En Haïti, des années après le départ de certains Casques bleus impliqués dans des cas d’exploitation et d’abus sexuels, des femmes et des enfants continuent de vivre avec les conséquences de ces violences, souvent dans l’oubli et la précarité.Lors d’une récente mission en Haïti, Najat Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l’exploitation et des abus sexuels commis par le personnel de l’ONU, a rencontré des femmes et des enfants victimes d’abus attribués à d’anciens Casques bleus.« Mon rôle, c’est d’assurer que ces victimes ne sont pas invisibles, qu’elles ont une voix, une assistance et un accès à la justice », explique-t-elle à ONU Info.La Défenseure revient sur les besoins exprimés par les survivantes, notamment l’accès à un soutien psychologique, médical et à des activités génératrices de revenus pour reconstruire leur vie et retrouver leur dignité.« Elles souffrent en silence, elles sont stigmatisées, parfois elles ont peur des représailles », confie Mme Nassif Palma.Elle évoque aussi le témoignage d’une jeune fille née d’un abus sexuel commis par un Casque bleu, l’importance de la reconnaissance de paternité pour les enfants nés de ces violences, ainsi que les efforts menés avec les autorités haïtiennes, la société civile et les agences onusiennes afin d’améliorer l’accès à la justice et aux services.Najat Nassif Palma rappelle également que « les Nations Unies ont une responsabilité particulière parce que l’agresseur représentait les Nations Unies » au moment des faits.Face à l’extrême violence des gangs, Haïti accueille aujourd’hui de nouveau des forces internationales. Même si celles-ci ne relèvent ni d’un mandat direct des Nations Unies ni de celui de la Défenseure, Mme Nassif Palma indique avoir rencontré les responsables de la force multinationale afin de leur proposer l’expertise des Nations Unies et partager « des bonnes pratiques », ainsi que « des défis et des leçons qu’on a déjà apprises » en matière de prévention de l’exploitation et des abus sexuels.La Défenseure dit avoir été rassurée par l’engagement exprimé par les responsables de la force à faire de cette question « une priorité ».(Interview : Najat Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l’exploitation et des abus sexuels; propos recueillis par Crisitna Silveiro)