Je vous propose aujourd’hui de revenir en Europe, notre continent qui, depuis février 2022, vit partiellement au rythme de la guerre. Une guerre qui, par sa durée, peut se comparer à la Première guerre mondiale, une guerre de tranchée aussi dont la ligne de front ne bouge que marginalement au profit des Russes.
V. Poutine, nous l’avons vu dans notre précédent podcast consacré à la guerre de l’information, mène contre l’Union européenne et l’Otan une guerre hybride, notre ennemi est identifié et déclaré. Certes, quelques rares pays au sein de l’OTAN comme de l’UE, La Hongrie au premier chef, considèrent qu’il faudrait mieux chercher un arrangement avec la Russie, mais il s’agit bien de cas isolés. C’est dans cet environnement que les Européens doivent faire face depuis un an à un allié et partenaire qui inquiète. Quelle garantie de sécurité représentent désormais les Etats-Unis pour les pays de l’OTAN ? Plus les mois passent, plus les attaques de Trump se multiplient et plus des voix s’élèvent en Europe pour inciter nos dirigeants à admettre l’inéluctable : notre lien privilégié avec les Etats-Unis n’est plus. L’Europe doit acter la rupture et en tirer les conséquences.
C’est dans ce contexte et après avoir proposé en avril dernier un numéro sur la sécurité européenne que je vous emmène aujourd’hui en Pologne. Très hostile à la Russie, pays de la ligne de front, c’est-à-dire ayant frontière commune avec elle, nous y reviendrons, ce pays fait reposer sa sécurité sur trois piliers extérieurs : son appartenance à l’UE, son appartenance à l’OTAN enfin sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Que deviennent ces assurances à l’heure des critiques incessantes et répétées de l’administration Trump contre les Européens ? Autrement dit comment peut-on toujours être résolument atlantiste dans le désordre international généré par D. Trump ? Or la réponse à cette question impacte l’avenir de la Pologne mais aussi de l’UE.