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Choses à Savoir HISTOIRE

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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Comment un parapluie a-t-il servi à assassiner un dissident en pleine guerre froide ?

    15/09/2026 | 2min
    Londres, 7 septembre 1978.

    Georgi Markov, 49 ans, attend son bus près de Waterloo Bridge lorsqu’il ressent soudain une vive piqûre à l’arrière de la cuisse.

    Il se retourne.

    Derrière lui, un homme ramasse un parapluie tombé au sol, s’excuse avec un accent étranger, puis s’éloigne rapidement et monte dans un taxi.

    Markov poursuit son chemin.

    Mais quelques heures plus tard, il est pris d’une forte fièvre. Son état se dégrade brutalement. Hospitalisé, il souffre de vomissements, puis ses organes commencent à défaillir.

    Quatre jours après l’étrange incident, Georgi Markov meurt.

    Et l’autopsie va transformer cette mort mystérieuse en l’une des plus célèbres affaires d’espionnage de la guerre froide.

    Les médecins découvrent dans sa cuisse une minuscule bille métallique d’environ 1,7 millimètre de diamètre. Elle est composée de platine et d’iridium et percée de minuscules cavités.

    Les scientifiques britanniques concluent qu’elle a servi à introduire dans son organisme de la ricine, un poison extrêmement puissant.

    L’arme aurait été un parapluie spécialement modifié, capable de propulser cette bille dans la peau à très courte distance.

    Mais pourquoi tuer Markov ?

    Parce qu’il est devenu l’un des ennemis les plus gênants du régime communiste bulgare.

    Écrivain célèbre dans son pays, il a quitté la Bulgarie en 1969 et s’est installé à Londres. Il travaille notamment pour la BBC et Radio Free Europe, où ses émissions dénoncent avec virulence le régime du dirigeant Todor Jivkov.

    Fait troublant : l’attentat a justement lieu le 7 septembre, jour de l’anniversaire de Jivkov.

    L’enquête se tourne rapidement vers les services secrets bulgares.

    Des années plus tard, d’anciens responsables du KGB, notamment Oleg Kalugin, affirmeront que les Bulgares avaient demandé l’aide de Moscou et que le KGB avait fourni la technologie, le poison et son expertise.

    Un homme, l’agent Francesco Gullino, sera considéré comme un suspect majeur. Des documents montrent qu’il se trouvait à Londres à l’époque et travaillait pour les renseignements bulgares. Mais les preuves permettant de l’accuser formellement n’ont jamais été réunies.

    Personne n’a donc jamais été condamné pour le meurtre de Georgi Markov.

    Et cette affaire est restée dans l’histoire sous un nom presque trop parfait pour être réel : « le meurtre au parapluie bulgare ».

    Une arme banale, une piqûre presque imperceptible… et l’un des assassinats les plus spectaculaires de toute la guerre froide.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Comment Venise a-t-elle volé les reliques de saint Marc ?

    14/09/2026 | 2min
    Au IXᵉ siècle, Venise est encore une puissance montante. La ville cherche à affirmer son prestige face aux grands centres chrétiens de l’époque. Or, pour une cité médiévale, posséder les reliques d’un saint célèbre représente un immense avantage religieux… mais aussi politique.
    Venise va donc s’offrir un saint prestigieux : l’évangéliste Marc.
    Selon la tradition chrétienne, saint Marc aurait évangélisé Alexandrie, en Égypte, où il serait mort au Ier siècle. Ses reliques étaient conservées dans une église de la ville et faisaient l’objet d’un important culte.
    Vers 828, deux marchands vénitiens, généralement appelés Buono de Malamocco et Rustico de Torcello, arrivent à Alexandrie.
    D’après le récit vénitien, ils apprennent que l’église abritant les restes de Marc risque d’être endommagée et persuadent deux religieux qui en ont la garde de leur remettre le corps.
    Mais ils ne disposent évidemment d’aucune autorisation des autorités locales.
    Il faut donc sortir clandestinement les reliques d’Alexandrie.
    C’est ici qu’intervient l’épisode le plus célèbre de l’histoire.
    Les Vénitiens auraient placé le corps de saint Marc dans un panier, puis l’auraient recouvert de légumes et surtout de morceaux de porc.
    Pourquoi ?
    Parce que l’Égypte est alors sous domination musulmane et que le porc est considéré comme impur dans l’islam. Lorsque les contrôleurs inspectent la cargaison, les marchands leur auraient annoncé qu’elle contenait du porc. Selon la légende, les gardes auraient alors refusé d’y toucher, permettant aux Vénitiens de passer.
    Le corps est embarqué et transporté jusqu’à Venise, où il est accueilli avec tous les honneurs par le doge.
    Pour Venise, c’est un formidable coup politique.
    Saint Marc devient progressivement le patron de la ville, remplaçant saint Théodore. Son symbole, le lion ailé, devient celui de la République de Venise.
    Une première église est construite pour accueillir les reliques. Elle sera remplacée plus tard par l’actuelle basilique Saint-Marc, devenue l’un des monuments les plus célèbres de la ville.
    Les Vénitiens ne présentent évidemment pas l’opération comme un vol. Ils parlent de « translation » des reliques et développent même une tradition selon laquelle saint Marc était destiné à reposer un jour à Venise.
    Mais derrière le récit religieux apparaît une réalité très médiévale : les reliques étaient aussi des instruments de prestige et de pouvoir.
    Et pour obtenir celles de saint Marc, Venise n’hésita pas à les faire sortir clandestinement d’Alexandrie.
    Puis à transformer ce rapt en l’un des mythes fondateurs de la ville.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Comment Ching Shih est-elle devenue la pirate la plus puissante de l’Histoire ?

