Publier une photo de vacances peut révéler bien davantage qu’on ne l’imagine. Les chercheurs de McAfee Labs ont soumis plus de 21 000 clichés de voyage à deux modèles d’intelligence artificielle capables d’analyser des images. Aucun fichier ne contenait de coordonnées GPS ni de métadonnées EXIF, ces informations techniques souvent enregistrées automatiquement par un appareil photo. Pourtant, les résultats sont impressionnants.
L’expérience a porté sur 21 236 images issues de banques publiques, auxquelles se sont ajoutées 102 photos inédites fournies par des volontaires de l’entreprise. Deux modèles gratuits, exécutés directement sur ordinateur, ont été testés : Gemma3 27B, développé par Google DeepMind, et Qwen3 VL 30B, conçu par l’équipe Qwen d’Alibaba. Leur mission était simple : retrouver la ville et le pays à partir du seul contenu visuel. Qwen3 VL a identifié correctement le lieu dans 91 % des cas, contre 87 % pour Gemma3. Même lorsque la ville exacte échappait au modèle, le pays était presque toujours reconnu. Pour y parvenir, les IA examinent l’architecture, les panneaux, la végétation ou encore la nature du paysage, puis rapprochent ces indices des millions d’images utilisées durant leur entraînement.
Pour McAfee, cette capacité peut devenir une arme au service de cyberattaques ciblées. Un escroc peut récupérer une photo publiée sur un réseau social, déterminer le lieu du séjour, puis envoyer un faux message bancaire ou une fausse confirmation de réservation contenant cette information. L’arnaque paraît alors beaucoup plus crédible. Une enquête réalisée par McAfee en mars 2026 auprès de 1 000 adultes américains montre qu’un voyageur sur trois a déjà été confronté à une cybermenace liée à un déplacement. Parmi les victimes, 41 % ont perdu de l’argent. En parallèle, 63 % utilisent un Wi-Fi public pendant leur séjour et environ un sur cinq partage sa position en temps réel. Une telle publication peut aussi signaler à des cambrioleurs que le domicile est vide. Cette technologie n’est pas entièrement nouvelle. Le service GeoSpy savait déjà proposer plusieurs lieux probables avec leurs coordonnées. Après des détournements à des fins de filature, son éditeur Graylark Technologies a fermé l’accès gratuit et réservé l’outil aux forces de l’ordre et aux administrations.
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