de craindre constamment leur colère.
Quant à la mort, Épicure formule une idée célèbre : tant que nous sommes vivants, la mort n’est pas là. Et quand elle arrive, nous ne sommes plus là pour la ressentir.
Il affirme donc que « la mort n’est rien pour nous ».
L’épicurisme accorde également une très grande importance à l’amitié. Épicure considère qu’avoir des amis fidèles est l’une des meilleures protections contre l’angoisse.
Son école, surnommée le Jardin, était d’ailleurs une communauté où l’on philosophait et vivait ensemble.
Épicure recommande enfin de se tenir à distance de la recherche du pouvoir et des honneurs, qui apportent souvent plus de soucis que de bonheur.
Au fond, l’épicurisme défend une idée très simple : pour être heureux, il ne faut pas posséder toujours plus, mais apprendre à désirer moins, à ne pas craindre la mort et à profiter d’une vie calme, entouré d’amis.
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