À 27 ans, il a marché seul jusqu'au bout de la Terre. Ce qu'il a trouvé là-bas n'était pas un sommet.
À 27 ans, Matthieu Tordeur devient le plus jeune explorateur au monde à rallier le pôle Sud à ski, en solitaire et sans ravitaillement. 1 150 kilomètres en 51 jours. Un traîneau de 115 kilos. Moins 50 degrés. Et la solitude la plus radicale qu'un être humain puisse choisir.
Né à Rouen, formé chez les scouts et nourri aux aventures de Tintin, Matthieu fait ses études à King's College London et à Sciences Po Paris avant de transformer une thèse de fin d'études en tour du monde en 4L, à travers 90 pays, pour donner une voix aux invisibles de la microfinance. À 27 ans, il atteint le pôle Sud. Aujourd'hui, il consacre ses expéditions à la science : il vient de rentrer d'« Under Antarctica », 4 000 kilomètres en kite-ski en 80 jours avec la glaciologue Heïdi Sevestre, sous l'égide de l'UNESCO et de la Décennie d'Action pour les Sciences Cryosphériques.
Sa conviction n'a jamais été d'accumuler des sommets. « Je ne suis pas un collectionneur de sommets », dit-il. Ce que Matthieu a découvert dans la solitude antarctique n'était pas un record, mais un pôle intérieur, la capacité de se rejoindre soi-même quand tout autour disparaît, et la conviction que toute traversée se sépare en deux niveaux : ce qu'on contrôle et ce qu'on doit lâcher.
Quatre routines apprises à -50°C qui tiennent à 9 heures du matin, dans n'importe quelle traversée professionnelle ou personnelle :
L'inconfort est temporaire. Les douleurs, les cloques, les courbatures, ça ne dure pas pour la vie.
Remets ton rêve de pôle Sud à la surface. Quand tout est difficile, retourne dans l'état d'esprit où tu rêvais ce projet.
Séquence la longue route en petits pas atteignables.
Lâche prise sur l'incontrôlable. La météo, la neige molle, ce ne sont pas tes leviers. Ta respiration, ton geste, ton alimentation, eux, le sont.
Cette conversation rejoint un fil que je porte depuis des années à travers Live for Good : comment aider chaque jeune à trouver sa propre boussole intérieure dans un monde qui les bombarde de distractions. Mes années chez Microsoft m'ont appris qu'aucune stratégie ne tient si elle n'est pas portée par des personnes qui savent pourquoi elles se lèvent le matin.
Dans cette conversation, nous explorons :
Pourquoi Matthieu est parti seul, pas par défaut, mais comme un cadeau qu'il s'offrait à lui-même
La lettre de son père, à n'ouvrir qu'en cas d'abandon, qu'il a portée tout au long de l'expédition
Les quatre routines de leadership apprises au pôle Sud
« Under Antarctica » avec Heïdi Sevestre : transformer l'aventure en science climatique sous l'égide de l'UNESCO
Pourquoi il refuse l'image du collectionneur de sommets, et ce qu'est pour lui le vrai sommet
« L'inconfort, les douleurs, les cloques, les courbatures, c'est temporaire. Ça ne va pas durer pour la vie. »
Matthieu Tordeur, explorateur polaire
🎧 Épisodes liés :
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Dr Nadia Medjad, "Neuroscience of effective leadership"
John Elkington, "Sustainability, Systems Thinking & Regenerative Business"
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