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- Acheter un logiciel, l'utiliser pendant plusieurs années, puis le revendre lorsqu'on n'en a plus besoin : ce principe paraît parfaitement normal pour un objet physique. Mais dans l'univers numérique, Microsoft tente depuis des années d'en limiter l'application. Un nouveau revers judiciaire vient compliquer la position du géant américain. Au Royaume-Uni, la justice a refusé de lui accorder l'autorisation de poursuivre un appel dans un litige qui l'oppose à ValueLicensing, une entreprise spécialisée dans la revente de licences Microsoft d'occasion.
Pour comprendre l'affaire, il faut revenir au fonctionnement des licences perpétuelles. Contrairement à un abonnement Microsoft 365, qui nécessite des paiements réguliers, une licence perpétuelle permet d'utiliser une version donnée d'un logiciel sans renouvellement périodique. Une entreprise qui possède plusieurs centaines de licences Office peut donc souhaiter revendre celles devenues inutiles. C'est précisément le marché sur lequel travaille ValueLicensing. Mais Microsoft contestait notamment la possibilité de séparer des licences achetées en volume pour les revendre individuellement. L'entreprise invoquait également les droits d'auteur protégeant certains éléments graphiques de ses logiciels.
Les juges ont rejeté ces arguments dans le cadre du litige. Leur raisonnement repose sur un principe européen déjà reconnu en 2012 : lorsqu'un éditeur vend une copie de logiciel avec un droit d'utilisation permanent, son droit de contrôler les reventes ultérieures peut être épuisé. Autrement dit, il ne peut pas nécessairement interdire une seconde vente simplement parce que le produit est numérique. Une condition demeure essentielle : le vendeur doit cesser d'utiliser les copies correspondant aux licences revendues. Acheter une licence d'occasion ne signifie donc pas pouvoir multiplier librement les installations.
Le dernier refus judiciaire ne règle cependant pas toute l'affaire. Microsoft peut encore tenter de saisir directement la Cour suprême britannique, tandis que les accusations de pratiques anticoncurrentielles doivent être distinguées des questions déjà tranchées sur la revente. Pour les entreprises européennes, l'enjeu dépasse le prix d'Office ou de Windows. Un marché de l'occasion permet de prolonger la valeur économique de logiciels déjà achetés, plutôt que de dépendre exclusivement de nouveaux contrats ou d'abonnements.
Source : The Register
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Des utilisateurs de Ray-Ban Meta ont découvert dans l’application Meta AI des enregistrements audio et des transcriptions de conversations qu’ils n’avaient jamais demandé à sauvegarder. Meta affirme avoir corrigé le problème.
L’affaire part de témoignages publiés le 13 octobre. Un propriétaire affirme avoir observé le même comportement sur trois paires de lunettes appartenant aux deuxième et troisième générations. Selon lui, l’option qui permet à l’assistant de poursuivre un échange sans répéter « Hey Meta » était désactivée, mais Meta AI s’activait malgré tout au milieu de conversations ordinaires. Android Authority, qui a révélé l’affaire, n’a pas réussi à reproduire le phénomène et précise que les signalements restent limités. Impossible, donc, d’en conclure que toutes les Ray-Ban Meta étaient concernées ou qu’elles enregistraient continuellement leur environnement.
Ce qui rend l’incident plus sensible se passe après ces activations involontaires. Des fichiers audio accompagnés de leur transcription apparaissaient dans l’historique de Meta AI. La différence est importante : un assistant vocal doit nécessairement analyser suffisamment de son pour reconnaître sa phrase d’activation, mais ici certaines conversations devenaient effectivement des données enregistrées. Meta a simplement indiqué que « le problème a été résolu » et rappelé que les utilisateurs peuvent consulter, gérer et supprimer leurs journaux vocaux. L’entreprise n’a communiqué ni la cause exacte du dysfonctionnement, ni le nombre d’appareils touchés, ni la version logicielle concernée. Le lien avec une récente mise à jour, évoqué par le principal témoin, n’est donc pas établi.
L’incident intervient alors que ces lunettes deviennent beaucoup plus courantes et que les régulateurs européens s’intéressent justement à la discrétion de leurs capacités d’enregistrement. Meta demande officiellement aux utilisateurs de respecter la vie privée des personnes qui les entourent et leur permet de supprimer leurs enregistrements vocaux. Mais cette logique suppose normalement que le porteur décide quand l’assistant intervient. Avec des lunettes équipées de plusieurs microphones et portées pendant des heures au milieu des conversations, un faux déclenchement n’est plus seulement un bug agaçant : il brouille directement la frontière entre écouter pour reconnaître une commande et enregistrer ce qui vient d’être entendu.
Source : Android Authority
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Une phrase invisible dans un simple e-mail peut suffire à donner de mauvaises instructions à une intelligence artificielle chargée de le lire. Le problème devient beaucoup plus sérieux lorsque cette IA peut également consulter des fichiers, envoyer des messages ou agir dans l’entreprise. Cette attaque porte un nom : l’injection de prompt. Au lieu d’introduire un logiciel malveillant classique, l’attaquant cache une instruction en langage naturel dans une source que l’IA va consulter : un courrier électronique, une page web, un document ou même une image. L’utilisateur peut ne rien remarquer. L’assistant, lui, ingère à la fois le contenu légitime et l’instruction hostile. C’est précisément pourquoi l’OWASP classe encore l’injection de prompt au premier rang de son Top 10 des risques pour les applications utilisant de grands modèles de langage en 2026.
