Parmi les sources d’énergie renouvelable encore peu exploitées, la géothermie occupe une place particulière. Son principe est simple : utiliser la chaleur naturellement présente dans le sous-sol pour produire de l’énergie. Cette chaleur provient notamment des nappes d’eau souterraines et de la désintégration naturelle d’éléments radioactifs présents dans les roches, comme l’uranium, le thorium ou encore le potassium.
Contrairement au vent ou au soleil, cette ressource présente un avantage majeur : elle est disponible en permanence. La chaleur de la Terre ne dépend ni de la météo ni de l’alternance jour-nuit. Les installations géothermiques peuvent donc produire de l’énergie 24 heures sur 24, avec des émissions de CO₂ très faibles pendant leur exploitation.
À faible profondeur — généralement moins de 200 mètres — la géothermie est déjà utilisée dans de nombreux systèmes de chauffage ou de production d’énergie. Elle est considérée comme une technologie fiable et stable, capable d’assurer un approvisionnement continu. Mais de nouvelles perspectives apparaissent avec l’exploitation de la chaleur plus profonde. Les progrès réalisés dans les techniques de forage, souvent héritées de l’industrie pétrolière et gazière, permettent désormais d’atteindre des couches du sous-sol situées beaucoup plus bas.
Dans une étude publiée dans la revue Cell Reports, des chercheurs de l’université Stanford s’intéressent notamment à une technologie appelée EGS, pour Enhanced Geothermal System, ou « système géothermique amélioré ». L’idée consiste à exploiter la chaleur présente entre 600 et 3 000 mètres sous terre, où les températures peuvent atteindre 90 à 300 degrés Celsius. Contrairement à la géothermie traditionnelle, qui dépend de réservoirs naturels d’eau chaude, ces systèmes permettent de créer artificiellement les conditions nécessaires pour récupérer la chaleur du sous-sol. Cela ouvre la possibilité d’exploiter cette énergie dans beaucoup plus de régions du monde.
Les chercheurs soulignent aussi un autre avantage : la géothermie profonde pourrait réduire les besoins en infrastructures liées aux énergies intermittentes. Selon leurs calculs, si les systèmes EGS fournissaient 10 % de l’électricité, il serait possible de diminuer les nouvelles capacités nécessaires de 15 % pour l’éolien terrestre, 12 % pour le solaire et 28 % pour le stockage par batteries. La surface mobilisée pour produire de l’électricité bas carbone passerait alors d’environ 0,57 % à 0,48 % du territoire, une différence qui pourrait devenir importante à mesure que la demande énergétique augmente, notamment avec la multiplication des centres de données. Selon cette étude, le développement de la géothermie profonde, combiné aux autres énergies renouvelables, pourrait même permettre à terme de remplacer certaines sources d’électricité continues, comme le charbon ou le nucléaire, au cours de la prochaine décennie.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.