La Silicon Valley est entrée dans une nouvelle phase : celle d’une guerre des talents autour de l’intelligence artificielle. Et dans cette bataille, Meta semble prête à aller très loin. Dernier épisode en date : l’affaire Thinking Machine Labs. Cette start-up, fondée début 2025 par Mira Murati, s’est rapidement imposée comme un acteur prometteur. Elle développe des systèmes d’IA dits « multimodaux », capables de traiter simultanément du texte, des images ou encore du son. Sa valorisation aurait déjà atteint 12 milliards de dollars, avec des projections bien plus élevées.
Face à ce potentiel, Meta a tenté une première approche classique : une offre de rachat estimée à un milliard de dollars. Refus net de Mira Murati. L’entreprise de Mark Zuckerberg a alors changé de méthode. Plutôt que d’acheter la société, elle a entrepris de recruter directement ses talents clés. Résultat : plusieurs membres fondateurs ont quitté Thinking Machine Labs pour rejoindre les équipes de Meta. Parmi eux, l’ingénieur Andrew Tulloch, avec un package de rémunération estimé à 1,5 milliard de dollars sur six ans, un montant inédit dans l’histoire de la tech. D’autres profils, comme Barret Zoph ou Luke Metz, ont quant à eux choisi de revenir chez OpenAI. Pour la jeune pousse, le choc est brutal. Une partie importante de son équipe fondatrice a disparu en quelques mois, obligeant Mira Murati à reconstruire son organisation. Cette stratégie illustre une tendance plus large. Les géants de la tech rivalisent d’offres pour attirer les meilleurs chercheurs en IA. Chez Google DeepMind, par exemple, des clauses de non-concurrence permettent de retenir les talents pendant plusieurs mois, tout en continuant à les rémunérer. Du côté d’OpenAI, des primes à la signature pouvant atteindre 100 millions de dollars sont évoquées.
Meta, de son côté, avance vite. L’entreprise a récemment lancé Muse Spark, son premier modèle multimodal développé par cette nouvelle équipe. Mais en interne, la transition est loin d’être fluide. Le départ de Yann LeCun, figure historique de l’IA chez Meta, en est un signal fort. Après douze ans au poste de directeur scientifique, il a quitté l’entreprise, critiquant ouvertement certaines orientations.
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