On parle souvent de l’intelligence artificielle comme d’une course aux puces électroniques, ces fameux GPU, et à la mémoire ultra-rapide, comme la HBM. Mais une autre ressource devient tout aussi stratégique, et beaucoup moins visible : les batteries.
Le groupe japonais Panasonic vient d’annoncer un virage industriel majeur. Objectif : tripler sa production de cellules lithium-ion au Japon et adapter certaines de ses usines, notamment aux États-Unis, pour répondre à une demande en forte hausse. À la clé, une ambition claire : atteindre 800 milliards de yens de chiffre d’affaires dans les batteries destinées aux datacenters d’ici 2029, soit environ 5 milliards de dollars, quatre fois plus qu’aujourd’hui.
Mais attention, ces batteries ne servent pas directement à alimenter les serveurs. Elles jouent un rôle de sécurité. En cas de coupure électrique, elles prennent le relais pendant quelques minutes, comme des onduleurs, ces dispositifs qui stabilisent et maintiennent le courant. Elles permettent aussi de stocker de l’électricité pour la restituer lorsque les prix de l’énergie augmentent. Pour répondre à cette demande, Panasonic réoriente même une partie de ses lignes de production, initialement dédiées à l’automobile. Le groupe affirme que 80 % de sa capacité future est déjà réservée par des clients, et revendique environ 80 % de parts de marché sur ce segment. Des chiffres à prendre avec précaution : ils proviennent de l’entreprise elle-même et ne sont pas, à ce stade, confirmés par des sources indépendantes.
En parallèle, Panasonic développe aussi des supercondensateurs, des composants capables de stocker et restituer de l’énergie très rapidement, utiles pour absorber les variations de charge dans les centres de données. Le contexte rend cette stratégie crédible. La demande énergétique des datacenters explose. Selon certaines estimations, leur consommation pourrait quadrupler d’ici 2030. Aux États-Unis, la puissance nécessaire pourrait atteindre 74 gigawatts d’ici 2028, avec un déficit important à la clé.
Le scénario rappelle celui de certaines mémoires informatiques, déjà vendues avant même d’être produites. Alors, faut-il craindre une pénurie de batteries ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer. Mais tous les ingrédients sont là : une demande en forte croissance, des capacités limitées… et une industrie sous tension.
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