    11/09/2026 | 2min
    Au début du XIXe siècle, une femme règne pratiquement sur une partie de la mer de Chine méridionale.
    À la tête de centaines de navires et de dizaines de milliers d’hommes, elle défie l’empereur de Chine, humilie sa marine et résiste même aux puissances européennes.
    Son nom est aujourd’hui généralement transcrit Ching Shih, ce qui signifie simplement « veuve de Zheng ».
    Ses origines restent mal connues. Elle serait née vers 1775 et aurait travaillé dans une maison close flottante de Canton avant d’épouser, en 1801, Zheng Yi, un puissant chef pirate.
    Le couple va accomplir quelque chose d’extraordinaire : fédérer plusieurs groupes de pirates jusque-là rivaux.
    Ils créent une immense confédération organisée en différentes flottes, reconnaissables à la couleur de leurs pavillons. La plus importante est la flotte du Drapeau rouge.
    Mais en 1807, Zheng Yi meurt brutalement.
    Ching Shih comprend immédiatement que son pouvoir est menacé. Dans cet univers extrêmement masculin et violent, elle doit empêcher les capitaines de reprendre leur indépendance.
    Elle noue alors une alliance avec Zhang Bao, aussi appelé Cheung Po Tsai, le fils adoptif et ancien protégé de son mari, qui devient également son compagnon.
    Lui commande les hommes. Elle dirige la confédération.
    À son apogée, celle-ci aurait rassemblé plusieurs centaines de jonques et des dizaines de milliers de pirates.
    Mais sa puissance repose surtout sur une organisation redoutable.
    Un code disciplinaire extrêmement sévère encadre les équipages. Désobéir aux ordres, voler une partie du butin ou agir sans autorisation peut être puni de mort. Le partage des richesses est lui aussi strictement réglementé.
    Cette discipline transforme une multitude de pirates en véritable puissance militaire.
    Les navires de Ching Shih attaquent les bateaux marchands, imposent des taxes aux villages côtiers et contrôlent certaines routes commerciales. Les autorités chinoises tentent à plusieurs reprises de les éliminer.
    Sans succès.
    Des navires portugais et britanniques participent également aux affrontements contre les pirates.
    Pourtant, Ching Shih comprend finalement que son empire ne pourra pas durer éternellement. En 1810, elle choisit donc de négocier avec les autorités Qing.
    Et c’est là qu’elle réalise peut-être son plus grand exploit.
    Elle obtient une amnistie particulièrement avantageuse. La plupart de ses hommes échappent aux poursuites, certains intègrent même les forces impériales, et elle conserve une grande partie de sa fortune.
    Contrairement à tant de pirates célèbres, Ching Shih ne termine donc ni pendue ni tuée au combat.
    Elle se retire à Canton, où elle aurait notamment dirigé une maison de jeux, avant de mourir en 1844, âgée d’environ 69 ans.
    Après avoir défié un empire, Ching Shih réussit ainsi l’exploit ultime pour une pirate : prendre sa retraite.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Pourquoi le Débarquement doit-il beaucoup à un peintre en bâtiment ?