Le risque n’est plus théorique. En 2025, la vulnérabilité EchoLeak avait montré qu’un seul e-mail spécialement construit pouvait manipuler Microsoft 365 Copilot. L’attaque permettait au système de rechercher des informations auxquelles il avait normalement accès dans l’environnement professionnel puis de les exfiltrer, sans que l’utilisateur ait à cliquer sur un lien. Microsoft a corrigé la faille avant sa divulgation publique. La nuance est essentielle : l’intelligence artificielle n’acquiert pas magiquement des droits supplémentaires. Le danger vient justement des autorisations qu’on lui a déjà données. Un chatbot qui ne peut que résumer un texte offre peu de leviers. Un agent connecté aux mails, aux fichiers, au calendrier et à des applications professionnelles peut transformer la même manipulation en véritable incident de sécurité. C’est pourquoi les défenses ne peuvent pas reposer uniquement sur la capacité du modèle à reconnaître une instruction suspecte. Les recommandations actuelles consistent aussi à limiter les permissions, isoler les contenus externes, contrôler les données qui ressortent et demander une validation humaine avant les actions sensibles.
Source : OWASP
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Des chercheurs du MIT ont créé une feuille de silicone capable de reconstruire sa propre forme en trois dimensions lorsqu’on la plie ou qu’on la tord. Cousue un jour dans un vêtement, elle pourrait permettre à un casque de réalité virtuelle de suivre directement une partie de nos mouvements.
Le prototype mesure seize centimètres de côté et cinq millimètres d’épaisseur. À l’intérieur, les chercheurs ont intégré quatorze guides optiques souples fabriqués en caoutchouc et disposés sur deux couches. Le principe repose sur la lumière. Une LED éclaire chaque fibre depuis une extrémité. Lorsque la feuille se courbe, la quantité de lumière reçue à l’autre bout varie. Les chercheurs ont rendu un côté de chaque guide plus rugueux que l’autre : selon le sens de la flexion, la lumière se perd différemment. Le système peut ainsi déterminer non seulement combien la feuille se plie, mais dans quelle direction.
Un algorithme combine ensuite les quatorze mesures pour reconstituer la surface en trois dimensions. Sur trois formes imprimées en 3D, l’écart moyen se situait entre 2,8 et 4,5 millimètres. Le mot « peau » peut cependant prêter à confusion. Le dispositif n’est pas un système haptique qui ferait ressentir un coup ou la texture d’un objet virtuel. Il mesure principalement la forme et peut détecter une pression. Pour le jeu vidéo, son intérêt serait donc plutôt de transformer un vêtement souple en capteur de mouvements corporels.
Et le prototype est encore beaucoup trop lent pour remplacer les systèmes actuels. La reconstruction fonctionne autour de trois images par seconde dans MATLAB, alors qu’un environnement de réalité virtuelle demande des dizaines d’actualisations chaque seconde. La feuille suit également mal certaines déformations complexes autour du poignet ou du coude. Les chercheurs veulent maintenant amincir les fibres, accélérer les calculs et intégrer davantage d’électronique directement au matériau.
Source : MIT
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Meta prépare un câble sous-marin capable de transporter un pétabit de données par seconde entre les États-Unis et la France. Mais Petal ne donnera pas soudainement une connexion deux fois plus rapide aux particuliers : il augmente surtout la capacité de l’infrastructure qui relie les grands centres numériques des deux continents.
Prévu pour entrer en service en 2029, Petal doit parcourir environ 7 000 kilomètres sous l’Atlantique. Meta annonce une capacité totale de 1 000 térabits par seconde, soit deux fois celle des systèmes transocéaniques les plus avancés actuellement. NEC construira et installera le système, Sumitomo Electric fournira la fibre et Orange participera à son arrivée sur la côte atlantique française. La véritable innovation se trouve à l’intérieur de la fibre. Les câbles sous-marins classiques font circuler la lumière dans un seul cœur par fibre. Petal en utilisera deux. Avec 24 paires de fibres multicœurs, Meta obtient ainsi l’équivalent de 48 paires conventionnelles sans devoir doubler physiquement le nombre de fibres.
Ce choix répond à une contrainte très concrète. Sur 7 000 kilomètres, le signal doit être amplifié régulièrement par des répéteurs installés au fond de l’océan, eux-mêmes alimentés depuis la terre. Ajouter toujours davantage de fibres finit donc par augmenter la consommation électrique et compliquer l’ensemble du câble. Meta affirme que sa nouvelle architecture double la capacité tout en restant compatible avec les équipements d’alimentation existants. L’intelligence artificielle explique une partie de cette course à la bande passante, mais Petal n’est pas un câble réservé à l’IA. Il transportera le même type de données que les autres grandes artères d’Internet : cloud, vidéo, services numériques et communications entre centres de données. Et surtout, ses performances restent pour l’instant celles d’un projet annoncé. Le câble n’est pas encore posé et le pétabit par seconde correspond à sa capacité de conception.
Source : Engineering.fb
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