Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.
Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.
Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.
Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge.
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