    10/09/2026 | 2min
    Son nom est René Duchez. Et en 1942, ce peintre en bâtiment français va réussir à voler aux Allemands des documents particulièrement précieux.
    À cette époque, les Alliés réfléchissent déjà à la manière dont ils pourraient, un jour, débarquer en Europe occidentale.
    Mais un problème majeur se pose : les Allemands fortifient progressivement les côtes.
    C'est ce qu'on appellera le « Mur de l'Atlantique ».
    Sur plusieurs milliers de kilomètres, l'armée allemande construit des bunkers, installe des batteries d'artillerie et aménage différentes positions défensives destinées à repousser une éventuelle invasion venue de Grande-Bretagne.
    Pour préparer un débarquement, les Alliés ont donc besoin de savoir précisément ce qui les attend.
    Et c'est là qu'intervient René Duchez.
    Peintre en bâtiment à Caen, il est également membre de la Résistance. Il appartient au réseau Centurie, spécialisé notamment dans la collecte de renseignements militaires.
    En mai 1942, l'entreprise pour laquelle il travaille obtient un chantier particulièrement intéressant : repeindre des locaux occupés par les Allemands à la Kommandantur de Caen.
    Duchez peut ainsi pénétrer légalement dans un bâtiment militaire allemand.
    Et le 8 mai, alors qu'il travaille dans un bureau, il découvre des documents qui attirent son attention.
    Il s'agit de plans allemands représentant les fortifications du littoral normand, notamment entre Cherbourg et Honfleur.
    Autrement dit, exactement le genre d'informations que recherchent les Alliés.
    Duchez décide de les voler.
    Mais il ne peut évidemment pas simplement sortir du bâtiment avec les plans sous le bras.
    Il les dissimule donc temporairement derrière un miroir. Puis il parvient à les récupérer et à les faire sortir en les cachant dans son matériel de peintre.
    Les documents sont ensuite transmis à la Résistance, puis au colonel Rémy, l'une des grandes figures du renseignement de la France libre.
    Finalement, ils arrivent en Grande-Bretagne.
    Et leur intérêt est considérable.
    Les Alliés peuvent désormais étudier avec précision une partie des installations allemandes présentes sur les côtes normandes : fortifications, ouvrages défensifs et organisation générale du dispositif.
    Selon le colonel Rémy, ces renseignements ont même contribué au choix de la Normandie pour le futur débarquement.
    Il faut cependant apporter une précision importante.
    René Duchez n'a pas, à lui seul, déterminé l'endroit où aurait lieu le Débarquement. Le choix final résulte d'un immense travail de renseignement : photographies aériennes, informations fournies par la Résistance, étude des plages, des marées, des ports et des défenses allemandes.
    Mais les plans volés à Caen ont constitué une pièce particulièrement précieuse de ce gigantesque puzzle.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Pourquoi dit-on que les soldats romains étaient payés en sel ?

    09/09/2026 | 2min
    On entend souvent raconter que, dans la Rome antique, les soldats recevaient une partie de leur paie sous forme de sel. Et que c’est précisément de cette pratique que viendrait notre mot « salaire ».

    L’histoire est séduisante. Mais elle est probablement fausse, ou du moins très déformée.

    Commençons par ce qui est certain : le sel était extrêmement important pour les Romains. Sans réfrigérateur, il permettait notamment de conserver certains aliments. Il servait aussi à l’alimentation, à l’élevage et à différentes activités artisanales. Son commerce constituait donc un enjeu économique majeur.

    Rome était d’ailleurs reliée aux marais salants situés près de l’embouchure du Tibre par une ancienne route : la Via Salaria, littéralement la « route du sel ».

    Mais les légionnaires romains recevaient-ils réellement des sacs de sel en guise de paie ?

    Nous n’en avons aucune preuve solide.

    Les soldats romains étaient normalement rémunérés en monnaie. Sous la République puis l’Empire, cette solde, appelée « stipendium », était versée aux militaires, même si certaines dépenses pouvaient ensuite en être déduites, notamment pour leur équipement ou leur nourriture.

    D’où vient alors la confusion ?

    Du latin « salarium », qui est effectivement à l’origine du français « salaire ».

    Le mot est lui-même lié à « sal », le sel. Un auteur romain du Ier siècle, Pline l’Ancien, établit d’ailleurs un rapport entre le sel et la rémunération des soldats. C’est probablement ce passage qui a largement nourri l’idée selon laquelle les légionnaires auraient été directement payés en sel.

    Mais le sens précis de « salarium » à l’origine reste discuté.

    Il a pu désigner une somme d’argent destinée à acheter du sel, une allocation liée à cette denrée, ou avoir acquis un sens plus général de rémunération. Ce que les historiens contestent surtout, c’est le raccourci consistant à imaginer les soldats romains recevant régulièrement leur solde sous forme de poignées ou de sacs de sel.

    Autrement dit, notre mot « salaire » possède bien une histoire étymologique liée au sel.

    Mais cela ne signifie pas que le sel était la monnaie des légionnaires.

    La nuance est importante : une relation linguistique réelle a progressivement donné naissance à une image beaucoup plus spectaculaire que la réalité historique.

    Alors, les soldats romains étaient-ils vraiment payés en sel ?

    Très probablement non. Ils étaient payés en argent.

    Mais le sel était suffisamment précieux dans le monde romain pour laisser une trace étonnante dans notre vocabulaire : plus de deux mille ans plus tard, lorsque nous parlons de notre « salaire », nous utilisons encore un mot qui porte en lui… un petit grain de sel.
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